‹ La muse au cabaretChapitre 93 sur 139 · LES FABLES DE LA FONTAINE · texte numérisé non relu

LES FABLES DE LA FONTAINE

C'est les (( Fables de La Fontaine »

Que, dans sa triste turlutaine, Certain seigneur grammairien Mit en bon français — c'est-à-dire Son français à lui... Pauvre sirel Comme vous voyez, c'est un rien.

Autant dire que ce puriste Enlève à notre fabuliste Tout son charme primesautier, Son esprit, sa clarté, sa grâce, Et ce qu'il nous met à la place, Est bien fait pour stupéfier !

Imaginez, en quelque sorte, L'aigle revu par le cloporte... Hugo réduit par Campistron...

— Encore croyez que je gaze — Ou bien, si vous voulez, Pégase Déplumé par Aliboron.

Mais, puisque ledit gentilhomme À lu les fables du Bonhomme, Afin de les remettre à neuf, Que n'a-t-il pris, la pauvre andouille!

Pour lui, celle de la grenouille Qui tâche à s'égaler au bœuf?...

Hélas! le cas n'est pas unique Chez nous, de ce baron cynique; Et l'on ne saurait dénombrer Tous les contempteurs de la Lyre, Dont beaucoup ne savent pas lire.

Mieux vaut en rire qu'en pleurer.

Censeurs que le Génie énerver Exerçant leur sombre minerve Sur des chefs d'œuvre indiscutés, Pour, avec leur loupe risible, Y trouver une erreur possible, Sans s'attarder à leurs beautés,

Ah! plaignons ceux dont la manie Est de reviser le génie, Et qui n'ont pas d'autre souci.

Et, sans insister davantage, Moquons-nous de leur radotage.

Autant grêler sur le persil.

Ces terribles raseurs du Temple Font l'effet de gens — par exemple Qui n'auraient d'autre opinion Sur le paon, malgré son plumage, Que celle-ci — de son ramage, C'est un oiseau qui dit : « Léon ».

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