‹ La musique aux Pays-Bas avant le XIX ̊siècle. Documents inédits et annotés. Compositeurs, virtuoses, théoriciens, luthiers; opéras, motets, airs nationaux, académies, maîtrises, livres, portraits, etc.; avec planches de musique et table alphabétiqueChapitre 36 sur 60 · I. Andante en fa · texte numérisé non relu

I. Andante en fa

Allegro en /a, 2/4.

IL Allegro en ré^ 2/4.

Menuetto en ré, 3/4. -» Trio en 90i, 3/4. Rondeau en r^, 2/4.

ni. Allegro en ui, G.

Tempo di minuetto, en ut 3/4.

L'auteur déploie ici toute la virtuosité dont il dispose, sans oublier la cadence vers la fin de l'allégro précité. Évidemment, les applaudissements quand même du public le préoccupent avant tout. Les difficultés paraîtraient puériles aujourd'hui ! Ajoutons que le doigté est bien observé et facilite l'exécution. Gela est d'un praticien consommé. N'oublions pas de signaler à l'attention du lecteur les dédicaces de l'auteur aux personnes de grande famille; elles contiennent des renseignements précieux pour sa biographie. On peut conjecturer, en effet, que Staes aura été admis, à titre de professeur ou d'exécutant, dans la plupart des nobles maisons qu'il cite.

Concerto pour le clavecin ou le forte piano, avec accompagnement de deux violom, alto, violoncelle, contrebasse^ deux flûtes et deux cors, dédié à Monsieur Henri- Benjamin-Constant de Rebecque, composé par Ferdinand Staes ; prix 6 ^. — A Bruxelles, chez M'* Van Ypen et Mechtler ; à Paris, chez M' Cornouaille, Montagne Ste-Geneviève. A. P. D. R. Pages H, pour le clavecin.

Titre sans encadrement.

Allegro en ut G. barré

gir f rii=pg^^

Menueito en ut, 3/4.

Après le thème, viennent cinq variations, suivies du thème servant de finale.

Voici une composition qui est presque une symphonie. L'allégro est très-développé, et offire, avant la conclusion, une cadenza pour le clavecin, après laquelle les autres instruments achèvent leur rôle concertant, comme ils Tout commencé, c'est-à-dire sur des accords plaqués du claveciniste. Celui-ci n'entre en scène, au début, qu'à la 60"* mesure, j^entends comme soliste. Il exécute alors une partie importante, qui commence par les notes initiales arpégées à l'unisson :

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Solo.

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Nous ne pouvons juger du rôle des autres instruments, leurs parties faisant défaut. Nous croyons qu'il a son importance. Ce qui frappe, dans tous ces morceaux, c'est l'indépendance ou plutôt l'irrégularité de la forme. La vraie coupe de la grande sonate actuelle n'existe toutefois qu'à l'état d'embryon, de tâtonnement.

Idées de campagne pour le clavecin ou forte piano, avec accompagnement d'un violon, violoncelle et deux cors, dédiées aux dames, composées par Ferdinand Staes. OEuvre VIL — A Bruxelles, chez M" Van Ypen et Mechtler ; à Paris,;cheï M' Cornouaille, rue St-Julien le Pauvre, porte cochère

vis-à-vis l'église près de St-Severin. A. P. D. R. Pages 45, pour le clavecin.

Encadrement de titre effectué par deux arbres dont les feuillages se rejoignent au-dessus, et qui, au-dessous, laissent voir un paysage, qui probablement est pris aux environs de Bruxelles.

Largo. Grave en fa 3/4. — Presto en fa 2/4. — Môme largo. Allegro vivement en fa 2/4.

Menuetto en fa SI A. Trio en ui 3/4.

Rondeau allegro, gayement, en fa 6/8.

L'allégro vivace en fa M est traité très-largement et contient de vraies difficultés d'exécution; le motif est sautillant et plus caractéristique que les autres. Le rondeau est une chasse, Irès-brillaiite, très-animée et très-énergique. C'est peut-être ce que Staes a écrit de plus vigoureux, de plus entraînant. Écoutez comment il fait vibrer les basses, avant la cadence qui ramène le motif pour clôturer ; cela vaut bien la chasse de Méhul :

- tf^ — fl — ' — ' — ' — '

cresc.

