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INTÉRIEUR

Au-dessus de la porte d’entrée, apparaît le Christ , la Madone et saint Marc , mosaïque du xe siècle. Sur l’intrados du grand arc, les frères F. et V. Zuccati ont incrusté en cinq compartiments les Sujets de Y Apocalypse, 1 563, « où ils ont placé autour du Père éternel les quatre Évangélistes sous figures d’animaux, les sept candélabres et une foule d’accessoires qui, de loin, paraissent peints à l’huile », dit Vasari dans la vie du Titien. Ce sont ces mosaïques qui donnèrent lieu à la célèbre expertise dont nous avons parlé. Au-dessous, Arminio Zuccato, fils de Valerio, a représenté Saint Jean l’Évangéliste , i5yg, et Saint Pierre , et sur une petite voûte, près de l’arc, une scène de l’Apocalypse.

La voûte de la première grande coupole montre l’Esprit saint , ouvrage du xiic siècle, des Anges et les Nations évangélisées. Sur l’arc suivant, sont figurées les scènes de la Passion : les Femmes au sépulcre, le Christ aux nimbes , le Christ apparaissant à Magdeleine et à Thomas; David et Zacharie , par B. Bozza, d’après Salviati ; Job et Jérémie , par Marini; les saints Castorius , Nicostratus et Sinforiasius , par Luigi Alvise Gaëtano, 1590. La grande coupole centrale représente les Vertus , xie siècle ; la Madone avec les anges et les apôtres ; les Evangélistes, les Fleuves du paradis, xnc siècle.

Le Tintoret a fourni à Marini, élève de Bozza, les modèles des mosaïques de l’intrados de l’arc qui suit : Y Annonciation, les Rois mages, la Présentation au temple; le Saint Pierre à gauche est par Arminio Zuccato; le Saint Paul par Grisogonos, 1507. A l’entrée du sanctuaire sont placés deux Anges tenant une croix ; celui qui est habillé en bleu, est par Marco Luciano Rizzo ; l’autre, en vert, est par Vincenzo Bianchini; ces ouvrages furent commandés en 1 5 1 7, pour comparer le mérite des deux mosaïstes. Le xne siècle a laissé dans la coupole du chœur le Christ, la Madone, David, Salomon, etc., et les Symboles des Évangélistes ; à gauche, les

Saints Augustin et Ambroise , sont par V. Bianchini ; à droite, la Madone par Pietro, i5o2. Dans l’abside, le Christ , daté de 1 5o6, est du même mosaïste ; il est accompagné de Pierre , Marc , Nicolas et Hermagoras , protecteurs de Venise ; /<? Père éternel et les saints qui l’entourent sont du xnc siècle.

La nef latérale du nord correspond avec l’atrium à gauche par là porte Saint-Pierre; dans la première petite coupole, on voit la Sainte Sagesse et les Évangélistes ; au delà, sur le grand mur, le Paradis , par B. Bozza, d’après le Tintoret, le Martyre des saints Pierre et Paul , la chute de Simon le Magicien , par Luigi Gaëtano, d’après les modèles d’Alexandre Varotari, dit Padovanino (i590-i65o), les Vierges sages. Dans le passage, Saint Thomas en présence du roi indien Gondofar, d’après le Titien ; Saint André sur la croix , d’après Vassilucchi, dit l’Aliense (1559-1629); ces deux mosaïques sont par Luigi Gaëtano ; sur le pilier, le Christ , d’après l’Aliense ; sous la voûte qui donne sur le transept, les saints Procès et Martinien, par Domenico Bianchini, dit Rosso ou Rosetto, admis à l’atelier en 1537. Le transept nord s’ouvre sur la grande coupole centrale par un arc où sont figurés la Guérison des lépreux , les Noces de Cana , d’après le Tintoret, par B. Bozza, 1 65 3 ; la Chananéenne, la Résurrection du fils de la veuve de Naïm , la Cène , d’après le Tintoret ; l'Ascension, d’après Salviati; ces mosaïques, sauf la Chananéenne , sont par Domenico Bianchini. Dans la coupole du transept, ce sont: La Vie de saint Jean V Évangéliste et les Pères de l’Église: entre la coupole et la porte Saint- Jean, les Faits de la Vie de Marie et de Joseph ; la Lapidation des vieillards , d’après le Tintoret, par G. -A. Marini ; l’histoire de Suzanne en quatre tableaux, d’après le Tintoret et Palma le Jeune (1544-1628), par Lorenzo Ceccato, qui fit également les figures d’Osée et de Moïse . La chapelle de Notre-Dame-dei-Mascoli est célèbre par la Vie de la Vierge , exécutée en 1430 par Michèle Giambono ou Zambono; c’est la plus intéressante et la meilleure mosaïque de l’église. Le doge André Dandolo fit représenter au xiv° siècle, dans la chapelle saint Isidore, Y Arrivée du corps du saint à Venise, et, au xvncsiècle, Maffeo

Verona compléta la décoration ; Gian Antonio Bianchini y fit les saints Pegasius et Exaudinus. L’Arbre généalogique de la Vierge sur le mur de la chapelle est, selon Vasari, « remarquable par la grâce du style, la délicatesse du travail et la vigueur du relief » ; le modèle est de Salviati, la mosaïque, par Vincenzo Bianchini, 1542, secondé par Domenico Bianchini, Gian Antonio Bianchini, son fils, Giovanni Vinsentini et d'autres artistes ; le travail dura dix ans. Dans la chapelle de la Vierge, Jésus chassant les vendeurs du temple , les Lépreux, la Guérison de V aveugle, sont d’après Pietro Vecchia; le Christ et Emails , d’après Leandro Bassano.

