MERARD DE SAINT-JUST
Le passe-partout
Un plat bourgeois avait fille charmante,
Que les galants courtisaient de fort près ;
Tant et si bien, qu'un d'eux eut le succèa
Qu'il désirait. Si Lise fut contente,
Je n'en crois rien ; car au bout de six mois
Il y parut : Aux yeux de qui ? Du père.
Il n'en fut pas seulement en colère :
Armant sa main d'un tricot à plein bois,
n vient sur elle, et, furieux, l'étrille,
A l'assommer. Vite, aux cris de la nlle,
La mère accourt, veut savoir la raison
Qu'a son mari, pour de telle façon
Battre sa Lise. « Oui, je devrais m'en prendre...
M'en prendre à vous, dit-il," car, en effet,
A son honneur. Lise n'eut point forfait.
Si plus soigneuse à veiller, à défendre
Son innocence... Avec elle il fallait
Etre toujours et ne point condescendre
A ses désirs. Certes, sur notre front
Elle n'eut point imprimé cet affront.
— Oh ! oh ! reprit la femme un peu gaillarde.
Mon cher ami, difficile est la garde
D*une serrure, où toutes les clefs vont ! »