‹ La mort et la mort subiteChapitre 123 sur 139 · Mort subite. Rupture de varices du vagin. Hémorrhagie · texte numérisé non relu

Mort subite. Rupture de varices du vagin. Hémorrhagie

— Autopsie judiciaire , pratiquée le 7 octobre 1864, par P. Lorain, en vertu d’une ordonnance de M. le procureur impérial ainsi conçue :

« Vu les articles 32 et 43 du code d’instruction criminelle et le procès-verbal dressé le 5 octobre 1864, par M. le commissaire de police du quartier des Arts-et-Métiers, constatant l’envoi à la Morgue du cadavre de la fille P..., Jeanne, âgée de 23 ans, domestique, décédée le 4 octobre dans la soirée, rue Philippeaux, 25, chez ses maîtres, et dont la mort paraît avoir été déterminée par une hémorrhagie provoquée, commettons M. le Dr Lorain, etc. »

(Son maître l’a trouvée, le soir, mourante et sans vie, dans sa cuisine, au milieu d’une mare de sang.)

Cette jeune fille était bien constituée; son cadavre est déco-

(1) J.-V. Simpson, Pathological observations on puerpéral arterial obstruction and inflammation, p. 63; The obstetricMemoirs and Contributions, t. II, p. 34 ; Gaz. hebd ., 1858, p. 787 ; Clinique obstétricale et gynécologique , Paris, 1874.

Ac26 OBSERVATIONS ET EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES.

loré et exsangue. Les organes génitaux sont souillés de sang coagulé et Je ventre, dur et tendu, indique une grossesse assez avancée.

Aucune trace de violences n’existe sur le corps. Les organes génitaux externes ne présentent non plus aucune plaie produite par un instrument vulnérant.

L’examen attentif de l’appareil génital montre ce qui suit :

L’utérus en gestation renferme un fœtus de six mois enveloppé de ses membranes intactes et baignant dans le liquide amniotique. Le col de l’utérus est encore long, sain, tout à fait clos, et rempli de mucus épais formant bouchon. Nulle lésion n’existe dans le fond du vagin.

Vers la partie antérieure ou externe du vagin, à l’entrée, se voient de très superficielles excoriations de la muqueuse, reposant sur un fond noir variqueux.

Ces érosions ont-elles été spontanées ou produites par des frictions que la fille P... aurait faites elle-même, c’est ce qu'on ne saurait dire.

Là se bornent les lésions.

Le péritoine était intact.

Les organes digestifs ne contenaient aucune trace d'une substance toxique.

Ainsi il n’existe aucune lésion pouvant être rapportée à une tentative d’avortement. D’où est venue l’hémorrhagie ? Elle n’est pas venue de l’utérus et elle provenait tout entière de la rupture d’un paquet variqueux ou thrombus du vagin. Cet accident se produit quelquefois chez les femmes enceintes, et peut entraîner la mort.

Ici il faut considérer que cette jeune fille a sans doute craint de révéler son étal, en demandant l’assistance d’un médecin, et qu’ainsi elle a succombé à un accident dont les conséquences pouvaient être conjurées par un homme de l’art.

205. Mort suspecte par hémorrhagie d’une varice vulvo-vaginale. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. de La Fuye, substitut, en vertu d’une ordonnance, en date du 30 juillet 1879, etc.

Le corps est celui d’une femme de 40 ans, assez robuste.

La rigidité cadavérique n’existe plus.

La putréfaction n’est pas très avancée; on distingue la couleur des iris.

Le corps est exsangue.

Il ne porte sur lui aucune trace de violences : les cuisses sont couvertes jusqu’aux genoux par du sang desséché.

Cette femme paraît enceinte, l’utérus s’élève jusqu’à 4 centimètres au-dessus de l’ombilic.

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