‹ La Mortalité Infantile Dans La SartheChapitre 21 sur 35 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

A... à Saint-G... |

Nourrisson de 6 mois, d'aspect athrepsique, poids environ 5 kilogrammes, né avant terme. Actuellement présente une diarrhée ‘très liquide et constante, cris, agitation ; parfois vomissements ; érythèmes fessiers et des plis inguinaux, pustules de pyodermite (l’énfant est mal tenu).La nourrice ne peut préciser quelle quantité de lait elle lui donne au biberon ; plusieurs fois la nuit, quandil crie, etc., en réalité, elle lui donne, sans aucune méthode, une quantité de lait exagérée. On l'invite alors à se reporter à la dernière page de son carnet de nourrice, où se trouvent, parfaitement et clairement résumés (par Variot) les quantités de lait à donner aux enfants, le nombre de repas, selon leur âge, etc. La nourrice, qui sait lire etexerce son métier depuis dix ans, avoue qu’elle n’a jamais remarqué, ni lu ces indications et demande « si

c’est bien utile ».

Nombre d’éleveuses — pour aller pius vite en besogne —utilisent, l'hiver au moins le lait cru ; et lorsqu'on connaît les conditions de malpropreté en lesquelles s'effectuent les traites, on n’est pas étonné de voir — même l’hiver — des cas de gastro-entérites extrêmement graves. Souvent aussi, le lait ne subit que cette insuffisante slérilisation, qui consiste simplement à le chauffer jusqu’à ce qu’il s’enlève, sans continuer l’ébullition en brisant la croûte de caséine. : Quelques femmes ignorent cette particularité : d'autres croient que le lait qui s’est enlevé ainsi est

me

assez stérilisé ; pour d'autres enfin, c'est indifférence, désir d’aller vite. Parfois aussi, le lait est bouilli convenablement dans une casserole — puis on le transvase, on le remet dans le récipient primitif où il reste encore du lait cru — et des microbes qui pourront cultiver. Quant à la soxhlétisation, elle est, cela va sans dire, à peu près inconnue.

. Si l’on a bien du mal à stériliser le lait par l’ébullition, on ignore complètement que les mêmes mesures d'hygiène doivent être prises pour les tétines Faire bouillir le bout de caoutchouc — réglementaire — du biberon n’aurait d'autre utilité,pour les gens de la campagne, que de détériorer un objet déjà cher : il est même bien rarement retourné et nettoyé, si on juge par l’épais coagulum qui se forme à l’intérieur, et qu'on rencontre presque toujours.

En résumé, labsence de réglage, la suralimentation, le biberonnage et la malpropreté des tétines et des biberons,sont absolument frappants et déplorés de tous les médecins. Ce qu’on voitle plus souvent,

lorsqu'on arrive dans une maison de nourrice, c’est

dans le berceau, à côté de l’enfant, le biberon à moitié vide que l’éleveuse s’empresse de donner au bébé à l’arrivée du médecin. Il va sans dire que, l'été, les mouches et le nourrisson jouissent alternativement de la tétine et du biberon.

Gastro-entérites et infections cholériformes de l'été

Ces fautes et ces négligences ont un double résuliat : d’une part, elles provoquent ou favorisent les infections gastro-intestinales aiguës, qui l'été, tuent un nombre immense de nourrissons ; d’autre part, elles amènent des états chroniques de dyspepsie gastro-intestinalé, d'atrhepsie, de cachexie grasse, ou

des troubles digestifs latents qui, affaiblissant ces jeunes organismes, préparent le terrain pour toutes:

les autres maladies.

Voici des observations qui concernent les infections gastro-intestinales aiguës observées, pendant l'été et l’automne de r921, chez des enfants élevés dans leur familie.

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