TUYAUX D'ORGUE
produire des timbres divers; il remplace la qualité par la quantité.
Les plus grands tuyaux d'orgue qui aient jamais été faits ont 32 pieds de hauteur, produisant Vut — g de 32.3 vibrations. (Leur poids, en étain, dépasse 900 livres.) Il n'y a pas lieu d'en construire de plus longs, car leur son ne serait pas perceptible, musicalement parlant; audessous de cette limite, l'oreille humaine saisit les vibrations séparément, comme des chocs isolés; elle peut les compter et n'éprouve plus la sensation d'un son déterminé. Les plus courts tuyaux arrivent à la dimension de minuscules sifflets, de huit à dix millimètres, d'une acuité extrême, confinant, par l'autre bout, à la limite aiguë des sons appréciables.
C'est dire que l'orgue parcout toute l'étendue de l'échelle musicale, et ne connaît d'autres bornes que celles que notre constitution physiologique assigne elle-même à l'organe de l'ouïe.
La forme des tuyaux, qui peuvent être cylindriques, coniques, évasés, rétrécis à leur sommet, rectangulaires, plus ou moins larges ou étroits par rapport à leur longueur, ouverts, bouchés, percés, munis d'un pavillon, etc., etj'usquà un certain point la matière dont ils sont formés, qui permet d'obtenir des parois intérieures plus ou moins lisses, plus ou moins résistantes, font varier à l'infini la forme de la colonne d'air ébranlée; de là résultent des différences de timbre, dont la richesse peut être considérée comme inépuisable, car elle ne dépend que du degré d'habileté et d'ingéniosité du facteur.
Les matériaux employés le plus souvent sont : les bois de chêne, de sapin rouge, de noyer, érable, poirier; l'étainpur, l'alliage d'étain avec une faible quantité de plomb, qu'on appelle étoffe, et un mélange d'étain et de cuivre
à 7^, auquel on donne le nom d'aloi.
On peut diviser les tuyaux en deux catégories bien distinctes : les jeux de fonds et les jeux à anches.
Les JEUX DE FONDS eux-mémes sont de deux espèces : les jeux de flûte ou jeux ouverts, dont les tuyaux vibrent s^ns subdivision dans toute leur longueur, et produisent par conséquent leur son fondamental, ou encore se divisent en plusieurs segments vibrants, de façon à faire entendre leurs sons partiels 2 ou parfois 3* (dans ce dernier cas, on les appelle octaviants ou harmoniques)) et les jeux de bourdon ou jeux bouchés, dont l'extrémité opposée à celle par laquelle l'air fait son entrée est hermétiquement fermée. Il résulte de cette disposition que la colonne vibrante se réfléchit au fond du tuyau et doit en parcourir une seconde fois la longueur; le son produit est conséquemment l'octave grave de celui que fournirait un tuyau ouvert de la même hauteur, ce que la théorie acoustique démontre aisément.
La sonorité des jeux bouchés est moins franche, plus sourde et plus cotonneuse que celle des jeux ouverts ; mais ils occupent un espace moindre, ce qui n'est pas une considération à négliger lorsqu'on édifie un orgue, et d'ailleurs, par le fait même de leur matité, ils contribuent d'une façon indispensable à la variété de timbres qui est une des richesses de l'instrument*.
D'une façon générale, plus les tuyaux sont larges, et plus le son possède d'ampleur, de majesté, de calme et tle rondeur; au contraire, des tuyaux relativement étroits,, en favorisant le développement des harmoniques, donnent au timbre un caractère plus mordant, plus pénétrant, sans toutefois en exclure complètement la douceur et la sérénité qui sont l'apanage des jeux de fonds.
Dans les jeux a anche il y a lieu de distinguer aussi