IV. — PÉRIODE DE GESTATION
Au cours de cette période, la muqueuse utérine a pour rôle de servir: de support aux annexes fœtales qui s’y engrènent par les villosités de l’allanto-chorion. Elle permet les échanges particulièrement actifs entre la mère et le fœtus. Aussi subit-elle de profondes modifications dans sa structure pour assurer ces nouvelles fonctions.
1) L'épithélium ne peut être considéré en bloc, car 1l n'a pas partout la même allure et nous distinguerons :
a) L'épithélium utérin qui limite la lacune embryotrophique, lequel est parfaitement continu, simple et cubique, et dont les cellules sont toujours plus basses que celles de l’épithélium choria! situé vis-à-vis. Il recouvre une cloison ou septum conjonctif qui sépare deux massifs villeux voisins appartenant à la zone d’engrènement. Il est en continuité avec l’épithélium des glandes utérines qui débouchent uniquement à son niveau par un orifice en entonnoir. Sur les faces latérales des septa conjonctifs, cet épithélium s'aplatit et vient s’infléchir sur le pied des buissons villeux voisins où il se continue sans interruption avec l'épithélium utérin des renfoncements diverticulés de la muqueuse où se fait l'engrènement des villosités choriales.
b) L'épithélium de ces renfoncements muqueux qui se divise en deux zones nettements distinctes. L'une, qui est la zone d’engrènement vrai, n'occupe que les quatre cinquièmes du renfoncement et, à ce niveau, l'épithélium est extrêmement bas et aplati, mais parfaitement continu, recouvrant les septula conjonctifs. L'autre, qui est la zone infundibulaire pure que n'atteint pas la pointe des villosités choriales, n'est formée que par le fond des invaginations tubulaires de la paroi du renforcement muqueux que séparent les septula conjonctifs. Cette région semble bien avoir une signification spéciale,
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si nous considérons qu'à son niveau l'épithélium utérin est formé de cellules cubiques ou cylindriques à gros noyaux vésiculeux, à cytoplasme clair, et que la lumière des infundibula contient un magma formé de débris granuleux acidophiles.
2) Le chorion est formé d'un tissu conjonctif lâche, d’allure myxoiïde, pauvre en fibres élastiques, creusé de larges fentes Iymphatiques et parcouru par des vaisseaux dilatés remplis d’hématies maternelles. Ces capillaires maternels sont toujours plus étroits que ceux du fœtus et sont au contact de la basale de l'épithélium, mais ils ne font jamais hernie à l’intérieur de cet épithélium.
3) La zone glandulaire de la muqueuse comporte de nombreux tubes rectilignes ou à peine contournés, formés de cellules cylindriques faiblement mucipares et qui ne paraissent pas manifester d’activité sécrétoire importante. En effet, les noyaux arrondis, riches en chromatine, occupent le tiers basal de la cellule, et la lumière glandulaire ne contient exceptionnellement qu un peu de mucus. D'autre part, ces glandes utérines sécrètent le contenu de la lacune embryotrophique qui constitue le lait utérin formé par un magma granuleux assez homogène, beaucoup moins abondant dans les derniers mois qu'aux premiers mois de la gestation.
Aussitôt après le part, la muqueuse utérine est mince. Son épithélium est à cellules basses, cylindriques, ciliées ou non ciliées. Son chorion est encore formé d’un tissu conjonctif lâche, mais les lacunes lymphatiques semblent régresser et les capillaires sanguins toujours très nombreux sont de volume plus réduit. Nous notons une infiltration lymphocytaire importante. Ses glandes sont peu nombreuses, rectilignes, peu circonvolutionnées. En quelques endroits, nous voyons des vestiges de lobules glandulaires.