SCÈNE IV ARMIDE, LA HAINE, slute de la Haine
LA HAINE
Je réponds à tes vœux, ta voix s'est fait entendre
Jusques dans le fond des Enfers.
Pour toi, contre l'Amour, je vais tout entreprendre,
Et quand on veut bien s'en défendre, On peut se garantir de ses indignes fers.
. LA HAINE et sa suite.
Plus on connaît l'Amour, et plus on le déteste ; Détruisons son pouvoir funeste.
Rompons ses nœuds, déchirons son bandeau, Brûlons ses traits, éteignons son flambeau.
CHŒUR
Plus on connaît l'Amour, et plus on le déteste ; ■ Détruisons son pouvoir funeste, Rompons ses nœuds, déchirons son bandeau, Bridons ses traits, éteignons son flambeau. {Ln suite de la Haine s'empresse à ^briser et à brûler les armes dont V Amour se sert.)
= UUINAULT. — AUMIDI': =^ 35
Amoiu', sors pour janiaisi, sors d'un cœur qui te cliasse, Que la Haine règne en ta place ; Tu fais trop souffrir sous ta loi, Non, tout l'Enfer n'a rien de si cruel que toi. {La Suite de la Haine témoigne qu'elle se prépare avec plaisir à triomplier de V Amour.) LA HAINE, approchant d'Armide.
Sojs, sors, du sein d'Arniide, Amour, brise ta chaîne.
ARMIDE
Arrête, arrête, affreuse Haine, Laisse-moi sous les lois d'un si charmant vainqueur. Laisse-moi, je renonce à ton secours horrible : Non, non, n'achève pas, non, il n'est pas possible De nf ôter mon amour sans m'arraclier le cœur.
LA HAINE
N"implores-tu mon assistance Que pour mépriser ma puissance?
Suis l'amour, puisque tu le veux,
Infortunée Ai'mide,
Suis l'Amour qui te guide
Dans un abîme affreux.
Sur ces bords écartés, c'est en vain que tu caches Le héros dont ton cœur s'est trop laissé toucher : La Gloire à qui tu l'arraches.
Doit bientôt te l'arracher.
Malgré tes soins, au mépris de tes larmes, Tu le verras échapper à tes charmes.
Tu me rappelleras, peut-être, dès ce jour. Et ton attente sera vaine ; Je vais te quitter sans retour.
Je ne puis te punir dune plus rude peine Que de t'abandonner pour jamais à l'Amom'
(La Haine et sa suite s'ahiment.)