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240 GRAMMAIRE DE LA MUSIQUE
sentent une particularité intéressante. Ils peuvent tous admettre la tonique comme basse, au-dessous de leur basse normale, et sous cette nouvelle forme ils revêtent de nouveaux aspects, sans cesser d'être, pour cela, les mêmes accords qu'ils étaient auparavant.
Prenez un accord de 7" de dominante rfi 8 ■ , un ac-
cord de 7® de sensible As 8 , un accord de 7® diminuée
, un accord de 9* majeure fS^ g et un de 9® mi-
neure fj^ § ; donnez-leur à tous comme basse leur tonique commune [ut)y et vous aurez sous les yeux la famille des accords dits : sur^tonique.
+ 7 "^l tl +2 +7 6 b6 5 5
fa) ih) (c> (d) <e)
(fl) Accord de 7»« de dominante sur-tonique.
(S'appelle aussi, dans certains traités, accord de 11>»« de tonique.)
(b) Accord de 7»« de sensible sur-tonique.
(c) Accord de ?>"• diminuée sur-tonique.
{d) Accord de 9™* majeure de dominante sur-tonique, résumant les accords
a et b.
(e) Accord de 9™* mineure de dominante sur-tonique, résumant les accords
a etc.
(Les accords b, c, d, e, s'appellent aussi parfois accords de 13»>* de tonique.)
Les trois premiers contiennent cinq sons, les deux autres en présentent six ; aucun d'eux ne peut être soumis à l'opération du renversement, qui, en déplaçant la note de basse, leur enlèverait leur caractère spécial d'accords surtonique.
// ny a pas d'autres accords que ceux décrits ci-dessus, mais ils peuvent être soumis à bien des transformations, qui vont jusqu'à les rendre presque méconnaissables pour tout œil insuffisamment exercé.
Quelques-unes de ces transformations peuvent être expliquées dès ici. Ce sont celles qui ont trait au redou^ blement ou à la suppression de certaines notes et aux diverses positions des accords. Les autres ne pourront être comprises qu'un peu plus loin, après l'exposé des lois qui régissent les enchaînements d'accords.
Une succession d'accords peut être écrite à 3, k, 5, 6 parties ou plus , selon le nombre de voix dont on prétend disposer. (Dans le langage musical, le mot voix est très souvent pris comme synonyme de partie.) Toutefois , comme beaucoup d'accords ' ne pourraient jamais être présentés au complet avec trois parties seulement, et comme, d'autre part, il en est peu qui exigent la présence de cinq voix^, on a à peu près généralement adopté l'usage d'écrire à quatre parties, et c'est ainsi que la plupart des exercices harmoniques sont présentés dans toutes les écoles sérieuses.
Les accords consonants ne contenant que trois sons, on se trouve dans l'obligation, pour employer les quatre parties, de redoubler un de leurs sons constitutifs.
Telle est l'origine du redoublement.
Le choix de la noté à doubler n'est pas chose indifférente; il importe que cette note, à laquelle on va apporter un renforcement, soit déjà par elle-même, par sa situation, la note la plus importante de l'accord, de telle sorte que l'équilibre ne soit pas dérangé, mais que la prédominance qu'on lui donne ne puisse qu'accentuer davantage le sens tonal.