‹ La multiple splendeur, poèmesChapitre 12 sur 22 · LA CONQUETE · texte numérisé non relu

LA CONQUETE

A travers le sauvage ou torpide océan ! 0 ces forêts à fond de cale, ô ces carrières Que transportent le dos ployé des lourds wagons Et ces marbres dorés plus beaux que des lumières Et ces minéraux froids plus clairs que des poisons, Amas bariolé de dépouilles massives Venu du Cap, de Sakhaline ou de Ceylan, Autour de quoi s'ag-ite en rages convulsives Tout le combat de Tor torride et virulent !

0 l'or ! sang de la force implacable et moderne ; L'or merveilleux, l'or efifarant, l'or criminel. L'or des trônes, l'or des ghettos, l'or des autels; L'or souterrain dont les banques sont les cavernes Et qui rêve, en leurs flancs, avant de s'en aller, Sur la mer qu'il traverse ou sur la terre qu'il foule, Nourrir ou affamer, grandir ou ravaler, Le cœur myriadaire et rouge de la foule.

Jadis l'or était pur et se vouait aux dieux.

Il était l'âme en feu dont fermentait leur foudre.

Quandieurstemplessorlaient blancs et nus de lapoudn

Il en ornait le faîte et reflétait les cieux.

Aux temps des héros blonds, il se fit légendaire ;

Sigfried, tu vins à lui dans le couchant marin,

Et tes yeux regardaient son bloc auréolaire,

Luire, comme un soleil, sous les flots verts du Rhin.

Mais aujourd'hui l'or vit et respire dans l'homme.

Il est sa foi tenace et son dur axiome,

Il rôde, éclair livide, autour de sa folie;

Il entame son cœur, il pourrit sa bonté ;

Il met sa taie aux yeux divins de sa beauté ;

Quand la brusque débâcle aux ruines s'allie.

L'or bouleverse et ravage, telle la guerre,

Le formidable espoir des cités de la terre.

Pourtant c'est grâce à lui

Que l'homme, un jour, a redressé la tôte

Pour que l'immensité soit sa conquête.

f ) l'éblouissement à travers les esprits ! Les métaux conducteurs de rapides paroles.

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