Page
gués d’entre eux, fut nommé chef du nouvel atelier ; plusieurs élèves français furent aussitôt admis et les travaux commencèrent. Les premiers furent naturellement des ouvrages d’essai, qu’on ne voulut cependant pas laisser sans emploi ; c’est ainsi que fut exécutée d’après le modèle de M. Lameire, au-dessous du fronton du batiment du musée de la Manufacture nationale de Sèvres, une grande frise d’où se détachent sur un fond d’or et dans les sinuosités d’un tore de verdure et de fleurs, des pièces de porcelaine et la tête de la Minerve dite de Turin, qu’il est d’usage de prendre maintenant pour l’emblème des Arts décoratifs. L’atelier fit aussi quelques panneaux dans le goût des pavements coloriés de Pompéi , restaura l’importante mosaïque antique du Musée de Saint-Germain, le Bellérophon trouvé à Autun 1 , et exécuta une colonne destinée à la cour du Mûrier de l’Ecole des beaux-arts de Paris ; le monument est dédié à M. Auguste Rougevin, l’un des bienfaiteurs de l’Ecole; le modèle est de M. Coquart, architecte, qui s’est très heureusement souvenu des types uniques trouvés à Pompéi et conservés au musée de Naples 2.
Ces intéressants travaux ne furent que le prélude de la grande entreprise actuellement en cours d'exécution : la décoration en mosaïque de l’abside du Panthéon, d’après les modèles de M. E. Hébert. L’artiste a pris pour sujet « le Christ révélant à l’Ange de la France les destinées de son peuple. » Sur un fond d’or uni, leChrist, debout devant un