‹ La muse au cabaretChapitre 3 sur 139 · SAINT VINCENT · texte numérisé non relu

SAINT VINCENT

Sois favorable au bon vigneron qui t'implore. Avec l'aide de Dieu, réserve à ses pressoirs Un vin prestigieux, rose comme l'aurore, Un vin en or, ou bien encore Couleur de la pourpre des soirs I

Ne le destine pas aux seuls bourgeois notables, Surtout, grand saint Vincent ! prince des sommeliers! Ils vont le mélangeant à des eaux impotables.

C'est plutôt sur les gueuses tables

Que sont tes autels familiers!

Ici, s'arrêtera, si tu veux, mon ramage.

Les mots dont je me sers n'ont pas assez d'accent.

Je crois que prosterné devant ta sainte image,

Je te rendrai plus bel hommage.

En buvant du vin, ô Vincent!

Il fait luire parfois, en l'obscure matière,

Qui me sert de cerveau, quelques joyeux couplets.

Ainsi l'on voit — dit-on — dans un vieux cimetière,

Ou sur une sombre tourbière,

Danser de légers feux-follets.

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