NoBS ai/ons vu au complet les p»ties instrumentales. Le violon a le principal rôle après le clavecin.

Le catalogue des ^teurs de musique Longman et Broderip : « Apollo, n"" S6, Gbeapside, n"" 13, Hay-Market, London, » offre, dans la colonne de la « harpsichord masic, » trois ouvrages de Slaes, ainsi enregistrés : « Staes, op. 3 et 5, each 10 sh. 6 p. ; op. 4, 5 sh. » C'est le même prix-courant où Vanden Gheyn figure avec une œuvre cotée lOsh. 6 p. Gomme le Divertimento de ce dernier a été gravé à Londres, il se pourrait bien que les trois cahiers de sonates de Staes y aient vu également le jour, à moins que ce ne soit l'édition bruxelloise qui y ait été mise simplement en dépôt.

Dans un recueil manuscrit, où se trouvent des compositions de Verschuere-Reynvaan (1), on remarque une sonate de Ferdinand Staes qui commence ainsi :

Cette sonate est suivie d'une autre conçue dans le même style et dont le début est :

-ér

Jusqu'à preuve du contraire, nous assignerons cetteproduction à Ferdinand Staes, dont, au reste, l'œuvre deuxième nous est complètement inconnue. A coup sûr, c'est de lui qu'émane la réduction de VOuverture de Zémire et

ii) U en sera parlé page 386.

Azorpour le clavecin et forté^piano^ par Monsieur Staes^ à Bruxelles, 1789. C'est le titre que cette pré&ice instrumentale porte sur un manuscrit dû au clerc d*église J. Van Assche. En voici une autre dûment signée des nom et prénom de notre musicien sur un exemplaire gravé à Bruxelles : Ouverture de r Arbre de Diane, arrangée pour le clavecin ou Forté'Piano, avec accompagnement d^un violon par Ferdinand Staes. Prix (en blanc). — A Bruxelles, chez MM. Van Ypen et Mechtler, A. P. D. R. In-P», de 8 pages pour le clavecin. Une foule de cahiers pour clavecin ayant appartenu à d'anciens organistes ruraux en Flandre, offrent des fragments de compositions de Ferdinand Staes. »

Quelques-uns de ces recueils comportent des morceaux d'un Godefroid Staes, que nous rattacherons provisoirement à la famille de l'organiste de la chapelle royale. Citons, entre autres, une sonate pour le clavecin ayant simplement un allegro en fa G., et un rondo du même ton 6/8. C'est une composition écrite avec une entente parfaite des ressources de l'instrument, ressources limitées, il est vrai, dans un cercle de timides évolutions des doigts.Ily a beaucoup de spontanéité et de verve, et la conduite des différentes périodes de l'allégro, notamment, décèle un musicien expérimenté. Privé d'idées neuves, il parvient à agencer celles dont il dispose avec une certaine habileté, et nous pourrions ajouter avec un certain art. La première période de l'allégro offre une diversion en mineur au motif principal en majeur. La deuxième période est émaillée de triolets qui sautillent sur un dessin de basse emprunté au thème principal, et traité en contre-sujet.

Enfin, le tout annonce un virtuose de bonne école, qui sait suppléer, par l'ingéniosité de la facture, au défaut d'imagination. Le rondo est de trop. Tout y est médiocre. C'était la mode alors de finir par quelque motif leste. Cette mode impérieuse a engendré une foule de pauvretés inavouables.

Godefroid Staes pourrait bien être un fils de Guillaume Staes. Vers la fin du siècle dernier, ou plutôt au commencement du siècle actuel, on a édité à Paris Deux grandes walses pour le forté-pianOy avec accompagnement de flûte, composées par Godefroid Staes, cadet. Prix 3 fi\ 50. — A Paris, chez Naderman, éditeur de musique, etc., rue de la Loi, à la Clef d'or, passage de l'ancien caffédeFoy. In-f^, de 9 pages, pour la partie de piano. A la neuvième page, en dessous : <c Gravé par M"® Papin. » Ces deux « grandes walses, » écrites d'un style enfantin et gauche, ont circulé en copies nombreuses dans les campagnes de Flandre; l'une même a été transposée de la en sol, sans doute pour la facilité de l'exécution. Quant à Godefroid Staes, « cadet, » c'est apparemment un neveu de l'éminent musicien qui forme l'objet de cette notice.

