‹ La musique arabeChapitre 7 sur 14 · EURE · texte numérisé non relu

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« voluptueux, bachique et enivrant ». ROM ? : - * TN:

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À m'entendre déplorer l'absence de toute notation de musique 54 arabe, vous n’avez pas manqué de vous inquiéter à la pensée que je. en. ‘ne pourrais vous présenter ici que des conjectures sans fondement TX et que si je vous fais entendre nos aimables virtuoses indigènes, i qu me sera impossible de situer leurs mélodies dans le temps et de Jeur ea à * attribuer une valeur historique. A ee a J'ai hâte de vous rassurer. ME Vous savez tous avec quelle admirable persistance les traditions se. se conservent chez les musulmans d’un siècle à l’autre, de génération . en génération. Cette persistance, vous l’avez constatée dans les. 5e croyances religieuses, dans les systèmes philosophiques, dans les Fu mœurs to 1 dans la langue, dans les contes et légendes popu- K | laires. Vous l’avez aussi trouvée permanente et vivace dans les pro ductions Res dans le sentiment du décor, et vous sine ;

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sans doute qu’il y a similitude de mentalité et de conception entre É. * ciseleur de nakch-hadida modernes, entre le damasquineur, le re- $ pousseur de cuivre, le brodeur sur cuir, le regham qui compose un - tapis, entre ces représentants — mêmes dégénérés — des arts musul- : mans modernes et les décorateurs des note du Caire, de la tombe dé : Karafah, de la Salle des deux sœurs, du Cabinet de us de la ë Salle de Abencerages à Grenade, du Palais de la Ziza en Sicile, du ji Tadj Mahal d ’Agra aux Indes, de Sidi bou Médine à Tlemcen. Ce triomphe de la tradition sur le temps destructeur et niveleur nous permet aujourd’hui de retrouver dans le peuple arabe des monuments musicaux assez anciens et de formes assez ou pour qu’elles méritent de retenir notre attention. ÿ C'est grâce à la tradition, à la transmission aux générations successives des mélodies arabes, que nous sont parvenues un grand nombre d’entre elles ; ce que n’a pas fait l'artifice de l'écriture, c’est la fidélité — poussée jusqu'au fanatisme — du peuple arabe pour son art musical qui l’a réalisé. De siècle en siècle, les musiciens se sont transmis leur répertoire comme ils se transmettaient pieusement le texte de leurs poésies, de leurs légendes, de leurs prières ; etde même que si, dans un cataclysme universel, tous les exemplaires du Coran venaient à disparaître, nous retrouverions toutes les parties du livre sacré dans la mémoire des personnages pieux qui le possèdent depuis alif jusqu’à ya, de même, la musique n'ayant pas été écrite, nous la retrouvons dans la mémoire prodigieuse des musiciens Mines qui ont conservé religieusement ce . précieux LAC AS héritage de leurs aïeux. ie

C'est grâce à cette permanence de la tradition que nous pourrons, ce soir, avec beaucoup d'imagination, nous croire revenus un moment aux belles fêtes de Bagdad et de Damas, ou à la cour des Kalifes de Grenade, enæntendant nos chanteurs arabes ou nos gracieuses messemañt, héritières du talent musical de Djemilé, d’Azzat el Meïla et de Bed, les illustres et charmantes cigales de Médine.

Ici les messemaât, chanteuses mauresques, chantent la. zendani populaire Tmenit ouana sur le mode remel maïa (voir page 37}. Les paroles disent : « Je voudrais être tes amulettes — qui reposent toujours sur ton sein — Quand seras-tu mienne ? — quand baiserai-je ta petite bouche ? »

J'ajouterai cependant qu’une identification rigoureuse, absolue, des mélodies de nos Arabes modernes à celles de leurs prédécesseurs de VITTe IXe et Xe siècle serait une hypothèse un peu audacieuse.

Mais vous me permettrez bien de comparer les spécimens de cette musique à un chapiteau de colonne romaine, à des fragments d’architecture ou de scalpture trouvés dans les fouilles de nos savants archéologues. L'œuvre du temps en a émoussé les saillies principales ; la statue a perdu ses bras ; la tête n’a plus de nez; le monument ne révèle plus que ses lignes d'ensemble. Ces fragments à les considérer isolément sont informes et ne signifient presque rien. Cependant nous leur appliquons les lois connues de l’architecture et de la sculpture romaines ; par des calculs rigoureux, des comparaisons faciles, des assemblages de documents isolés, des synthèses de détails épars nous reconstituons les parties absentes ; le chapiteau ou le fût nous conduit à la colonne, la colonne au péristyle, le péristyle au temple.

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Ilenest de même en paléontologie où une vertébre, une empreinte, un fragment de squelette permettent à la science de faire revivre sous nos yeux des formes à jamais disparues.

Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit de même en musique, car nous

- connaissons les théories des musiciens arabes à partir du IXe siècle et nous pouvons les appliquer à la musique parvenue jusqu à nouset nous assurer qu’elles la régissent encore. Nous pouvons aussi re chercher si la musique arabe à des caractères communs, tou |

jours apparents, avec ce que nous savons de l'esthétique des autres arts musulmans. Nous pouvons écouter les traditions arabes qui distinguent de nos jours la musique dite de Grenade on musique andalouse de la musique des Turcs, de la musique berbère et même de lamusique aadjami dont cette épithète rappelle l’origine persane ; comme nous pouvons remarquer que les noms de ele ele | et Cordoue reviennent souvent dans les textes et corroborent notre hypothèse.

J'invoquerai en faveur de ma thèse Get autre fait deb onte que . la musique arabe n’a pas évolué depuis le XIIe siècle et qu’elle nous est parvenue dans les mélodies de nos chanteurs modernes avec ses modes anciens originaires de l'Arabie, de la Perse et de l'Esvpte, avec ses formes systématiques bien Dire nliétes et bien caractéris- Le

- tiques. À un moment donné qui né dépasse pas la grande époque

des Maures d’Espagne, elle s’est repliée sur elle-même et, de même qu'elle s’était tenue en dehors de toute imprégnation de la musique ; occidentale, de même à partir de cette époque et à travers toutes les vicissitudes du peuple arabe, elle est restée identique à elle |

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