V.ariatioiis électriqi
galvanomètre, sont mises en rapport avec les fils de l'électromètre. On s'assure, en regardant la plaque dépolie sur laquelle se projette l'image de la colonne capillaire, que les mouvements du cœur s'accompagnent bien tous de variations électriques ; on glisse alors à la place, du verre dépoli une petite chambre noire contenant une glace au collodion humide instantané. Un mouvement est imprimé à cette glace par un rouage d'horlogerie approprié. Dans les figures ci-dessus, la vitesse de translation était d'environ 3 millimètres par seconde.
Pour photographier la colonne de mercure et ses mouvements, il y a deux procédés distincts : ou bien on intercepte la lumière par l'opacité de la colonne de mercure jouant le rôle d'un écran, ou
bien on éclaire vivement la colonne sur un fond noir, et on s'en sert comme de source lumineuse. Dans le premier cas, un diaphragme à fente très-fine doit être placé de telle sorte que le mercure de la colonne capillaire, dans ses mouvements de va-et-vient, couvre et découvre des longueurs variables de celte fente ; cela demande une construction délicate. Dans le second cas, la difficulté consiste dans la faiblesse de l'éclairage; on a pour source de lumière celle que réfléchit une colonne de mercure d'environ 1/20 de millimètre. Si l'image de la colonne est grandie à raison des doubles diamètres, l'intensité lumineuse est réduite au quart.
Pour avoir le plus possible d'intensité lumineuse, il faut éclairer la colonne de mercure avec la lumière solaire concentrée par une lentille et se borner à obtenir des images de très-petite dimension recueillies sur une plaque à translation fort lente.
Peut-on ajouter une entière confiance à la forme des courbes photographiées de l'éleclromètre? Pour répondre à cette question, j'ai soumis cet appareil à des courants d'une brièveté extrême : des dérivations de courants induits d'une petite bobine. Les courants de rupture r et de clôture c se suivent à intervalles égaux et
Fig. 175. Photographie de courants induits de rupture et de clôture obtenue avec l'électromètre.
présentent des tensions de signes contraires ; enfin, les courants de rupture sont ceux qui présentent la tension la plus forte. Tout est bien conforme, jusqu'ici, à ce que l'on connaît des caractères des courants induits. Mais si l'on se reporte à la durée des phases de ces courants, on voit sur la figure, que la phase initiale de ces courants est très-brusque, c'est-à-dire que la courbe s'élève et s'abaisse verticalement, mais que la phase terminale suit une marche très-différente; le retour de la courbe à zéro, très-rapide d'abord, se ralentit ensuite déplus en plus, à mesure que diminue la force qui tend à le produire ; de sorte que la courbe ne redevient horizontale qu'au bout d'un temps fort long. Pour le cas représenté figure 175, il s'écoulait environ 3/4 de seconde avant que l'horizontalité fût atteinte; encore, à ce moment, l'appareil
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ne pouvait-il être considéré comme arrêté à zéro, mais semblait occuper une position, en quelque sorte indifférente, Lan lot en haut, tantôt en bas, suivant le sens dans lequel il venait d'être entraîné. En effet, on voit dans la figure qu'une ligne ponctuée conduite par les niveaux où le mercure s'arrête, après les courants induits de rupture, n'est jamais atteinte après les courants induits de clôture. Il semble que ce soit à la polarisation des surfaces du mercure et de l'eau acidulée que tient cette persistance de la déviation de la colonne après qu'elle a subi l'influence d'une tension électrique.
Il faut remarquer que ce n'est qu'au voisinage de zéro que cette indifférence existe, de sorte qu'elle ne trouble les indications de l'instrument qu'autant que la tension électrique de la source retombe à zéro.
Ces essais, encore très-défectueux, d'inscription de l'électricité me semblent pleins de promesses pour l'avenir. Il serait désirable de pouvoir photographier les mouvements de l'électromètre au moyen d'une source artificielle de lumière, mais jusqu'ici l'intensité lumineuse du soleil est seule suffisante quand il s'agit d'inscrire des variations rapides.
De l'intensité des courants inscrits au moyen du rhéographe électrique.
Cet instrument est un signal électro-magnétique de Deprèz auquel j'ai fait la modification suivante : entre l'armature et le fer doux est une pièce compressible, à élasticité variable, qui, s'écrasant en raison de l'intensité de l'attraction magnétique, permet au style inscripteur de faire des excursions d'une étendue plus ou moins grande. De sorte que l'intensité du courant qui traverse l'appareil se trouve traduite par l'étendue des mouvements tracés par le style.
