SCÈNE XIV MATHURIN, ROSE, PIERRE, COLAS
COLAS
Ah ! ciel !
ROSE
Ah ! grand Dieu !
PIERRE
J'avais oublié... Qu'est-ce que tu fais ici, toi?
COLAS
Mon père, je venais de la ville où j'ai reç-u votre arg^^nt.
PIERRE
Ve n'est pas le chemin de passer par ici.
COLAS
Sitôt que monsieur a vu votre papier...
PIERRE
Ce n'est pas cela que...
Il m'a compté tout de suite l'argent.
PIERRE
Ce n'est pas cela que je demande.
COLAS
Tout l'argent, toute la somme en entier. J'ai vingt-deux écus de six livres, trois louis d'or, et en monnaie. Je vais, mon père...
PIERRE
Mais, dis-moi un peu...
COLAS
Mon père, il dit qu'il serait charmé de vous connaître.
ROSE
Vous m'avez fait cueillir une salade...
MATHURIN à sa fille. ' Tais-toi.
{Les deux pères se donnent un regard d'intelligence.) PIERRE, à son fils.
Tais-toi. Pourquoi es-tu ici? t'y ai-je envoyé?
MATHURIN
Si vous ne l'avez pas envoyé, il a donc plus de soin que vous ; car il m'a rapporté la selle et la bride que je vous avais prêtées.
PIERRE
Qu'est-ce que c'est que cette selle et cette bride? qu'est-ce que cela veut dire?
Les voilà.
PIERRE
Une selle?
MATHURIN
Oui.
PIERRE
Une selle que j'ai empruntée ! moi? j'en ai quatre chez moi.
MATHURIN
n me la rapporte cependant.
PIERRE
Me diras-tu ce que cela veut dire?
COLAS
Je lavais eiiijuuiitée pour un de mes amis dans le village.
PIERRE
Belles cachoteries ! belles précautions ! plutôt que de lui en prêter une des nôtres. Enfin...