COLAS, ROSE
COLAS
COLAS, par la lucarne.
Rose, Rose? Elle n'y est pas.
ROSE
ROSE, cachée sous la rampe de V escalier. Ah! cela me fait peine.
COLAS
Rose, voilà un bouquet. Elle n'y est pas ! je vais le jeter à sa place, elle le trouvera. {Il jette le bouquet, qui tombe par terre.)
La Mi!siqi:r. 9
Ah ! ciel ! le voilà par terre, elle peut marcher dessus. Si je pouvais descendre : ah ! je descendrai l)ien. (Il accrof-he son chapeau au linlrau de la lucarne, son rhapeau tombe en dehors.) Bon ! voilà mon cha})eau tombé : qu'importe?
(// descend, ramasse le bouquet, le met sur la table, sur la chaise, à la quenoîiille, à son côté. Fendant la ntourneUe, Rose a Vair très embarrassée et se montre de temps en temps.)
C'est ici que Rose respire, Ici se rassemljlent mes vœux :
Si j'étais maître d'un empire, Je le donnerais pour ces lieux.
Ah ! ^Rose ! que l'on est heureux, Lorsqu'on soupire, Et lorsqu'on est deux !
Ce lin Fut pressé de sa main !
Sa bouche Touche Si joliment, Tant joliment !
Cette quenouille Elle la mouille En la filant.
Que je la baise !
Et cette chaise !
Ici tout est charmant.
C'est ici, etc.
Bouquet joli, Que j'ai cueilli Pour elle.
Si de ma belle Vous êtes accueilli ; Si ma main Sur son sein Vous pose.
Dites-lui : « Rose, Charmante Rose,
SEDAIiNE. — ROSE KT COLAS = 227
Votre amant n'ose, Il n'ose, il n'ose.
11 ne peut exprimer Comme il sait vous aimer. »
Ah ! Rose ! que l'on est heureux.
Lorsqu'on soupire, et lorsqu'on est deux !
{A la fin de la ritournelle. Colas cherche à sortir par la lucarne. Rose montre du dépit de ce qu'il s'en va; lorsqu'il est près de sortir, elle prend une pelote de laine, elle la lui jette. Il la voit et descend.)
COLAS
Te voilà ! te voilà ! Ah ! Rose ! quoi? te voilà !
ROSE
Va-t'en, va-t'en.
Dis-moi donc...
Non, sors vite.
Pom'quoi te cacher?