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ORCHESTRE MODERNE

Si donc à ce matériel orchestral classique on ajoute à présent, à titre de hors-d'œuvre ou de condiments, quelques-uns des instruments de notre deuxième colonne S la richesse va encore s'accroître, et cela non pas absolument en raison du nombre d'instruments ajoutés, mais plutôt en raison de la quantité de timbres nouveaux qu'ils apporteront à l'ensemble.

L'adjonction de la petite flûte donnera du brillant, du mordant; mal employée, elle communiquera à l'orchestre quelque trivialité.

Les trombones amènent avec eux l'idée de la pompe, de la majesté, dont ils ne peuvent se départir.

(Ces deux instruments, /?ef:Vè flûte et trombone, sont les seuls, avec le contrebasson, que Beethoven ait parfois introduits dans son orchestre symphonique, avec une grande sobriété et en portant à quatre le nombre des cors.)

Le cor anglais apporte sa note triste et pensive, poétique ; les clarinettes alto ou basse, leur solennité quasi pontificale; le saxophone, son timbre hybride, qui accapare l'attention au point que l'oreille le cherche et le suit toujours dès qu'elle l'a entendu.

La harpe ne doit apparaître que lorsque son emploi est motivé par son double caractère éthéré et hiératique ; en abuser, c'est en annihiler l'effet, qui est des plus saisissants et des plus poétiques lorsqu'on sait le tenir en ré" serve pour le moment opportun.

Uophicléide (à présent tuba) est à considérer comme la basse des trois trombones, dont il complète le quatuor en le renforçant par sa sonorité monstrueuse.

L'emploi des cors et trompettes chromatiques (à pistons) enrichit le groupe des cuivres en lui donnant une liberté d'allure toute nouvelle. Dans les grands orchestres actuels, ce groupe comprend généralement :

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