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LE DIAGNOSTIC

Diagnostic clinique

La morve humaine étant tout à fait exceptionnelle, elle fut longtemps ignorée des médecins et par cela même prise pour une tout autre maladie, l'infection purulente, la syphilis ou la tuberculose, quelques fois même pour la malaria, tel le cas de notre confrère anglais, M. Gaicer. Ses aspects les plus divers la fait confondre avec des maladies banales : lymphangite, abcès, arthrite, sinusite, méningite, jetage, kératite, septicémie, broncho-pneumonie, etc... Il est donc intéressant au plus haut degré d’assurer le diagnostic différentiel, car il n’est pas douteux que de nombreux cas de morve humaine furent portés sur les fiches médicales sous des noms différents et par suite ignorés de tous.

Mais le diagnostic est très difficile à poser, pour ne pas dire impossible, à la seule vue des manifestations cliniques ; de plus c’est un diagnostic auquel les médecins pensent ou plutôt pensaient exceptionnellement et souvent après avoir eu leur attention attirée par des vétérinaires.

L'examen des malades ne permet pas un diagnostic absolument sûr et c’est surtout au diagnostic expérimental qu'il faut avoir recours pour lever tous les doutes.

Diagnostic expérimental

De nombreuses méthodes ont été préconisées depuis la recherche du bacille jusqu'à l’emploi de la malléine.

1° Recherche directe du bacille morveux. — Cette recherche donne souvent des résultats négatifs ; cependant la constatation

du bacille morveux dans le pus des abcès, dans l'écoulement nasal où le sang donne des indications assez nettes dans les formes aiguës ou subaiguës. Lors d'évolution chronique, les. bacilles sont très rares, difficiles à colorer et échappent souvent à l'examen microscopique. Les résultats négatifs ne comptent pas, seuls les positifs sont à retenir.

2° Emploi des cullures. — Les cultures donnent un résultat plus probant. Le bacille morveux cultive bien sur la pomme de terre, en quelques jours la surface ensemencée revêt une coloration fauve qui se fonce de plus en plus jusqu’à la teinte chocolat clair ; c’est le seul bacille se trouvant dans les produits examinés qui prenne cette coloration spéciale et l'examen des microbes recueillis permet de préciser le diagnostic.

3° Réaction de déviation du complément. — Elle fut préconisée par de nombreux auteurs : Scnuserr, Mressver, Trapp (1909), Povirskx (1918), Porre (1919), Roginson (1922), Ru- BINSTEIN (1924), etc... Dans sa thèse de Paris (1927) Achille UrBan dit que chez l’homme cette réaction est d’un grand secours en permettant de porter un diagnostic rapide dans les cas cliniques suspects. Cette méthode n'a qu'un intérêt restreint, car elle est d’une application délicate et seuls les résultats positifs sont à retenir.

4° La méthode de Widal : séro-agglutination. — Pour rechercher l’agglutination, on utilise une culture récente sur gélose glycérinée, émulsionnée dans la solution physiologique et de préférence tuée par un chauffage à 60° pendant une heure. Le sérum de l’homme sain possède, comme celui du cheval sain, la propriété agglutinante ; cette propriété est plus énergique dans le sérum de l’homme morveux (HEanLey, CourMonr). Cette méthode, d’une sensibilité extrême, ne présente aucun danger, mais difficile à pratiquer. Elle peut cependant rendre de grands services.

5° Les inoculations diagnostiques. — C'est un excellent moyen, pour ne pas dire le meilleur de diagnostic différentiel. Tous les résultats positifs sont des signes certains de

morve, malheureusement les résultats négatifs n’ont aucune valeur. ,

Une foule d'animaux sont susceptibles de contracter la morve par inoculation ; dans l’ordre dé priorité se placent successivement : l'âne, le cheval, le mulet, le cobaye, le campagnol, le mulot, le chat, le lapin, le mouton, la chèvre, le chien, le porcs la souris, etc... Les bovidés, le rat et les oiseaux paraissent réfractaires.

À) L'âne représente l'animal de choix, en raison de sa grande impressionnabilité à contracter la morve, généralement sous forme aiguë, par inoculation.

Technique. — L'inoculation se pratique par scarification sur la région du front. La surface est rasée, on fait avec la

lancette ou le bistouri une série d’incisions superficielles entre- croisées ; on essuie les quelques gouttelettes de sang épanché et on dépose la matière à inoculer en étalant celle-ci et en frottant légèrement, tout en maintenant béantes les incisions par la tension de la peau.

Réaction. — Si le produit inoculé est virulent, on constate d’abord que la plaie se referme, il se forme ensuite un œdème local, puis un chancre, enfin tous les symptômes de la forme subaiguë apparaissent. Dès le deuxième ou troisième jour, alors qu’il n'existe encore aucune lésion locale, la température monte brusquement au-dessus de 40°, peu après un vaste foyer d'ulcération évolue au niveau de la région inoculée et l'animal meurt en 5 à 20 jours avec les lésions de la morve aiguë, très riche en bacilles morveux.

B) Le cheval et le mulet ne sont pas utilisés pour le diagnostic, car l’évolution est lente cliez ces animaux.

C) Le cobaye est très sensible aux inoculations de produits morveux.

a) Par voies cutanée et sous-cutanée, il se forme un abcès morveux au point d’inoculation avec adénite de voisinage. L'animal maigrit et succombe au bout d’un à deux mois.

b) Par voie intra-péritonéale chez le cobaye mâle, on voit se

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