LES SIGNES DE LA MORT. — SUGILLATIONS CADAVÉRIQUES
qu’on a appelées des sugillations ou lividités cadavériques. A quoi attribuer ces taches? Quand on les incise, on voit que les petits vaisseaux capillaires du derme sont gorgés d’un sang livide; si, au bout de quatre à cinq heures, on pratique une nouvelle section, on constate que non seulement les veines contiennent du sang, mais que la matière colorante de ce sang a transsudé dans les tissus voisins.
Peut-on confondre ces sugillations avec une autre lésion? Lorsqu’on n’est en présence que de la congestion veineuse, il est bien difficile de la confondre avec une ecchymose. L’ecchymose est due, en effet, à une extravasation de sang mais alors même que dans une sugillation il y a un peu d’épanchement de la matière colorante du sang, il faudrait être bien peu familiarisé avec ces phénomènes pour la prendre pour une ecchymose. Quand il y a du sang épanché, le sérum, teinté par la matière colorante du sang qui abandonne les globules, imbibe et colore les tissus voisins.
Dans les premiers instants qui suivent la mort, ces sugillations ont une grande valeur; quand elles sont récentes, on peut les déplacer en retournant le cadavre. La répartition de ces lividités indique la position occupée par le cadavre depuis quelques heures. Mais si nous retournons ce cadavre, les sugillations changent de place; elles se montrent toujours dans les parties les plus déclives. Si la mort n’est pas récente, si la coloration des tissus par la matière colorante du sang est faite, les sugillations ne se déplacent plus.
Les sugillations sont constantes; dans un intéressant travail queM. le Dr Molland, inspecteur du service de vérification des décès à Paris, a publié, il a apporté le résumé de 15,146 cas observés par lui ; les sugillations n’ont pas manqué une seule fois.
Cependant, là aussi, il y a des difficultés: d’abord, il n’est pas toujours facile de constater l’existence des lividités ; quand il y a eu une hémorrhagie abondante, il peut ne pas