DEUXIÈME COUPLET
Tout fume ici-bas ; c'est notoire :
Beaucoup mém’ fument sans tabac...
Je ne suis pas forte eu histoire.
Maie je l'ai lu rianxl'alnuiuacli :
A l'époqti' U plu* reculée Ce bel usage avait sou cour*,
Pulsqu'aprcs qu’N’éron l'eut brûlée,
Rome fuma pendant quint’ jours!
Vive te cigare !
Vive le tabac!
C'est, je le déclare.
Bon pour l’estomac !
LE MARQUIS
Ou suis-je tombé, grand Dieu !... ut la marquise qui est en bas dans h voiture.
CASTOR
Quoi! ma tante est là.
higolktte.
AU! mon Dieu!..! Laisser une femme aussi respectable à' la porte! mais il faut aller la recevoir.
LE MARQUIS
Gardez-vous en bien !... Elle ne vous pardonnerait jamais.
at C olette, « pan.
Donc, lui, va pardonner!
CASTOR
Mon cher onde, tous du moias, vous allez m'entendre, et je suis sûr que vous me trouverez moins coupable que je ne le semble.
RICOLETTE.
11 n'y a rien de trompeur comme les apparences d’abord.
LA MARQUIS
En effet... Je ne dis pas ; mois avoue qu'elles sont furieusement contre toi, les apparences... Je ne demande pas mieux que d'écouter tes raisons, mon cher; mais il n’en est pas moins fort désobligeant d'arriver là... au beau milieu «l'une... d’un... Enlin... c'est fort désobligeant!
n ICOLETTE.
D’un quoi !... Linge blanc, vaisselle plate, service Potel, joyeux convives... Eh bien, après! vous étiez tombé au beau milieu d'un déjeuner honnête, puisqu'il y a une femme eu train d’exhumer Socrate... un sage qui vous attendait pour avaler son verre de ciguë, et voilà !
LE MARQUIS
En effet, je suis loin de... oui... je ne dis pas... Mais enfin on ne s’attend pas à ces surprises-là, quand on habite un vieux château à soixante et onze lieues de la capitale et que...
RICOLETTE.
Et monsieur le marquis arrive de soixante et onze lieues? , deux cent quatre-vingt-quatre kilomètres 1
LE MARQUIS
A l’instant même, en effet.
RICOLETTE.
Alors, M, votre oncle n’a pas déjeuné, Gaston?
LE MARQUIS, i paru
Gaston !... Elle l’appelle tout court t (Baui.) C’est qu'en effet, je n’ai rien pris depuis hier soir.
RICOLETTE.
Ce qui prouve que vous pourriez être à jeun !
CASTOR, è p art.
À quoi songe-t-elle ! (r« h ttipüuc.) Vous voulez le retenir. j
ftlCOLETTE, b».
Parbleu ! (Uaui.) Monsieur le marquis, je prépara votre couvert.
LE MARQUIS
Y pensez-vous?... Ça ne se peut pas! (A’pert.) C’est que j'ai vraiment faim !
RICOLETTE.
Pourquoi donc?... Est-ca que ça vous empêchera de faire votre petit sermon?... A table, on gronde bien mieux, et rien ne se digère comme la morale, entre la poire et le fromage.
Oh! gronder... gronder!... Gaston sait bien que ce n'est pas mon usage.
RICOLETTE, i part. -
Ça m’a l’air d’une bonne pâte d’oncle. <u*ut.) Allons, décidez-vous... et tenez, voici un fauteuil qui vous tend les bras, et un pâté qui vous ouvre sou cœur.
LE MARQUIS
Un pâté !... (a put.) Elle est dràlette la petite ! (o*ut.) Mademoiselle, je vous dis...
CASTON.
Il reste encore de ce chàtedu-ranrgaiix?
* LU MARQUIS
Du château-margaux ! (a part.) Juste, mon vin de prédilection!
GASTON
Allons, cher oncle !
LE MARQUIS
Malheureux! que dirait ta taule? (a part.) Le pilé a de la mine!
RICOLETTE.
Est-ce qu’elle le saura?... Ce n'est pas nous qui irons le lui dire : ici, monsieur, l'hospitalité se donne et ne se vante jamais!
CASTON.
Allons, à table!
Au fait... après tout... mais deux bouchées seulement, et un demi-doigt de vin.
RICOLETTE-
Convenu I (lh k raetlrnt i table.)
LE MARQUIS, HietlftiU u lervieUe*
Pourvu que la marquise n’arrive pas!
RICOLETTE, À pari.
A-t-il horreur des marquises, ce marquis-là. (oo un le »»r qui*.)