DOUBLE CHŒUR
Les parties entrent successivement, de façon à présenter un tissu de plus en plus touffu (et aussi s'affirmant ainsi plus nettement dans leur individualité), jusqu'au moment où les huit voix réelles se trouvent en présence et doivent concourir à l'effet de l'ensemble.
C'est là qu'il dévient difficile de leur conserver une marche indépendante , et de les faire mouvoir sans qu'il y ait de conflits entre elles; c'est pourtant possible, car de grands maîtres l'ont fait, et les beaux exemples ne nous manquent pas de ce prodige de combinaison.
Une espèce toute particulière doit être décrite ici : c'est le contrepoint à double chœur, l'un des plus attrayants.
Les huit parties sont disposées de façon à former deux
GRAMMAIRE DE LA MUSIQUE
chœurs distincts; chaque chœur doit fournir, autant que possible, un ensemble complet et pouvant se sufiBre à lui-même, sans pourtant qu'aucune de ses parties vienne produire des fautes avec une de celles de l'autre chœur. Il est souvent intéressant de faire dialoguer ces deux chœurs, ce qui autorise un emploi des silences plus fréquent qu'en toute autre espèce.
Beaucoup de grandes œuvres d'illustres contrapunctis^ tes ont été écrites dans ce système, notamment le célèbre oratorio de J.-S. Bach : la Passion selon saint Mathieu, qui a pour accompagnement deux orchestres distincts, ce qui n'empêche pas par moments un Choral formant une neuvième partie de venir planer sur le tout.