Originairement, la flûte ne se construisait qu'en bois
2. Nous entendons ici par soliste celui qui est seul à exécuter sa partie.
ments, les flûtes à l'aigu, au-dessous d'elles les hautbois, les clarinettes dans le médium, et les bassons à la basse, comme on le ferait pour des voix; on ne les fait guère croiser qu'en vue d'effets spéciaux. En revanche, on les fait très souvent parler à l'unisson, soit en réunissant les deux flûtes, les deux hautbois^ etc. , ce qu'on indique par: a due [à deux), ou en mettant aux notes une double queue, soit en renforçant la seconde flûte par le premier hautbois, le second hautbois par la première clarinette, etc., ce qui est plus riche et meilleur dans les passages de force. Dans la douceur, on peut faire taire le deuxième instrument de chaque espèce en écrivant : i^ solo, ou encore donner à chacun des huit exécutants une partie difi'érente, d'où résulte une sonorité plus diffuse et plus chatoyante.
Il n'est certes pas nécessaire de les employer toujours tous à la fois : ce serait un procédé bien lourd et des plus plats ; mais lorsqu'on en supprime quelques-uns, il est loin d'être indifférent que cette suppression porte sur un timbre ou un autre. L'absence de flûtes enlève au groupe une partie de sa suavité et de sa légèreté ; celle des hautbois rend l'ensemble moins clair, moins lumineux; en supprimant les clarinettes, on diminue la rondeur et le moelleux de la sonorité générale ; la privation des bassons afiaiblit la base, d'où résulte une impression d'allégement. Il suffit d'avoir bien présent à l'esprit le caractère particulier de chaque instrument, pour se rendre compte, selon l'effet cherché, de l'opportunité de telle ou telle suppression, aussi bien que des inconvénients qu'elle pourrait avoir.
Il est très fréquent d'associer au groupe des bois le timbre des cors, qui s'y allie admirablement, surtout dans les nuances/? et mf. On doit même considérer les cors, au point de vue de la pratique et malgré le métal dont ils sont formés, comme appartenant presque autant à la fa-