PREFACE. XVII
de M. Achard dans le domaine de la publicité. Si je ne dois réclamer pour moi le moindre mérite de découverte, je regarde comme une bonne fortune l'avantage de les mettre au jour.
Un dernier mot encore, et sur un sujet triste. C'est par là que se terminera cette préface, comme se terminent tant de choses dans la vie. Les articles contenus dans ce recueil embrassant une durée de vingtcinq ans au moins*, celui qui les a écrits a dû voir disparaître de la scène du monde bien des personnes dont il avait eu l'occasion de mentionner les noms et les œuvres. Il en est même dont j'ai parlé de leur vivant et dont j'ai dû reparler après leur mort. Il faut ranger, parmi les premiers, Chrétien Urhan, Bottée de Toulmon , Silvestre , maître de chapelle de la métropole d'Aix, en Provence, le prince delà Moskowa, Gordigiani, et mon regrettable ami et collaborateur, L. Niedermeyer, avec qui j'ai partagé la rédaction et la publication du Traité théorique et pratique de r accompagneynent du plain-chant (un vol. in-8°, Paris, Repos, 1857), et fondé le journal la Maîtrise. Comptons, parmi les seconds, Choron, Castil- Blaze, Boély, le père Lambillotte, et enfin le vénérable
* J'ai cru devoir, dans les comptes rendus de certaines œuvres d'art, conserver le jugement sur l'exécution et la mention des exécutants. Le bibliophile musical futur ( je ne parle pas du publicy ne sera peut-être pas fâché de savoir les noms des artistes qui ont concouru à l'exécution du Stabat de Rossini, de l'Enfance du Christ de M. Berlioz, de telle messe de M. Benoist ou de M. Gounod.
XVIIl PRÉFACE.
et infortuné archevêque, Mgr Sibour, que nous avons vu si fermement décidé à mener à bonne fin l'œuvre de la réformation de la musique dite sacrée, d'après les prescriptions des conciles et la tradition constante de l'Église. •
Cet ouvrage s'adresse à tous ceux qui, par goût ou par profession , s'intéressent à la dignité du culte catholique, à la restauration et à la bonne exécution du chant grégorien, comme à l'emploi d'un style convenable dans la musique religieuse. Il s'adresse donc aux membres du clergé, aux organistes, aux maîtres de chapelle, et aux hommes du monde; car, ainsi que je l'ai dit bien des fois , les gens du monde sont généralement meilleurs appréciateurs que les hommes du clergé des caractères de l'art religieux, parce qu'ils savent mieux discerner les vrais caractères de l'art mondain. Je livre ce recueil aux réflexions des uns et des autres.
Je prie seulement les gens du monde de ne pas perdre de vue que c'est un catholique qui parle, et les ecclésiastiques de ne pas oublier que c'est un laïque qui écrit.
Du grand sêaiiuaire de Beauvais, Samedi, ^0 juillet 1861.