‹ La mort du Connétable de Bourbon; tragédie en cinq actesChapitre 50 sur 51 · SCÈNE VIII ET DERNIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII ET DERNIÈRE

LA PRINCESSE, ANNA

ANNA

Venez, venez, madame.

LA PRINCESSE (se levant et l'esprit égaré).

On m'appelle au tombeau.

J'ai tarde' trop long-temps; j'y descends, je suis prête.

Madame, suivez-moi, que rien ne vous arrête!

LA PRINCESSE (la reconnaissant).

C'est toi , ma chère Anna ! c'est toi , tu vis encor ! Je meurs moins malheureuse.

( Elle se laisse retomber.)

ANNA

11 faut faire un effort, Il faut me suivre.

LA PRINCESSE

Adieu !

ANNA

Madame , il reste à peine Un seul instant pour fuir; notre perte est certaine; Si vous n'en profitez. Sur d'agiles coursiers, Nous atteindrons bientôt des bords hospitaliers.

Venez, pour nous guider cet esclave fidèle...

LA PRINCESSE

Lui ! le monstre ! grand Dieu !

ANNA

Vous connaissez son zèle.

Pour vous sauver, madame , il expose ses jours.

LA PRINCESSE

D'un horrible assassin accepter le secours! Ah ! souvenir affreux ! Anna, je t'en conjure ; Dis-moi ce que tu sais , qu'as-tu vu? Le parjure , Que je n'ose nommer... Bourbon... Ah! réponds-moi.

Plus tard vous saurez tout; mais calmez mon effroi. Venez, en ce moment ne songez qu'à la fuite.

LA PRINCESSE

Du désespoir affreux où le sort m'a réduite , N'augmente pas l'horreur, Anna , par tes refus. Au nom du ciel, Anna, parle.

ANNA

Bourbon n'est plus.

Terrible, et ressemblant à l'archange rebelle, Le premier aux remparts il applique une échelle. Une secrète horreur paraissait le troubler. Tout-à-coup, ô prodige! on le voit chanceler; Il s'arrête frappé par une main divine. C'est en vain qu'il résiste au mal qui le domine :

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