Mort subite due à l’introduction de lombrics dans
les voies aériennes.
126. Mort subite chez un dément paralytique coïncidant avec la présence, à l’autopsie, d’un lombric dans les voies respiratoires (1). — Le nommé H..., paralysie générale au premier degré.
Un matin vers 6 heures un quart, il sort du lit pour aller à la garde-robe; il se relève à peine qu’il s’écrie : « Je crois que je vais me sentir mal. » Il n’a que le temps de se recoucher et perd connaissance. Les infirmiers entendent un râle très intense vers l’arrière-gorge. Quand on arriva près de lui, il était mort.
Autopsie. — On trouva dans la bronche gauche un lombric mesurant au moins 15 centimères de long sur 3 millimètres de diamètre environ.
Les poumons offraient les caractères de l’asphyxie.
Dans les intestins, on trouva une vingtaine de lombrics, presque tous de la taille et de la grosseur du premier.
127. Mort rapide causée par la présence d’un lombric dans le larynx(2). — Une enfant de 9 ansfutprise des prodromes de larou-
(1) Védié, Gaz. des hôp ., 1870, p. 314.
(2) Bulletin des hôpitaux , ia Bull. gén. de thérapeute 1835, t. VIII,.
364 OBSERVATIONS ET EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES
geôle : Elle éprouvait depuis 2 jours de la toux, des éternuements, des nausées, des vomissements, de la fièvre et une vive anxiété précordiale. Transportée à Thôpilal, elle offrait une teinte violacée de la face et des lèvres, une anxiété extrême, une gêne très grande de la respiration ; elle accusait une vive douleur de gorge, portait la main à la partie antérieure du cou, comme pour en arracher l’obstacle qui s’opposait au passage de l’air : l’exploration de la gorge ne fit rien reconnaître d’anormal... La malade fait de vains efforts de toux, comme pour expulser un corps étranger retenu dans les voies aériennes. L’asphyxie devient imminente et enfin la malade succombe.
Autopsie. — On trouva 20 vers lombrics dans l’intestin.
A peine avait-on incisé le pharynx, qu’un ver lombric, d’environ ■6 pouces de longueur, encore vivant, s’échappa par l’ouverture supérieure de l’œsophage...
Quoique dans ce cas le ver n’ait pas été trouvé dans les voies aériennes, il n’est pas douteux, d’après les accidents éprouvés par la malade durant la vie, que la mort n’ait été le résultat de l’introduction de cet entozoaire dans le larynx, qu’il aura abandonné pendant les 24 heures qui ont précédé l’ouverture du corps.