La figure 176 montre la disposition qui m'a servi pour déterminer les variations d'intensité des courants électriques de
la torpille. ^"'S- "6. Rhéogr.iphe électrique.
Un fil de caoutchouc, réfléchi sur deux chevalets, s'étend horizontalement entre les fers doux et l'armature d'un signal électro-magnétique. Les fers doux ont été limés
(Je manière à présenter à leur somme une gouttière dans laquelle s'engagent deux demi-cylindres de métal, soudés à la partie inférieure de l'armature.
De cette façon,, le rapprochement des pièces soumises à l'attraction magnétique éprouvera des obstacles de plus en plus grands à mesure que les surfaces s'approcheront davantage l'une de l'autre. Suivons, en effet, l'armature aux différents degrés de son abaissement.
Elle rencontrera d'abord le fil élastique par la convexité des deux demi-cylindres qu'elle poiie à sa partie inférieure. A ce moment, l'extensibilité du fil sera trèsgrande; mais, à mesure que le fil s'abaissera davantage, il reposera sur des points de moins en moins écartés l'un de l'autre, il deviendra donc de moins en moins extensible. Plus bas, le fil de caoutchouc, tendu au-dessus de l'encoche faite dans les fers doux, sera moins extensible encore; plus tard, enthi, quand le lil, toujours repoussé par l'armature, aura pris la courbure des pièces qui l'é- Ireignent, il opposera à une nouvelle descente de l'armature la résistance qu'un fil de caoutchouc tendu présente à l'écrasement, résistance qui croît ellemême en raison de la déformation déjà obtenue.
La figure 177 est tracée au moyen de l'instrument ainsi modifié; une décharge prolongée de torpille a été provoquée par la piqûre du lobe électrique du cerveau. D'un bout à l'autre de cette décharge, la décroissance d'amplitude est considérable : environ de 1 à 10.
Dans la première ligne de la figure 177, on remarque des alternatives d'accrois-
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scment el de diminution de l'amplitude des flux électriques ; elles se reproduisent d'une manière régulière, à peu près toutes les neuf vibrations du style. J'ai plusieurs fois observé une périodicité de ce genre sans savoir à tjuelle cause l'attribuer.
Le rhéographe électrique, avec sa disposition actuelle, ne doit pas fournir un tracé bien fidèle des phases de chacun des flux, de leur durée et de leur forme'; il permet toutefois, dans certains cas, de constaler de frappantes analogies entre la forme d'un flux électrique et celle d'une secousse musculaire.
Inscription des quantités d'électricité.
C'est au moyen du voltamètre qu'on mesure les quantités d'électricité d'après la quantité d'eau décomposée, ce dont on juge par le volume de gaz mis en liberté. Il est plus précis de faire passer le courant à travers une solution de sulfate de cuivre, et d'estimer la quantité d'électricité qui a traversé le circuit d'après le poids du cuivre déposé sur une électrode.
Or, dans l'un et l'autre cas", il est facile d'inscrire les phases suivant lesquelles a varié le courant.
Si l'on se sert d'un voltamètre à eau, on fera en sorte que les gaz se dégagent dans un espace clos mis en communication avec un tambour à levier bien hermétique. Celui-ci inscrira les phases du dégagement gazeux, comme il inscrivait les phases de la dilatation de l'air dans les expériences de Mascart sur la mesure de la chaleur produite dans un thermomètre de Riess par différentes sources d'électricité.
Dans un voltamètre à sulfate de cuivre, le dépôt du métal se ti'aduirait par un changement de poids que l'on pourrait inscrire par l'un des procédés indiqués page 253. L'industrie recourt à l'emploi de la balance pour limiter le dépôt de métal dans l'argenture des pièces. Une balance qui trébuche quand le dépôt
1. Dans la disposition actuelle, c'est-à-dire avec l'armature comprise entre deux ressorts élastiques, il y a grand danger de vibrations quand les flux sont brefs et intenses. On diminuera cedangeren rendantaussi petites que possible les masses animées de mouvement, el surtout on réduisant à une très-faible amplitude l'étendue du déplacement de ces masses. Les tracés pourront, avec avanluge. être amiilifiés ensuite par les procédés optiques.
électrique d'argent a acquis le poids voulu, rompt le courant de la pile et arrête l'électrolyse.
Au lieu d'une balance à équilibre indiiïerent, qu'on place un de ces appareils inscripteurs qui tracent la courbe des changements de poids; cette courbe traduira par ses inflexions diverses les variations de la quantité d'électricité qui a passé, à chaque instant, par le circuit, tandis que la hauteur totale qu'elle atteindra mesurera la quantité totale d'électricité produite.