Voyez, pour plus de détails, la Machine animale, p
2. Si j'avais à reprendre aujourd'hui des expériences de ce genre, je renoncerais à l'emploi des signaux à air, pour adopter les signaux électriques légers comme ceux de Marcel Deprez. De minces fils conducteurs s'aménageraient mieux le long des jambes de l'animal que les tubes de caoutchouc, et il serait plus facile, je crois, d'adapter sous le sabot un appareil qui ferme et ouvre un courant électrique pendant les appuis et levés du pied, que d'appliquer les appareils chargés de fournir les signaux à air. En outre, comme la notation est le but véritable de ces expériences, on pourrait l'obtenir direc-
DÉTERMINATION DES FRÉQUENCES.
Détermination de la fréquence d'actes successifs.
On a vu comment Eytelwein a déterminé, le premier, la fréquence des coups d'un bélier hydraulique. La même mélhode s'applique à toute espèce de phénomènes, et la précision qu'on peut atteindre dans ce genre de déterminations n'a pour ainsi dire point de limite. Tout dépend de l'approximation avec laquelle on évalue, en temps, la valeur des intervalles qui séparent les signaux enregistrés.
Pour revenir aux exemples précédents, supposons que chaque pas soit signalé sur un cylindre à rotation rapide, à côté du tracé d'un chronographe; la durée d'un pas se déduira du nombre des vibrations auxquelles il correspond. La fréquence des pas s'estimera d'après la durée de chacun.
On mesurera de la même manière le nombre des pulsations du cœur ou des mouvements respiratoires qui s'accomplissent en un temps donné. Cette estimation des fréquences pourra s'appliquer à des phénomènes extrêmement rapides. Ainsi, on mesure graphiquement le nombre des vibrations d'un diapason quelconque, en le munissant d'un style et en le faisant écrire à côté d'un chronographe ou d'un signal des secondes, ou bien à côté d'un autre diapason dont le nombre de vibrations est connu.
l'ai déterminé graphiquement la fréquence des battements d'ailes de différents insectes, en faisant tracer leurs ailes à côté d'un diapason chronographe'. Prenons (fig. 78) une ouverture de compas égale à 25 vibrations du chronographe, ce qui correspond à 1/10 de seconde, et portons cette ouverture sur le tracé des coups d'aile, nous voyons que 6 coups d'aile y sont contenus, d'où il suit que l'aile de la guêpe battait 60 fois par seconde.
Le Rosapelly a fait, dans mon laboratoire, des expériences
tement avec la disposition suivante : les tracés des signaux électriques seraient disposés sur deux séries de lignes parallèles, comme celles qui constituent la portée dans la notation des allures. Chacun d'eux, terminé par un style à large bec comme une plume rognée, tracerait les signaux en venant frotter sur le papier au moment de l'appui'dii pied, et s'éloignerait du papier à l'instant du levé. Enfin, la forme des styles donnerait des tracés différents pour le pied droit et pour le pied gauche. La notation d'une allure serait ainsi obtenue directement dans des conditions très-simples et plus précises encore que dans mes premières expériences. 1. Voyez la Mac/ime anima/e, p. 187.
Jans lesquelles il a inscrit directement les vibrations du larynx, au moyen de signaux électriques. On peut évaluer, d'après les tra-
Fig. 78. Mouvements de l'aile d'une guêpe, inscrits à cùlé du tracé d'un diapason chronograplu' de 2âO V. D.
cés (fig. 79), la tonalité de la note chantée et apprécier la justesse du son émis. Ces expériences ont été décrites dans un mémoire spécial'.
La mesure des fréquences de certains actes permet d'obtenir indirectement des notions plus compliquées, telles que des mesures
Fig-. 79. Vibrations du larynx, inscrites avec le signal de M. Deprez.
de changements de volume ou de changements de vitesse. Quand une glande sécrète, si l'on recueillait goutte à goutte le produit de sa sécrétion et si la chute de chaque goutte était pointée sur un cylindre, la fréquence plus ou moins grande des signaux exprimerait le rapidité de la sécrétion.
La figure 80 représente un appareil fort simple qui inscrit ainsi la vitesse d'une sécrétion : soient deux tubes par lesquels se déverse le liquide sécrété par les deux glandes dont on veut comparer la fonction (rein, parotides) ; le liquide tombe goutte à goutte par les tubes : l'un versant le produit de la glande de droite, l'au-