SCÈNE VI
Ulisses, Circé, choeur des statues.
Circé, qui voit l'esprit d'Ulisses peu disposé à luy complaire, pour sa mélancolie causée par la disgrâce de ses compagnons, le prend par ses intérests, et affin de luy donner plus aisément de Tamour, lui oste la tristesse, accordant, à sa prière, la restitution de leur première forme, dont il paroist incontinent un merveilleux effect en leur souplesse à danger un balet.
LE BALET
L'AFRIQUE; TROisiESME PAniiE.
PREMIÈRE ENTRÉE
L'Espérance, qui fait prophétiser aux hommes les choses qu'*ils désirent le plus, enseigne à une trouppe d'Égipliens et d'Égiptiennes, diseurs de bonne advanture, les suittes favorarables du mariage du Roy, ainsi qu'elle les a aprises de la déesse Pallas, qui la représente comme estant fille des pensées de Jupiter, lesquelles ne sont capables d'aucune erreur ny mensonge.
SECONDE ENTRÉE
Prométhée, pour s'approprier tout-à-fait le feu qu'il a ravy du ciel, ne veut faire qu'une mesme chose avec luy, en cédant pourtant la divinité aux yeux de la Reyne, et renonçant pour jamais à la proffession qu'il faisoit d'exercer ses brigandages sur les eaux avec les pirates de Mauritanie, pour s'attacher désormais au service de leurs Majestez et des dames.
TROISIESME ENTRÉE
L'esté, représenté par le Soleil, n'estime plus l'honneur ni la richesse de ses moissons, en comparaison des biens que cest
auguste mariage doibt produire au monde, et les Éthiopiens, chez lesquels elle est continuellement, viennent, soubs la conduire de cest astre, offrir toutte la fécondité de leur royaulme, nonobstant quoy ils appréhendent de n'esire pas bien reçeus des dames, à cause de leur difformité.
LA COMÉDIE; acte troisiesme.