ACCROISSEMENT DES VÉGÉTAUX
traction agissait sur un style écrivanl ^ L'appareil, après avoir fonctionné deux jours et deux nuits consécutives, donna le tracé (fig. 92). On remarque, au premier abord, que l'accroissement de l'arbre avait son maximum entre midi et minuit. La période du tracé qui répond à la matinée est sensiblement horizontale, pendant une grande partie de son étendue. J'ai pu me convaincre que les variations de températures n'influaient pas d'une manière sensible sur la longueur du fil et par conséquent sur la forme du tracé. Enfin, pour me mettre à l'abri des influences hygromé-
Fig. 92. Courbe do l'accroissement d'une tige de Paulownia, aux différentes heures du jour et de la nuit.
triques, j'ai employé un fil de métal pour transmettre la traction de l'arbre au style.
D'autres expériences, faites sur la même plante, m'ont donné des résultats concordants. Je regrette de n'avoir pu jusqu'ici opérer sur plusieurs espèces végétales, en variant les conditions hygrométriques et la température; en plongeant la plante dans la lumière et dans l'obscurité ; en la plaçant dans des atmosphères de différentes compositions; enfin, en faisant agir sur elle des faisceaux lumineux diversement colorés. Il y a là, sans doute, un vaste champ à explorer pour la physiologie végétale, et si j'indique, dès aujourd'hui, les résultats encore informes que m'ont donnés ces expériences, c'est avec l'espoir de voir ces recherches reprises
1. La disposition de l'appareil était un peu différente de celle qui consiste à agir sur un curseur roulant sur des rails; c'est à ce dernier appareil que je recours aujourd'hui dans mes expériences.
par d'autres physiologistes plus préparés que moi à les poursuivre
Sloyens de réduire les mouvements qui sont trop étendus pour pouvoir être inscrits avec leurs dimensions réelles.
La longueur des cylindres dont on se sert pour inscrire les tracés est ordinairement de 25 à 30 centimètres; quand le mouvement qu'on étudie n'excède pas ces dimensions, on peut, comme dans les expériences qui précèdent, l'inscrire directement, de façon qu'un centimètre de longueur, mesuré sur le papier parallèlement
l'axe des ordonnées, exprime un centimètre de chemin parcouru. Mais s'il s'agit de mouvements très-étendus, il faut les réduire dans des proportions connues : au 10% au 100% au 1000% etc., suivant le besoin. On règle, en même temps, la vitesse de rotation du cylindre, pour que le tracé présente la clarté convenable.
La réduction du mouvement se fait au moyen de poulies ou d'engrenages agissant comme dans les compteurs, c'est-à-dire de façon que, dans la série des rouages, un pignon d'un certain nombre de dents agisse sur une roue dont les dents soient 10 fois plus nombreuses. Dans ces conditions, pendant que le premier mobile fait 1000 tours, le second n'en fait que 100 ; le troisième, 10; le quatrième, 1 ; le cinquième, l/lO" de tour seulement, et ainsi de suite.
Tous ces mobiles, saillants à l'extérieur du rouage, peuvent recevoir des poulies à gorge. Une corde enroulée sur l'une des poulies transmet au rouage le mouvement qu'il s'agit de réduire. Un fil enroulé dans la gorge d'une autre poulie transmet au style inscripteur le mouvement convenablement réduit. Il y a encore d'autres moyens de réduire l'étendue d'un mouvement. (Voir Technique, chap. m.)
Gomme exemple d'inscription de mouvements réduits, je citerai des expériences faites sur la locomotion humaine, et dans lesquelles il s'agissait d'inscrire les mouvements du pied, lorsqu'il quitte le soi pour aller prendre un nouvel appui.
li On trouve dans Sachs, Physiologie végétale, des expériences analogues faites au tnoyen d'un simple levier amplificateur de mouvementi Cette disposition que j'avais employée d'abord m'a paru défectueuse, attendu que l'arc de cercle tracé par la pointe écrivanté déforme trop le mouvement.