‹ La mthode graphique dans les sciences exprimentales et principalement en physiologie et en mdecineChapitre 127 sur 284 · VOLUME DES ORGANES · texte numérisé non relu

VOLUME DES ORGANES

Étant connue la capacité d'une enceinte pleine d'air, on fait varier cette capacité d'une quantité également connue et on note l'élévation de pression qui s'ensuit.

On introduit alors le corps à mesurer dans la même enceinte et on en (ait varier comme tout à l'heure la capacité. 11 se produit, dans cette deuxième expérience, un changement de pression plus grand que dans la première, parce qu'on a agi sur un volume d'air diminué de tout ce qui correspond au volume du corps introduit dans le réservoir. C'est de celte dift'érence de pression que se déduit le volume du corps à mesurer.

Ainsi, il y a deux moyens de connaître le volume d'un corps : c'est de mesurer le volume d'eau qu'il déplace ou l'augmenlalion de pression qu'il produit dans un gaz au sein duquel il est introduit. Modihés suivant les besoins particuliers, ces deux moyens se prêtent aux expériences les plus variées et se plient fort bien aux exigences de la méthode graphique ainsi qu'on va le voir.

1» Mesure far déversement. — Ce n'est pas seulement le volume d'un corps, mais les changements de ce volume qu'on doit mesurer; supposons donc que le corps en question soit immergé dans un vase plein d'eau ; on organise le déversement de telle sorte que le liquide arrive, par un tube, au fond d'une éprouvette graduée. Dans ces conditions on voit à chaque instant, d'après l'élévation du niveau dans l'éprouvette, de combien le corps augmente en volume ; si au contraire le volume du corps immergé diminue, cela se traduit par un abaissement du niveau dans l'éprouvette dont le liquide est alors aspiré.

11 y a beaucoup de moyens d'inscrire les changements du niveau d'un liquide dans un vase, au moyen d'un flotteur qui, selon qu'il s'élève ou s'abaisse, actionne, dans un sens ou dans l'autre, le style écrivant. Si les changements! de volume sont faibles et déplacent peu de liquide, il est préférable de recourir à l'éprouvette ilottante décrite précédemment. Les oscillations qu'elle exécute traduisent les changements de volume du corps immergé.

C'est là le procédé dontMosso s'est servi pour mesurer les variations que subit un organe sous l'influence des changements qui se produisent dans la circulation du sang à son intérieur. Cet habile expérimentateur a rendu sensibles et mesurables les moindres variations du calibre des petits vaisseaux sous les influences vaso-motrices.

L'avantage de l'appareil de Mosso dans les évaluations physiologiques est qu'il fournit, du premier coup, la valeur absolue du changement de volume qui s'est produit dans l'organe immergé. Les divisions de l'ordonnée des courbes inscrites sont toujours proportionnelles à la quantité de liquide versé dans l'éprouvette. La valeur de ces divisions peut être déterminée, une fois pour toutes, par une graduation de l'appareil.

2" Mesure d'après les changements de pression. — S\ir l'autre principe, celui qui mesure la force élastique d'un gaz comprimé.

Fil:, loi. Appareil iiiscripteur des cliangements de volume de la maiii. La membrane au traveide laquelle passe l'avant-bras est immobilisée par une plaque métallique ; dans le tube vertic.nl muni d'une ampoule, s'opèrent les changements de niveau qui s'inscrivent ii distance, à l'aide di> la transmission par l'air.

est basée la construction d-un autre inscripteur physiologique des changements de volume. Le corps dont il s'agit d'inscrire les changements de volumes est plongé comme ci-dessus dans un vase rempli d'eau ; mais au lieu de faire déverser le liquide on en fait arriver le niveau (fig. 151) dans un espace clos contenant de l'air et on inscrit les compressions, plus ou moins grandes de cel air avec un tambour à levier servant de manomètre.

VOLUME DES ORGANES. 293 Ce dernier procédé a été imaginé par Buisson', qui, mallicueusement, n'a fait aucune recherche sur ses applications. J'avais conservé le souvenir de cette ingénieuse disposition et j'engageai François-Franck à construire un appareil semblable et à expérimenter d'une manière méthodique sur les variations des organes immergés.

Il s'est acquitté de ce travail avec beaucoup d'habileté et de soin; nous indiquerons sommairement les principaux résultais de ses expériences et nous renverrons à la partie Technique la notice historique dont il a fait précéder son mémoire. Le lecleur y trouvera l'exposé méthodique des principales recherches sur ce sujet. (Technique, chap. ix.)

On doit considérer l'avant-bras d'un homme comme un véritable manomètre élastique admettant à son intérieur des quantités de sang variables et par conséquent changeant de volume selon les changements de la pi^ession du sang qui tend à s'y introduire.

II suit de là, que le volume de l'avant-bras, variant dans le même sens que la pression du sang, indiquera d'une manière instantanée si cette pression augmente ou diminue; mais, pas plus que le manomètre élastique, le bras n'exprime, par ses varia l ions de volume, les valeurs réelles de la pression intérieure Pour déterminer ces valeurs, il faut équilibrer la pression intérieure au moyen d'une contre-pression extérieure, comme on l'a vu dan« le précédent paragraphe.

L'appareil à déplacement (lig. 151) peut être utilisé dans h ? recherches cliniques comme' le sphygmographe à transmission dont il contrôle et complète les indications ; dans certains cas où le pouls de l'artère radiale est trop faible pour être transmis à distance, on peut étudier les pulsations totalisées des vaisseaux de la main comme l'a fait récemment François-Franck ' dans des recherches sur le retard du pouls dans les anévrismes.

En somme, le volume des organes varie suivant que le sang y circule en plus ou moins grande abondance. Or, la quantité de sang qui entre dans un organe dépend de deux facteurs : d'une perte de la force avec laquelle le sang est poussé, c'est-à-dire de

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