VERSCHUERE-REYNVAAN, organiste et carillonneur à Flessingue, dans la seconde moitié du xvni® siècle.

La biographie de ce musicien se trouve dans plusieurs lexiques. Ce qu'on n'y rencontre pas, c'est une description de ses compositions. Fétis mentionne de lui trois sonates pour piano, éditées à Amsterdam vers 1780; mais il ne les juge pas, une preuve, selon nous, qu'il ne les a pas vues. Les Bouwsteenen, qui contiennent des particularités nouvelles sur l'auteur du Musijkaal kunstwoordenboek (i) citent, comme œuvre 1% six sonates avec violon. Or, il y a, de cet artiste, bien plus de compositions de ce genre, comme on va voir.

Un cahier, très-bien écrit et dû à la plume de J. Vander Haeghen, organiste à Laerne, renferme, outre les compositions pour clavecin de Rameau, de Schubert, de Wondradschek, et, comme nous venons de le dire, de Ferdi-

(i) Fétis dit avoir payé 46 florins de Hollande un des exemplaires de ce dictionnaire. La plupart, assure-t-il, ont été mis au pilon en 1801. Les notices des Bouwsieenen sur Verschuere-Reynvaan se trouvent k la page M de la première série, et à la page 119 de la deuxième série.

nand Staes, plusieurs sonates et sonatines portant la signature de Verschuere-Reynvaan, et qui nous paraissent empruntées à des recueils gravés. La plupart, supposonsnous, ne sont que des fragments de grandes sonates, car généralement elles se réduisent à un ou à deux morceaux. Il est vrai que la division de ce genre de productions est assez arbitraire, assez capricieuse, on doit déjà l'avoir remarqué. Le copiste, probablement peu exercé au clavier, aura fait un choix des morceaux s'adaptant le plus aisément à son doigté ou concordant le mieux avec son goût.

Quant au mérite musical des sonates, il est bien mince, à vrai dire. Si l'auteur a été un admirateur enthousiaste de Haendel, de Mozart et de Haydn, bien certainement il les aura peu étudiés ou peu compris, car il se complaît, outre mesure, dans les idées rabattues, sans coloris, sans relief, et il recherche, avec une certaine affectation, des tours de mauvais goût et des ornements d'une puérilité notoire. Les morceaux se déroulent, avec une certaine aisance, sur Tnccord parfait, qu'elles arpègent ou paraphrasent presque toujours, non sans engendrer une foule de rosalies désagréables. Les triolets voltigent sur ce corps inerte, privé de souflFle, sans parvenir à lui donner une apparence d'animation ; le compositeur écrit d'instinct, en formules surannées, sans viser le moins du monde au côté élevé, idéal de son art. Il en a le mécanisme facile, banal, mais non l'esprit vivifiant.

Les basses, par exemple, sont invariablement des batteries ou des redoublements de notes en croches :

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La partie supérieure est rem-

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brodailleries parasites qui fatiguent l'oreille, sans parvenir à couvrir la nudité du tissu harmonique. Remarquons encore des répétitions oiseuses de ce genre, que Ton voit sourdre de tous côtés, favorisées par l'éternel 2/4 :

Nous pourrions aligner ici une série de progressions entières, répétées à satiété, en guise de réponses au sujet ou de thèmes secondaires, diversifiants. Nous préférons reproduire un fragment de morceau, pour donner une idée au lecteur du style redondant et filandreux de Tauteur. Nous avons choisi, dans ce huUune Sicilienne en la mineur, ayant fait partie, croyons-nous, d'une sonate régulière ; cela se voit aux trois bécarres que le copiste a conservés à la clef, et qui annoncent qu'un morceau en la majeur a dû précéder celui placé ici en regard. Cela est faible, sans coloris, et rempli de superfétations.

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