COLAS ET ROSE
C'est faux, c'est faux.
ROSE
Oui, c'est faux : mon père sait bien que je me couche en même temps que lui.
COLAS
Je couche dans la chambre de mon père.
LA MÈRE BOBI
Oui ; et tu te lèves et tu descends par la fenêtre du grenier, par la pouUe : on t'a vu, tout le village le. sait.
ROSE
Peut-on dire des choses comme ça?
Si je savais ceux qui l'ont dit, ils auraient affaire à moi.
LA MÈRE BOBI
C'est moi, c'est moi qui le dis : voyons si j'aurai affaire à toi.
COLAS
Si vous radotez.
PIERRE
Tais-toi, encore un coup.
LA MÈRE BOBI
Je radote ! Tiens, je n'aurais pas tout dit ; mais je vais tout dire.
COLAS
Je vous en défie.
ROSE
Oh ! ciel ! pourquoi la défier?
LA MÈRE BOBI
Ne le battez pas toujours. Comment, tout à l'heure, tu n"as pas frappé à cette porte?
COLAS
11 faut bien frapper pom' entrer.
LA MÈRE BOBI
Pour entrer! que n'entrais-tu? que n'entrais-tu? tu n'as pas fait le tour de la maison? tu n'as pas sauté dans la petite ruelle? tu n'as pas fourré tes pieds l'un après l'autre par les trous de la muraille? tu n'as pas enjambé par-dessus le mur, et sauté dans mon jardin?
Non, non, non.
LA MÈRE BOBI
Non ! non ! Comment, je ne t'ai pas vu monter sur mon figuier? la branche a cassé ! ah ! ciel... Mais rien ne le corrige ; il s'est relevé comme un furieux. Comment, tu ne t'es pas relevé comme un furieux ! tu n'as pas monté sur mon noyer, et passé par la lucarne? Tiens, la voilà pour me démentir.
COLAS
Non, non, c'est faux.
LA MÈRE BOBI
Ah ! race de Satan, tu me démens.
COLAS
Oui, je vous démens.
LA MÈRE BOBi, montrant le chapeau.
Eh bien, démens donc ton chapeau, que tu as laissé tonil)er dans le jardin.
PIERRE
Comment?
COLAS
Ah ! ciel !
Ah ! grands dieux !