‹ La muse gauloiseChapitre 43 sur 60 · MERARD DE SAINT-JUST · texte numérisé non relu

MERARD DE SAINT-JUST

Le passe-partout

Un plat bourgeois avait fille charmante,

Que les galants courtisaient de fort près ;

Tant et si bien, qu'un d'eux eut le succèa

Qu'il désirait. Si Lise fut contente,

Je n'en crois rien ; car au bout de six mois

Il y parut : Aux yeux de qui ? Du père.

Il n'en fut pas seulement en colère :

Armant sa main d'un tricot à plein bois,

n vient sur elle, et, furieux, l'étrille,

A l'assommer. Vite, aux cris de la nlle,

La mère accourt, veut savoir la raison

Qu'a son mari, pour de telle façon

Battre sa Lise. « Oui, je devrais m'en prendre...

M'en prendre à vous, dit-il," car, en effet,

A son honneur. Lise n'eut point forfait.

Si plus soigneuse à veiller, à défendre

Son innocence... Avec elle il fallait

Etre toujours et ne point condescendre

A ses désirs. Certes, sur notre front

Elle n'eut point imprimé cet affront.

— Oh ! oh ! reprit la femme un peu gaillarde.

Mon cher ami, difficile est la garde

D*une serrure, où toutes les clefs vont ! »

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