‹ La mouche [et] JamaisChapitre 5 sur 9 · P \UL · texte numérisé non relu

P \UL

Si elle ;iimail, elle pourrnil rester.

Moi ! voir un fat, ici, sous mes yeux, près de toi. Te... Mieux vaut t'en aller; non, c'est plus fort que moi. Croit-il que je serais son chaperon, peut-être! ('et amour de caserne aill;urs peut aller paître.

LAIUE.

Je suis prAte ii partir et puis me dépêcher, Paul; mais ne se peut-on quitter .sans se fftcher?

PAUL

Je cherche une voiture.

LAURE, p'ès de lui.

Achève au moins la lettre.

« Si non t ...

PAUL, reculant.

?i non, habiter chez loi pourrait la compromeltre.

LAURE

Je n'ai pas peur, moi, de me compromettre.

PAUL

Le père a peur.

Ou du moins écarter les prétendants.

[A part.) Le mal ne serait pas aflfreux D'écarter tous les sots qui joueraient l'amoureux.

A moins que tu ne sois marié, Paul.

LAURE

Ah ! nous voilà sauvés !

PAUL

Qui? Quoi?

LAURE

Je te marie.

PAUL, reculant.

Toi?

LAURE

Tu n'es point passé maître en galanterie; Mais on peut te trouver un bon petit cœur d'or, Pour t'aimer,.. comme moi.

PAUL

Comme toi?

Mieux encor!

Lucy te chausserait.

PAUL

Si tu me la conseilles!

LAURE

Aux fins travaux d'aiRuillo elle fait des merveilles.

PAUL

Une machine à coudre ! Ah ! je meurs pour Lucy !

LAURE

On ne te contraint pas! Pourquoi railler ainsi?

PAUL, faisant le niais.

Quand je ne l'aimons point, tu veux qu'elle soit nôtre... Risque ù faire sécher de jalousie une autre.

LAlRli.

Une autre? Est-ce Marton.i' La savante Martonl

PAUL

Un gouffre de scieucel Oui! je fais le plongeon.

LAURE

Es-tu taquin!

PAUL

La docte et hautaine Arthémise!

Elle ne coudra pas mes boutons de chemise^ Elle ne viendra pas, dès que je gronderai. Sur mes genoux!

LAURE

Poursuis ainsi : je pleurerai.

PAUL

Je t'obéi?.

LAURE

Lh ! non! Prends une fomnic, bonne, Aimable, H nVn j)rcnds point, si tu n'aimes personne.

PAUL

Oh! moi, je sais aimer! C'est loi qui no peux pas!

LAlTvI-;.

Si ta sais ce que c'est, Paul, dis-le moi... tout bas.

PAUL, à part.

Distance! illusion! perspective! Oui, mon père!

{J/aut.) Du couvent, chez Hcrthaud, létiipe est nécessaire, Car c'est se pr»'p:ircr un dcseuchantemont Que de courir nu feu d'ari.our U'gèr'^meut. Or donc! contre Martou et Lucy, jf me cabre :

Plus de tâteur de pouls, plus de traîneur de sabre! Vive l'ami Berthaud! il habite à vingt pas; J'y viendrai chaque soir, mais ne te presse pas.

— Tout de bon, je m'en vais quérir une voiture.

— L'amour, vois-tu, l'amour, n'est pas une aventure! Ce trouble, à qui la nuit ne porte point conseil, C'est le jour sans repos, c'est le lit sans sommeil. Contre lui, l'on complote en vain la résistance,

C'est la bombe ou l'éclair qui vous frappe à distance, C'est un coup de soleil ou de foudre... On ne sait. C'est... Il faut en tenir pour savoir ce que c'est.

LAURE

Explique, explique encor!

PAUL

Tiens, quand on aime,on tremble, Vois-tu, de perdre une heure à n'être pas ensemble; Mais dès qu'on esta deux, seuls, en droit de causer, On a peur d'un regard, on bondit d'un baiser, On est jaloux, on veut qu'elle aussi soit jalouse, Ou se pique d'honneur et l'on se crie : Epouse ! Mais qu'on vous prenne au mot, c'est un déchirement! On brûle et c'est stupide, ou souffre et c'est charmant!

LAURE

Comment sais-tu cela?

PAUL

C'était dans ma nature!

— Décidément, je cours hêler une voiture.

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