TRAVAIL DE TRACTION
résistance quatre l'ois plus grande et qu'il y aurait, pour une certaine brièveté de l'application de la force, excès de la résistance d'inertie sur le maximum de l'ettbrt moteur. Tout procédé qui accroîtrait la durée d'application de la force diminuerait la résistance. Or l'emploi d'un ressort élastique équivaut à l'augmenta-
Tours
de roue
Fig. 157. Courbe du travail dépeusé par la traction d'une voiture sans intermédiaire élastique.
lion de la durée d'application de la force employée à le tendre; un ressort rend sous forme d'effort prolongé, la force de contraction d'un muscle dont l'application directe eût été trop brève pour être utilisée et se fût détruite dans un choc.
L'expérience devait vérifier ces prévisions théoriques. Une même voiture étant traînée avec la même vitesse sur un sol inégal, dans
Kig. 158. Courbe du travail dépensé par la traction d'une voiture avec intermédiaire élastique.
deux expériences comparatives, on a constaté qu'il y avait eu moins de travail dépensé quand la traction se faisait par l'intermédiaire de pièces élastiques que si les traits rigides avaient directement transmis la traction.
Pour faire ces expériences, je ne pouvais me servir du dynamomètre inscripteur de Morin, car cet appareil constitue un inter-
inédiaire élastique, do. quelque façon qu'on dispose l'atlelage.
Le dynamographe représenté figure 153 n'ayant qu'une trèslaible course pour des etTorts considérables, n'avait pas ce même inconvénient. En opérant comparativement dans un grand nombre d'expériences, j'obtins des courbes du genre de celles qui sont représentées figures 157 et 158.
Si l'on mesure les aires de ces deux courbes au moyen du planimètre, on tx'ouve que le travail dépensé dans la traction avec un intermédiaire élastique peut, dans les cas les plus favorables, être de 26 pour 100 plus faible qu'avec des traits rigides.
Les expériences furent faites tantôt avec des voitures à bras, tantôt avec des voitures traînées par des chevaux ; le sens des résultats fut toujours le même. Si l'on joint à cet avantage celui qui consiste dans l'amortissement des chocs douloureux qu'une courroie rigide transmet aux épaules de l'homme ou de l'animal qui traîne un fardeau, on verra que la traction au moyen d'un intermédiaire élastique est extrêmement avantageuse.
Travail musculaire tlu cœui' et en général des muscles dont l'action s'exerce sur des liquides.
Ce travail, comme tout autre, aura pour mesure la résistance multipliée par le chemin qu'elle aura parcouru. La résistance qu'un liquide éprouve à sortir d'un espace où il est comprimé, est proportionnelle à la pi'ession qui existe dans les tubes d'écoulement. Pour le cas du cœur, cette pression est incessamment variable Ijendant l'action venlriculaire.
La résistance à vaincre n'est pas seulement la valeur manométrique de la pression du liquide dans le conduit, mais cette valeur multipliée par la surface de section du conduit. Le chemin parcouru par la résislance est celui qu'a franchi une tranche idéale de liquide qui fermerait l'ouverture du conduit. Dans un vaisseau cylindrique, la quantité dont progresserait cette tranche serait proportionnelle au débit, car elle correspondrait à la longueur d'un cylindre ayant pour base l'ouverture du vaisséàu.
La formule générale du travail dépensé parle moteur sera donc la pression multipliée par le débit.
Pour inscrire le travail d'un liquide, il faudra actionner un manomètre inscripteur par la pression et produil'e lé mouve-
TRA.VAIL DES I.IQUIDKS^ 3U5
ment du cylindre par le débit. Ces deux effets sont l'acilcs à produire par les procédés déjà connus (voir Manomètre inscripleur, p. 263), et flotteur inscrivant (p. 215), pour enregistrer les débits. Seulement, Comme il s'agit ici de l'inscription d'Un travail, on devra, en faisant écrire la pression en ordonnées, inscrire le débit comme abscisse, c'est-à-dire utiliser le mouvement du flotteur pour faire tourner le cylindre.
[■'ii;', 159. Courlie du liMvail produit par l'écoulomeiit dts liquides.
Le tracé que donnera un écoulement sous charge constante sera évidemment la ligue me (fig. 159); celui d'un écoulement sous charge variable décroissante, sera du genre de la ligne m e'.
Le débit étant uniforme, dans le premier cas, le cylindre tournerait d'un mouvement uniforme, de sorte qu'un chronographe écrirait des vibrations équidistantes; mais dans le second cas, l'écoulement en raison duquel tourne le cylindre n'étant pas proportionnel au temps, un chronographe inscrirait des vibrations de plus en plus rapprochées les unes des autres.
Travail i-ésistaiit ilaiis les Coiiduits.
On peut déterminer le travail consommé par les résistances dites de frottement, en un point de la longueur d*un conduit, en inscrivant les courbes de deux manomètres placés en ces deux points, sur un cylindre actionné par le débit.
En effet, le niveau manométrique, en un point quelconque d'un tube à écoulement, exprime à la fois la force avec laquelle le liquide est poussé et la résistance que celui-ci rencontre en aval de ce point, ces deux quantités étant égales entre elles. L'abaissement successif des niveaux des manomètres vfeut dire qu'entre
deux d'entre eux, la pression et la résistance ont diminué d'une certaine quantité.
Or, d'après la définition du travail des liquides, on a vu qu'au niveau du premier manomètre, le travail effectué par le liquide correspond, à chaque instant, à la pression manomélrique multipliée par le débit ; si au niveau du second manomètre le travail est moindre, c'est qu'il en a été consommé par les résistances une certaine quantité, qui a précisément pour valeur la différence de pression des deux manomètres multipliée par le débit.
En tous les points de- la longueur d'un tube à écoulement, ce débit est nécessairement le même, de sorte que le travail résistant en un tronçon quelconque pris sur la longueur d'un tube, sera proportionnel à la différence de pression exprimée par deux manomètres placés chacun à une extrémité de ce tronçon.
La pente si rapide de la décroissance de pression dans les régions étroites des tubes, montre qu'il y a en ces lieux une grande consommation de travail. Étant donnés deux manomètres placés sur un même conduit, si nous supposons qu'un flotteur muni d'un style trace sur une bande de papier les niveaux de ces manomètres, d'après ce que nous savons de la décroissance des pressions manométriques le long des conduits, on aurait (fig. 160) une indication de pression élevée dans les régions initiales du tube m' et une autre m plus faible dans la région terminale. Le débit du tube étant employé à faire tourner le cylindre, les aires des rectangles 0 m' e' X et o m e x correspondent au travail résistant que le liquide surmonte en chacun des deux points explorés, l'aire m m' e' e, différence de ces deux travaux exprime le travail résistant qui correspond à la partie située entre les manomètres m et m'. Si l'on appliquait cette méthode à la circulation du sang dans les expériences do circulation artificielle faites sur un membre déta-