‹ La musiqueChapitre 6 sur 181 · SCÈNE II HIDRAOT, suîTE d'Hidraot, ARMIDE, PHÉNICE, SIDONIE · texte numérisé non relu

SCÈNE II HIDRAOT, suîTE d'Hidraot, ARMIDE, PHÉNICE, SIDONIE

HIDRAOT

Armide, que le sang qui m" unit avec vous,

Me rend sensible aux soins que Ton prend pour vous plaire !

Que votre triomphe m'est doux !

Que j"aime à voir briller le beau jorn* qui réclaire !

Je n'aurais plus de vœux à faire

Si vous choisissiez un époux.

Je vois de près la mort qui me menace,

Et bientôt l'âge qui me glace Va m'accabler sous son pesant fardeau :

C'est le dernier bien où j'aspire, Que de voir votre hymen promettre à cet empire

Des rois, formés d'un sang si beau ; Sans me plaindre du sort je cesserai de viviT,

Si ce doux espoir peut me suivre

Dans l'affreuse nuit du tombeau.

ARJUDE

La chaîne de l'hymen m'étonne. Je crains les plus aimables nœuds.

Ah ! qu'un cœnr devient malheureux Quand la liberté l'abandonne !

HIDRAOT

Pour vous, quand il vous plaît, tout l'enfer est armé ; Vous êtes plus savante en mon art que moi-même :

= gUlNAULT. — AIUIIDE == 23

De grands rois à vos pieds mettent leur diadème, Qui vous voit un moment, est pour jamais charmé. Pouvez-vous mieux goûter votre bonheur extrême

Qu'avec un époux qui vous aime,

Et qui soit digne d'être aimé?

ARMIDE

Contre mes ennemis à mon gré je déchaîne

Le noir Empire des enfers,

L'Amour met des rois dans mes fers, Je suis, de mille amants, maîtresse souveraine ;

Mais je fais mon plus grand bonheur

D'être maîtresse de mon cœur.

HIDRAOT

Bornez-vous vos désirs à la gloire cruelle

Des maux que fait votre beauté?

Ne ferez-vous jamais votre féhcité

Du bonheur d'un amant fidèle?

ARMIDE

Si je dois m' engager un jour.

Au moins vous devez croire Qu'il faudra que ce soit la gloire Qui livi'e mon cœur à l'Amour.

Pour devenir mon maître,

Ce n'est point assez d'être roi.

Ce sera la valeur qui me fera connaître

Celui qui mérite ma foi.

Le vainqueur de Renaud, si quelqu'un le peut être.

Sera dig-ne de moi.

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