LES CONTEMPORAINS
Boulanger, Gastinel, Deffès, Ad, Barthe, Bourgault-Ducoudray, Lenepveu, Pessard, Ch. Lefehvre, Maréchal, SaU vayre, Paul Puget, les frères Hillemacher, André Worni' ser, Véronge de la Nux , Georges Hue, Pierné, Marty, Vidal, Xavier Leroux, Charpentier, Erlanger, etc. , pour ne nommer que les plus souvent applaudis.
Certains d'entre eux ont déjà pris rang parmi nos gloires nationales, et plusieurs sont en passe de devenir des maîtres à leur tour. Entre leurs mains est placé l'honneur du drapeau, et ils sauront le défendre.
Si un certain nombre de compositeurs légers et spirituels, tels que Lecoq, Audran, Jonas, Planquette, Ser^
pette, Banès, Vasseur, Varney, Victor Roger, cultivent,
sous le vocable d'opérette, un genre aimable assez voisin de ce que fut jadis l'opéra-comique, nous avons aussi, voués au style sacré, de grands improvisateurs comme Th. Dubois, Widor, Guilmant, Gigout, Boellmann^ Fissot, Pugno^Dallier, Sergent, Loret, Samuel Rousseau, Pierné, Galeotti, etc.
En outre des noms qui précèdent, il nous faut encore citer, parmi ceux qui paraissent s'être particulièrement adonnés au genre symphonique, ou encore au genre, de nature plus intime, de la musique de chambre : Ch. Dan^ cla, Sauzay, Mathias, Garcin, G. Pfeiffer, Taudou, E. Bernard, Thomé, de Maupeou, Claudius Blanc, Paul Lacombe, Perilhou, Chevillard, Dolmetsch, puis des pianistes depremier ordre, à la fois professeurs et compositeurs : d'abord Marmontel (qu'on pourrait bien appeler le père de notre génération actuelle de pianistes, car tous ou presque tous, depuis Planté jusqu'à Delafosse, en passant par Jules Cohen, Wieniaw^ski, Diémer, Fissot, Alph. Duvernoy, Lack, Thomé, Wormser, Galeotti, comme aussi Bizet, Paladilhe, Th. Dubois, Guiraud, Delahaye, Bourgeois, Bellaigue, Pierné, Ch. René, font partie de la légion de ses disciples); Ravina, Ch. Delioux, Mathias, Ch. de Bé^
riot, Alph, Duvernoy, Delaborde, Georges Pfeiffer, Dlémer, Fissot, Pugno, dont la plupart ont occupé ou occupent encore avec autorité des chaires au Conservatoire, et se sont fait fréquemment applaudir, soit comme exécutants, soit comme compositeurs dans les grands concerts symphoniques; Colomer, Th, Lack, Thomé, Wormser, Adol" phe David, Antonin Marmontel fils, et la brillante phalange des jeunes pianistes virtuoses : J, Philippe, Falcke, Fal^ kenberg, Delafosse, Risler, sans parler de ces deux admirables artistes, M"® de Serres (Caroline Rémaury) et Francis Planté, qui veulent bien encore prêter parfois leur prestigieux concours, à titre d'amateurs, à des œuvres de bienfaisance ; parmi les intrumentistes, de grands artistes comme : Sarasate, Marsick, Rémy, Nadaud, Berthelier, Paul Viardot; Laforge, van Wœfelghem; Delsart, Loys, Rahaud, Cabassol, Gros- Saint- Ange ; Hasselmans;Taffanel, Hennebains, Gillet, Turban; Garigue, Brémond, etc..
Bien entendu, je n'ai pas la prétention de les nommer tous, ce livre n'étant ni un annuaire ni un dictionnaire biographique; je ne cherche qu'à donner, au moyen de quelques noms choisis parmi les plus connus, la physionomie musicale de notre époque, comme je l'ai fait à l'égard des siècles passés, c'est-à-dire superficiellement.
Les plus saines traditions de la déclamation lyrique sont conservées et transmises par les chanteurs à jamais illustres qui onlnom '.Gilbert Duprez, Faure, M^^ Viardot, M^ Carvalho, M^^ Krauss, Auguez, l'un de nos plus beaux chanteurs d'église; et enfin, pour pourvoir à l'avenir, on peut avoir pleine confiance en de savants et dévoués professeurs comme le sont mes collègues du Conservatoire, en tous points dignes de leurs éminents prédécesseurs.
A leur tête comme à la tête de l'école française toute entière se placent les illustres membres de la section de musique de l'Institut, parmi lesquels se dresse, appelant
à elle tous les respects, la grande et vénérable figure d'Ambroise Thomas.
Thomas (Ambroise) (1811), né à Metz.
Commença l'étude du solfège à Vâge de quatre ans, sous la direction de son père, et vers sept ans celles du piano et du violon.
En 1828, sous la direction de Cherubîni, il fut admis comme élève au Conservatoire, dont il est aujourd'hui le chef et la gloire, et il y suivit l'enseignement de Zimmermann pour le piano, de Dourlen pour l'harmonie, et de Lesueur pour la composition; toutefois , il faut considérer surtout comme ayant été ses vrais maîtres Kalkbrenner pour le piano et Barbereau pour le contrepoint et la fugue.
C'est d'ailleurs en qualité d'élève de Lesueur et Barbereau qu'il obtint, en 1832, le grand prix de l'Institut, avec la cantate Uermann et Ketty.
De son séjour à Rome il rapporta une Messe de Requiem; à la même époque se rattachent un Quatuor et un Quintette pour instruments à cordes (1833-1836).
Dès lors commença l'étonnante période de production d'œuvres dramatiques par laquelle se manifesta la prodigieuse fécondité de notre illustre maître :
La Double Échelle j op.-c, 1 acte (1837). — Le Perruquier de la Régence f op.-c, 3 actes (1838). — La Gipsy, ballet en 2 actes i (1839). — Le Panier fleur ij op.-c, 1 acte (1839). — Car/me, op.-c, 3 actes (1840). — Le Comte de Carmagnola, grand op., 2 actes (1841). — Le Guerrillero, grand op., 2 actes (1842). — Angélique et Médor, op.-c, 1 acte (1843). — Mina, op.-c, 3 actes (1843). — Betty, ballet en 2 actes (1846). — Le Caïd, op.-c, 2 actes (1849). — Le Songe d'une nuit d'été) op.-c, 3 actes (1850). — Raymond, op.-c, 3 actes (1851). — La Tonelli, op.-c, 2 actes (1853). — La Cour de Célimène, op.-c, 2 actes (1854). — Psyché, op.-c, 3 actes (1857). — Le Carnaval de Venise, op.-c, 3 actes (1857). — Le Ro' man d'Elvire, op.-c, 3 actes (1860). — Mignon, op.-c, 3 actes (1866). — Uamlet, grand op., 5 actes (1868). — Gille et Gillotin, op.-c, 1 acte (1874). — Françoise de Rimini, grand op., 5 actes (1882). — La Tempête, ballet en 2 actes (1889) 3.
A ces grandes œuvres théâtrales , il convient d'ajouter une cantate qui fut exécutée en 1875 à Rouen, aux fêtes du centenaire