‹ La mthode graphique dans les sciences exprimentales et principalement en physiologie et en mdecineChapitre 16 sur 284 · COURBES MÉDICALES · texte numérisé non relu

COURBES MÉDICALES

montreront comment sont construites les courbes médicales, et comment elles mettent en relief certains caractères des maladies.

Dans le tableau (fig. 17), comme dans presque tous ceux qu'a publiés cet auteur, deux échelles placées à gauche de la figure servent à déterminer la signification des courbes. La colonne P

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Fig. 17. Courbes des variations de la température dans une fièvre intermittente double tierce, d'après Lorain.

correspond au chiffre du pouls, D correspond aux degrés du thermomètre centigrade. Cette dernière colonne servira seule dans l'analyse de la figure 17, qui ne présente que des courbes de températures.

Chaque jour, matin et soir, la température a été mesurée dans trois endroits différents, et ces mesures ont donné naissance aux

trois courbes superposées. La courbe formée d'une ligne pleine exprime la température de la bouche; celle qui est formée de traits correspond à la température rectale ; l'autre, formée de traits et de points, correspond à la température axillaire.

Ces trois lignes subissent des inflexions parallèles, c'est-à-dire que dans les accès où la température s'élève, son accroissement s'élèvera partout, quoique à des degrés divers. Une période singulière préside au retour des accès fébriles jusqu'au moment où, sous Faction du sulfate de quinine, les accès disparurent

A côté du type qu'on vient de voir, nousplacerons la figure 18, empruntée aussi à l'ouvrage deLorain et qui correspond à une fièvre tierce. Tandis que dans le type représenté plus liant, les trois courbes variaient dans le même sens, on remarque dans celle-ci un antagonisme entre la courbe de la température de la bouche (trait plein) et celles des températures prises dans l'aisselle et dans le rectum. Cette variation inverse des températures centrale et périphérique s'élèvera à des degrés divers dans l'état de la circulation qu'on nomme algidité ' ; il est à son maximum dans le choléra dont nous donnerons plus loin quelques exemples.

Dans cette figure, comme dans la précédente, l'action thérapeutique de la quinine se manifeste clairement. A la date du 17, le médicament fut administré, et l'accès si bien caractérisé les 11, 13 et 15 du mois a cessé de se produire.

Dans les tracés médicaux que l'on vient de voir, les observations de température ne se faisaient que deux fois par jour : le matin

1. I.a note suivante, rédigée par Lorain, montre que la construction de la courbe de la maladie a seule mis sur la voie du véritable diagnostic.

Z., âgé de dix-neuf ans, Berlinois, arrive de Rome où il a servi en qualité de soldat du pape. Il est atteint, depuis plusieurs mois, de fièvre intermittente quotidienne. Il a été réformé pour cette raison. Arrivé à Paris, il entre à l'hôpital Saint-Antoine. Il est extrêmement anémique, souffle au cœur et dans les vaisseaux du cou. La rate est grosse et déborde les fausses côtes.

La fièvre de ce malade paraît irrégulière, et nous n'en avions pas reconnu le type avant d'avoir fait la courbe de la température. L'incertitude tenait à ce que, chaque lendemain d'accès, il y a un nouveau petit accès qui est comme l'écho du précédent. Nous considérerons cette fièvre comme répondant au type quarte, mais elle n'est pas régulière, et nos ancêtres auraient cherché à caractériser ces deux accès d'inégale importance par un nom particulier. Ils en eussent fait une double quarte, parce qu'elle présente un accès deux jours de suite, puis un jour d'apyrexie, mais les accès s'enchaînent, de manière que celui du 10 décembre est semblable à ceux du 13 et du 16, et celui du 11 décembre semblable à celui du 14.

2. Voyez Marey «, Théorie physiologique du choléra. » Gazette hebdom. de méd. et de chirurg., 1865, p. 743 et 762.

COURBES MÉDICALES. 43 et le soir. Ces observations sont trop rares pour permettre une détermination moins approximative de ce qui se passait aux différents moments de la journée, et l'on peut dire avec certitude que les lignes qui joignent les points où la température a été indi-

Fig. 18. Cuurbes des variations de la temprralure dans une lièvre mtermiltcnte tierce, d'après Lorain.

quée sont fausses et que les variations brusques exprimées par ces lignes anguleuses n'existaient pas en réalité. Si incomplètes qu'elles fussent, ces figures ont montré cependant, par le retour périodique des grandes variations de la température qu'elles signalent, qu'une fièvre intermittente existait, et elles en ont révélé le type.

Il serait important de multiplier les examens du malade si l'on

voulait avoir des figures plus parfaites et caractériser plus complètement le type de la maladie représentée. En l'absence de points d'observations plus nombreux, ne peut-on tracer une courbe plus rapprochée de la vérité que celle que fournissent ces lignes anguleuses joignant entre eux les points déterminés par les observations? Le docteur Prompt a cherché à construire la courbe probable des variations du pouls et de la température en se basant sur l'observation médicale que voici. 0 existe, à l'état normal, des variations horaires de la fréquence du pouls et de l'élévation de la température animale; or, ces variations semblent se retrouver, bien qu'amplifiées à des degrés divers, chez les malades atteints d'affections fébriles. Pour déterminer la forme normale des courbes horaires de la fréquence du pouls et de la température humaine d'après de nombreuses observations, puis appliquer cette courbe normale à la construction de la courbe probable des mêmes phénomènes chez le malade, il suffit de faire passer par les chiffres observés une courbe présentant, plus ou moins amplifiées, les inflexions de la courbe normale.

Plusieurs auteurs se sont occupés de dresser la courbe des variations diurnes de la température et de la fréquence du pouls chez l'homme.

Courbes des variations horaires de la fréquence moyenne du pouls.

Ce travail entrepris par le docteur Prompt * lui a fourni la courbe représentée figure 19, dans laquelle deux maxima prin-

Midi 2 t S 8 10 Minuit 2 6 8 10 Midi

Fig. 19. Variations horaires de la fréquence du pouls, d'après les expériences du D' Prompt, faites sur lui-même.

cipaux existent dans les vingt-quatre heures : l'un de ces maxima correspond à midi, l'autre à dix heures du soir. Il semble toute-

J. p. J. Prompt. « Arcli. gén. de médecine oct. 1867.

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