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Le fusil photograpliiqu (Journ. la Nature

14 MÉTHODE GRAPHIQUE

d'animaux en mouvement. On voit (fig. 10) une mouette dont on

au microscope par une ouverture o (lig. 7) laite à la culasse du fusil, la netteté de l'image reçue sur un verre dépoli.

l'ig. 8. Disposition iiUi'i'ieure du mécanisme. (Jourii. la Nature.) Une Itoîle purte-plarjucs, de lornic circulaire, analogue a celles qui existent dans

Fig. 9. Boite i)orle-plai|iies. (Joani. la Nature.)

le commerce, me sert à loger vingt-cinq plaques sensibles, à les faire passer dans le fusil et à les en retirer sans qu'elles soient exposées à la lumière (fig. 9).

FUSIL PHOTOGRAPHIQUE

peut comparer les. douze attitudes successives pendant la durée d'une seconde. L'oiseau exécute le vol ramé; il est vu oblique-

Fig. 10. Épreuve positive d'une plaque du fusil photograpliique montrant douze images d'une mouette qui vole. Ces douze images ont été pliotographiécs en une seconde. Pour chacune des images le temps de pose a été de l/7'20 de seconde.

ment; l'observaleur est placé en arrière et un peu en dessous. Dans d'autres expériences, j'ai réussi à photographier la mouette

Avant d'appliquer cet inslnmient à l'étude du vol, je le s-oumis à certaines épreuves expérimentales, et les résultats que j'obtins furent satisfaisants.

Je disposai une flèche noire sur un axe central autour duquel elle tournait en se détachant sur un fond blanc bien éclairé par le soleil. La vitesse de rotation de la flèche était telle que ses extrémités parcouraient environ b mètres par seconde, ce qui représentait six (ours. Le tireur, placé à 10 mètres, visa le centre de la cible sur lequel on n'apercevait rien qu'une légère teinte grise générale, à cause de la vitesse de rotalion. La plaque sensible, une fois développée, montra douze images disposées circulairenient. Sur chacune d'elles la flèche se voyait, avec son ombre portée, à peu près aussi nettement que si elle eût été immobile.

Une autre fois je photographiai un pendule noir oscillant au-devant d'une règle blanche portant des divisions. Le pendule battait les secondes, et j'obtins, en effet, douze images représentant les positions successives occupées par le pendule aux différentes phases d'une oscillation complète.

Pour plus de sûreté dans la mesure des durées, j adaplai au fusil un, appareil chronographique formé d'une capsule à air qui recevait un choc à chacun des déplacement s de la plaque sensible; un tube de caoutchouc reliait cette capsule à un appareil inscripteur qui traçait sur un cylindre tournant, en même temps qu'un chronngraphe ou qu'un

MÉTHODE GRAPHIQUE

tandis qu'elle volait en plein travers. Comme l'oiseau donnait exactement trois coups d'aile par seconde, on trouvait dans les douze figures quatre attitudes successives qui se reproduisaient périodiquement. Les ailes étaient élevées dans une première image, puis elles commençaient à s'abaisser dans l'image suivante; elles étaient au plus bas de leur course dans la troisième, et dans la quatrième elles se relevaient. Une nouvelle série pareille de mouvements revenait ensuite.

En photographiant l'oiseau dans d'autres conditions, par exemple lorsqu'il s'éloigne de l'observateur ou qu'il s'en rapproche (fig. 12), lorsqu'il est vu d'en bas ou d'en haut, on obtient d'autres renseignements sur le mécanisme du vol ; ainsi, on

diapason d'un nombre de vibrations connu. De cette manière, la durée de l'impression lumineuse et l'intervalle de teimps qui séparait les images les unes des autres, étaient mesurés avec une précision satisfaisante.

En agrandissant ces figures, on obtient des images visibles à distance, mais dont la netteté laisse à désirer, car les clichés négatifs sont toujours légèrement grenus. La reproduction de ces images par rhéliogravure ne donne qu'une silhouette noire (fig. 11).

Fig. 11. Agrandissement d'une image du fusil pliotograpliiquc.

Il ne faudrait pas croire, toutefois, qu'on ne puisse jamais obtenir un certain modelé dans les images. Ce modelé s'obtient quand l'oiseau vivement éclairé passe devant un fond obscur. J'ai placé sous un microscope à faible grossissement des négatifs obtenus avec une mise au point bien exacte : sur ces images, qui représentent l'oiseau vu d'en haut, on peut aisément compter les rémiges et saisir l'imbrication de ces plumes.

Si l'on dispose des photographies d'oiseaux sur un phénakisticope, on reproduit bien l'apparence des mouvements du vol, mais les images correspondant à chaque révolution de l'aile sont encore trop peu nombreuses pour se bien prêter à l'analyse de SCS mouvements : il faudra donc en augmenter le nombre. On y peut arriver, par exemple, en doublant la vitesse du mouvement de la plaque et des obturateurs, ce que j'ai pu faire avec ce môme fusil, tout en ayant encore assez de lumière pour la production des images en silhouettes : la durée de l'éclairage de la plaque n'était alors que de 1/1 'i40 de seconde; encore l'ol'jectif employé n'était-il pas des plus rapides.

FUSIL PHOTOGRAPHIUUE.

observe aisément les changements d'inclinaison du plan de l'aile, l'inflexion des rémiges par la résistance de l'air, les mouvements par lesquels l'aile se porte en avant pendant son abaissement, en arrière pendant son élévation.

J'ai comparé, à cet égard, les renseignements donnés par la photographie à ceux que m'avait autrefois donnés la méthode graphique, et j'ai obtenu ainsi la confirmation des points principaux que je croyais avoir établis par la première de ces méthodes. Il ne paraît pas douteux que les images photographiques n'ajoutent beaucoup de connaissances nouvelles à celles que nous avons sur le mécanisme du vol.

La figure 13 représente une série de silhouettes d'oiseaux et de chauves-souris* dans les ditîérentes attitudes du vol.

Le fusil photographique se prête plus facilement encore à l'analyse des mouvements beaucoup moins rapides de la locomotion terrestre. On voit (fig. 14) un cheval traînant une voiture; la photographie a été prise d'une distance de 150 mètres; le temps de pose était 1/720 de seconde.

Il est difficile de dépasser le nombre de dix à quinze images par seconde au moyen d'appareils dans lesquels une plaque doit se déplacer et s'arrêter tour à tour pour être impressionnée en des points différents de sa circonférence; j'ai quelquefois doublé cette vitesse, mais alors l'appareil entre en vibration et la netteté des images peut être compromise.

M. Janssen a proposé de recueillir les images sur une plaque animée d'une rotation continue ^ Il est certain que, si l'on fait les temps d'éclairage assez courts, on rendra négligeable le dépla-

1. La chauve-souris est difficile à photographier, à cause de sou vol capricieux, de sa petite taille et de l'heure tardive à laquelle elle se nionlre. Mes meilleures plaques ne m'ont donné que cinq ou six images sur les douze changements de position de la plaque photographique; encore ces images étaient-elies parfois sur la limite du champ éclairé de l'instrument.

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