‹ La mouche du coche comedie en un acte, en proseChapitre 17 sur 20 · LA MOUCHE DD COCHE · texte numérisé non relu

LA MOUCHE DD COCHE

ADRIEN

Mademoiselle Eugénie Valmé !

Plaît-il?

ADRIEN

Je ne vous ai point oubliée, mademoiselle , veuillez le croire, et c’est maintenant à votre voix que je vous reconnais. Vous nous avez chanté une romance, que vous m’avez fait trouver charmante...

SILVIO’, seul, à l'écart. .

Elle a des yeux qui vont au cœur.

ADRIEN

C’étaient des paroles florentines, sur un air d’un musicien inconnu, dont vous nous disiez le plus grand bien. Vous voyez, mademoiselle, que j’ai la mémoire plus fidèle que mes yeux, qui me trompent toujours.

SILVIO, seul, à l’écart.

Des paroles florentines? Je chante quelquefois à ma fenêtre...

ADRIEN

Et pour vous prouver combien peu j'ai oublié cette chanson, je vous en répéterai, si vous voulez, tous les vers.

EUGÉME, troublée."

C’est inutile.

ADRIEN, chantant.

Cerco fra mille un anima.

EUGENIE, virement.

C’est bien, monsieur !

SILVIO, i lui-même.

Grand Dieu !

ADRIEN

Mais, qu’avez- vous, de grâce? vous paraissez tout émue... Permettez que je vous conduise jusqu’à cette causeuse, (il

lai donne le bras et la conduit vers la causeuse , h gauche. Siltio reste à droite, seul, k l’écart.)

SILVIO

Serait-ce elle, que, depuis quinze jours , je sens partout, à chaque pas , sans jamais la voir, ni l’entendre... et. qui veille en restant dans l'ombre et qui donne en cachant sa main? Serait-ce elle?...

ADRIEN, à Eugénie.

Etes-vous mieux maintenant?

EUGÉNIE

Tout à fait bien, merci... Mais parlons de vous... monsieur Magloire que j'ai rencontré tout à l’heure...

3d LÀ ÜducilE bb COCHE

AdklfcrÙ

Vous connaissez monsieur Maglolre?

stLiio).

C’est de moi qu'elle parlait!

* , KÜGÉîilÉ.

Oui je le corfnàis : c’èst un excellent nohihiè qül voiiîi veut beâutoup de bien, fct <jui a le seul tort de s’è croire plu$ influent qu'il ne l’èst:.. Il id'a kaconté vos petites mésaventure^.

ADRIEN

H ne vous a pas dit qu’il en était la cause.

EUGÉNIE

Fort innocente, croyez-ie bien, mais il ne faut pas vous décourager...

ADRIEN

Moi; mademoiselle? Je ne suis pas découragé le moins dit monde.

EUGÉNIE

Si, vous l’êtes, puisque vous vouliez vouseu aller. D’abord je veux que vous restiez, je chanterai tout à l’heure.

S1LV10, loujonr» & l’écart.

Je ne bouge plus d’ici...

, ELJGI.NIK, à Adrien.

Et j’ai besoin d’auditeurs très-bienveillants, car mon engagement dépend du succès que je vais avoir. Fuis, après le concert, il y aura un souper qu'on dit splendide. Je vous en avertis en cas que ifla pauvre petite voix ne suffise pas pour vous retenir.

ADRIEN

Oh! mademoiselle., (a suw> bas.) Tu entends.

SItVIO, bas à Aérien.

Je n’ai plus faim.

EUbÈNik, a Adrien:

Et votre poème est la plus charmante et fiilè pèilé du inonde. Vous savez que je rdl eiilendu; j'étais à cette soirée où vous l’fivez lu avèc ilH Succès... dont mèS mains sbnl eilcorè tüütbü rbtigÜs...

élLVUij à Itii-mèioe.

Elle conaissaitle poëme... Oh! cette carte avec hloii iloni; mon adresse écrite d’une main de femme !

eugénie. •

Et qqand on a du talent tout doit aller bien. Vous désespérer, jeune comme vous l’êtes, avec votre avenir, ce serait un giand malheur, et une grande faute. Mon Dieu! je ne suis qu’une petite fille qui ne sait rien, mais je crois que nous avons tort de ne penser qu'au siiceès et, quand 11 ne vient pas assez tôt, de pleurbf toutes nos larmes. La poésie et l’iii t Sont de si bonS àihis, qu’il faut Bien leur être fidèle, quand même ils ne doimeraieht ni pain, rti gloitë, car ils

donnent toujours de la joie, et c'est, beaucoup n'est-ce pas? Ainsi courage et encore une fois cburageL.l

SILVIO, qui s'est approché d’Adrien bas, et très-vite.

Fais moi un plaisir.

ADRIEN

Quoi? . .•

Éloigne-toi un moment.

ADRIEN

Pourquoi faire?

SILVIO

Je t’en prie !

ADRIEN

Mais encore.

SILVIO

E11 Và-t'. en donc ! (Àdrieu s'eloig no et sort. — Qu:iud il est sorti, Sri vio s'approche d'Eugénie qui s'est levée et la regarde un instant sans rien dije, Eugénie Musse les jeux... Très-ému à Eugénie.) Mademoiselle..* j ai Compris... je sais tout. (Eugénie cache sa tête dans une main. — Silvio reprend aptes une pause.) DCUX jeilUCS mains étaient tend; UC? l une

vers l’autre... l’une pour prier, l'àütré pour donner. Si bien qu'on beau jour, mademoiselle, ces deux mains qui se rapprochaient d'heure eh lieilre (n tond la main à Eugéuie.) ont fini par se rencontre!' et s’unir Laissons les donc l'uhe dans

1 autl'C. (Eugénie lafSse tomber sa main dans celte de Silvio.)

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