Au delà du transept, avant la sacristie, les mosaïstes ont représenté les Faits de la vie de saint Pierre et de saint Marc. La sacristie demanderait un chapitre spécial ; elle est éblouissante, d’une venue, et résume toute la science des mosaïstes de Saint-Marc au xvi* siècle; tout est à signaler dans cet ensemble. Les figures des arcs de gauche sont généralement par L. Rizzo et Alberto Zio, celles de droite par F. Zuccato ; on remarque plus particulièrement la Madone , d’après le Titien, par L. Rizzo, i53o, l'un des meilleurs morceaux de l’église, le Christ et les évangélistes, par L. Rizzo et les Zuccati, le Père éternel, par V. et F. Zuccati, les saints Théodore et Georges, par F. Zuccato. Les deux figures de Saint Jérôme sont les pièces de concours de Gian-Antonio Bianchini et de Domenico Bianchini.

La nef latérale sud a une issue sur l’atrium par la porte Saint-Clément surmontée du portrait du saint, par V. Zuccato; la petite coupole montre le Christ, des Chérubins et les Evangélistes. On pénètre ensuite dans une série de chapelles prises sur l’atrium ; le baptistère a été décoré dès le xie siècle de son principal motif, le Baptême ; V Histoire de saint Jean date du xive; 1 ’ Ange qui apparaît à Zacharie est par Fr. Turresi, d’après le modèle de Jérôme Pilotto, 1618, élève de Palma U Histoire de saint Marc a été figurée dans la chapelle Zénon au xne siècle.' En revenant dans la nef latérale, on remarque sur le grand mur le Christ au Jardin des Oliviers et le martyre des saints Simon et Thadée ; de l’autre côté, la Syna-

gogue , d’après l’Aliense, par Ceccato, V Eglise, d’après le Tintoret. Sous la petite coupole suivante, les Anges adorent l'agneau, et dans la partie contiguë, sont représentés les Faits de la Vie de la Vierge et de Joachim-, les cartons de l'Histoire de Marie sont de Fumiani (1633-1710), la mosaïque, par Cigola. Sur la voûte du transept, sont Y Entrée à Jérusalem , la Tentation , la Cène , les Apôtres . La croix et plusieurs figures, notamment celle de Sainte Thécla , par V. Bianchini, ornent la grande coupole; dans le petit arc, on voit Saint Paul ermite et Saint Bernardin de Sienne , par Antonius, 1458, Saint Antoine abbé et Saint Vincent Ferreri , par Sylvester, 1458. A droite de la coupole, diverses mosaïques ont trait aux Miracles de Jésus ; la chapelle du Saint-Sacrement est revêtue de mosaïques relatives aussi aux Miracles du Christ et à la Vie de saint Léonard ; presque tous les cartons sont de Pietro Vecchia; la figure du prophète Osée est par L. Ceccato. Le bas côté se termine par la chapelle Saint-Clément, dont la mosaïque représente la Vie du saint , xin0 siècle, et celle de Saint Marc-, la figure de Clément dans la voûte est du xne siècle. Au-dessus de la porte qui conduit au palais des doges, le mosaïste Petrus a représenté, en 1 1 59, Caïn et Abel .

Les pavements de l’église ont été commencés au xie siècle ; ils ont été l’objet de constantes réparations, à cause de l’usure et du tassement des pilotis; Girolamo Vinci et Jacopo Pasterini les ont restaurés dès le xvi* siècle.

En raison de Pextrême rareté des mosaïques italiennes en France, nous signalons un petit ouvrage vénitien du xvie siècle, placé dans les salles du musée Sauvageot au Louvre; la mosaïque montre le lion de Saint-Marc, la patte sur un livre ouvert aux mots: PAX TIBI MARCE EVALEGISTA MEUS ; le lion est dans un îlot entouré d’habitations; cette mosaïque, assez médiocre, est signée de A. Fasolo (i53o-i572), élève de Zelotti et de Paul Véronèse.

i8o LA MOSAÏQUE.

L’histoire de la mosaïque enregistre en ce moment le grand nom de Raphaël, mais elle est obligée de faire quelques réserves sur les modèles exécutés par cet incomparable artiste. Agostino Chigi, que les contemporains appelaient « le Magnifique », avait déjà commandé à Raphaël les fresques du palais Chigi en Transtevère, aujourd'hui nommé la Farnesine, et celles de Santa- Maria-della-Pace; il lui demanda ensuite le plan de la chapelle Chigi, à Sainte-Marie-du-Peuple, et le modèle de la mosaïque qui devait en orner la coupole. La mosaïque représente la création du monde, selon la théorie de Ptolémée et d’Aristote, avant que les astres aient commencé leurs révolutions; elle est divisée en huit compartiments disposés autour d’un grand médaillon central qui montre le Créateur les mains levées; les planètes, sous la forme mythologique de Jupiter, Saturne, Diane, Mercure, Vénus, Apollon et Mars, sont figurées à micorps; elles paraissent être sous la conduite d’anges ailés qui attendent un signe du Créateur; le huitième compartiment est réservé aux Étoiles fixes, semées sur une sphère où se lisent les mots :

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