‹ La mthode graphique dans les sciences exprimentales et principalement en physiologie et en mdecineChapitre 63 sur 284 · SUCCESSION ET SYNCHRONISME · texte numérisé non relu

SUCCESSION ET SYNCHRONISME

avons mesuré l'intervalle qui sépare la systole des oreillettes de celle des ventricules du cœur, ainsi que la coïncidence parfaite de la systole ventriculaire avec la pulsation cardiaque. On mesure de la même manière les intervalles qui séparent les moments d'apparition du pouls dans les difl'érentes artères d'un homme ou d'un animal.

Dans ces expériences, les tracés obtenus faisaient plus que signaler l'instant d'apparition des différents phénomènes observés. Ces tracés renfermaient des renseignements d'un autre ordre, relatifs à l'énergie et aux phases diverses du mouvement de chaque cavité du cœur; aussi reviendrons-nous sur ces expériences, à propos de l'étude des mouvements proprement dits

La succession des appuis et levés des pieds, dans la marche de l'homme et surtout dans les allures si variées des quadrupèdes, était difficile à déterminer par l'observation directe. Les auteurs qui avaient étudié cette question s'étaient servis parfois de signaux acoustiques, renonçant à juger au moyen de la vue cette rapide succession de mouvements. J'ai obtenu très-simplement la solution de ce problème. Deux styles inscripteurs pour l'homme, quatre pour les quadrupèdes, traçaient, sur un cylindre enfumé, chacun les mouvements d'un pied, c'est-à-dire l'instant où le pied frappe le- sol et celui où il se soulève. Les signaux étaient transmis par l'air et le retard de la transmission avait été égalisé par le soin qu'on avait pris d'employer, pour les quatre pieds, des tubes de transmission de même longueur. Pour signaler l'instant de son appui, chaque pied écrasait une petite poche contenue dans une semelle de caoutchouc (fig. 71). qui envoyait de l'air dans les tambours inscripteurs ; le levé du pied était suivi d'une rentrée de l'air dans la boule, ce qui produisait un nouveau signal. On voit (fig. 72j un homme muni de chaussures qui, à chaque appui du pied, envoient de l'air dans le tambour inscripteur. Lé coureur

1. L'emploi des signaux à air présente, dans certains cas, une supériorité marquée sur celui des signaux électriques; c'est lorsqu'il s'agit d'inscrire un acte dont le début serait trop faible pour mettre en mouvement un interrupteur électrique; ce dernier risquerait, en effet, de n'agir qu'au moment où le mouvement dont il doit marquer le début aurait acquis une énergie suffisante pour rompre un courant de pile. Cela pourrait donc amener un retard du signal sur le début réel du mouvement; je m'en suis aperçu, bien des fois, dans les premières tentatives que j'ai faites pour étudier avec des appareils électriques la succession des mouvements du cœur.

lient à la main l'appareil à cylindre sur lequel s'inscrivent les appuis de chacun de ses pieds.

alternaient entre eux, comme les mouvements des pieds euxmêmes (fig. 73).

RHYTHMES DE LA MARCHE. 157 J'ai cru donner à ces figures une forme plus saisissante en] les transformant (fig. 74) en une sorte de notation musicale dans laquelle on aurait réduit la portée à deux lignes. Les appuis du pied droit s'inscrivent en blanc sur la ligne inférieure; ceux du pied gauche, situés plus haut, portent des hachures obliques. Dans

[Fig. 73. Courbes des appuis des pieds sur le sol : les parties élevées correspondent aux durées des appuis; D, pied droit; G, pied gauche.

l'allure marchée M, les appuis des pieds se succèdent sans intervalle, ce qui exprime que le corps pose constamment sur le sol, soutenu, tantôt par un pied, tantôt par l'autre.

Les expériences sur la course ont donné des tracés dont la nolalion C (fig. 74) est différente de celle de la marche : les si-

Fig. 74. Notation des durées des appuis de chaque pied : le droit est en blanc, le gauche teinté de hachures; M, notation de la marche; C, notation de la course.

gnaux des appuis et levés du pied présentent cette particularité, qu'entre les appuis successifs des deux pieds le corps reste un instant suspendu en l'air. Cette distinction des allures marchées et des allures sautées est très-importante et se retrouve chez la plupart des espèces animales. Dans l'acte de monter un escalier, on observe au contraire un empiétement ou chevauchement des appuis l'un sur l'autre, ce qui tient à ce que le pied antérieur est déjà posé sur la marche à monter, quand l'autre pied appuie énergiquement sur la marche précédente pour soulever le poids du corps *. L'acte de monter une rampe très-raide.

Page 1