‹ La Mort Subite par les Corps Étrangers du Larynx: Suffocation ImmédiateChapitre 6 sur 16 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La mort par suffocation comprend, d’après Morache, tous les cas dans lesquels un obstacle mécanique à l’arrivée de l’air dans les poumons, constitue le seul élément morbide. Tardieu a limité cette définition qui est extrêmement vaste. Pour lui, il y a suffocation dans tous les cas où l’obstacle à l’entrée de l’air dans les organes respiratoires est apporté violemment; et, par là, Tardieu élimine au moins les asphyxies progressives d’origine pathologique.

Nous nous bornerons, dans ce travail, à étudier lasphyxie résultant de l’obturation des voies respiratoires supérieures, et tout particulièrement l’asphyxie résultant de la pénétration et de la fixation dans le larynx de corps étrangers (qu’ils soient ou non alimentaires), que cette pénétration soit le résultat d’un crime, d’un accident ou d’un suicide.

La mort dans ces conditions est extrêmement rapide; elle surprend brutalement et à l’improviste un sujet en apparence très bien portant, et cela, indépendamment de tout traumatisme. La suffocation dure quelques minutes à peine, rendant tout secours impossible. La mort accidentelle survient chez l’en-

fant, qui porte tous les objets à la bouche, au moment d’un effort violent ou d’un jeu. Chez l'adulte, elle survient très souvent au moment d’un repas; ce sont des gloutons, des aliénés ou des ivrognes, qui avalent presque sans les mâcher des morceaux d’aliments énormes. Ce genre de mort est bien connu des Allemands qui l’appellent « Bolustod »; ce sont alors presque toujours des corps alimentaires qui provoquent ces accidents.

Tous les cas où un corps étranger pénètre dans le larynx ne sont heureusement pas mortels. Certains mêmes, de petites tailles, et peu traumatisants, peuvent rester enclavés pendant quelque temps dans le larynx. Les annales d’Oto-Rhino-Laryngologie en renferment des exemples extrêmement multiples et variés. Certains de ces corps peuvent parfois entrainer la mort dans les jours suivants par réaction œds£mateuse du larynx. Nous laisserons de côté ces cas, pourtant fort intéressants, pour nous cantonner à ceux où la mort a été tellement rapide, que le diaonostic en est douteux ou impossible a priori. Le doute plane au sujet de l’origine de ces accidents, ce sont bien là des cas médico-légaux par excellence.

De même nous éliminerons du cadre de ce travail la régurgitation de chyme gastrique et sa pénétration dans les voies respiratoires; ce ne sont pas là, à proprement parler, des corps étrangers qui pénètrent dans le larynx. Nous nous réservons cependant les cas où, dans la régurgitation du contenu stomacal, une partie d’aliment assez volumineuse a pu se fixer dans le larynx et provoquer la suffocation.

Nous passerons également sous silence tous les corps étrangers de l’œsophage qui ont pu causér la mort. Parmi ceux-ci des tétines, chez le nourrisson, qui ont pu entraîner une mort brutale en se repliant sur le larynx, et en en obstruant ainsi l’orifice. Nous ne mentionnerons pas non plus ceux qui, agissant

pe

par compression, ont provoqué la mort dans des circonstances assez voisines de celles qui sont traitées

Après un bref rappel de l’anatomie et de la physiologie du larynx où nous avons essayé, par des mesures personnelles prises sur le cadavre, de calculer quel était le diamètre maximum d’écartement des cordes vocales, à leur partie moyenne, et par cela même, quelles étaient les dimensions minima que devait avoir le corps pour iraverser le larynx, nous avons exposé à la faveur de quelles circonstances physio-pathologiques se produisait la déglutition d’un corps dans le larynx. Puis, nous nous sommes étendus sur les différentes conditions où se sont réalisées des suffocations de cette sorte, en rappelant des observations dont certaines sont fort anciennes, et en en publiant d’autres inédites.

Dans les chapitres suivants nous nous sommes permis, une fois de plus, de détruire l'erreur qu'avait faite Tardieu, lorsqu'il attribuait aux taches ecchymotiques des séreuses une valeur pathognomonique. Nous avons essayé de démontrer que, loin d’être dues à une inhibition, les morts résultant de la suffocation par les corps étrangers du larynx relevaient de l’asphyxie.

Nous avons enfin attiré l’attention sur la présence extrêmement fréquente d'alcool dans le sang des cadavres avant succombé à ce genre de mort.

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