‹ La musiqueChapitre 71 sur 181 · SCENE XV ALAIN, NICETTE · texte numérisé non relu

SCENE XV ALAIN, NICETTE

Air : Je sommeille.

Holà, belle Nicette, holà.

Où donc êtes-vous? La voilà.

Qui sommeille.

Avec ces rubans ornons-la; Mais prenons garde que cela Ne la réveille.

j36 - LA MIJSIUIE. — CHAP. III =

{Même air.) .

Moidi, le tour serait malin ; Mais je crains trop...

NICETTE

Alain, Alain, Je sommeille.

ALAIN

J'en ai biaucoup à vous conter ; Çà, çà, que, pour nous écouter,* On se réveille.

{Même air.)

Elle dort, approchons ; tout doux...

Je n'oserais, retirons-nous.

NI CETTE

Je sommeille.

ALAIN

Nicette, c'est assez dormi ; C'est la voix d'Alain votre ami Qui vous réveille.

NICETTE se lève et présente la main à Alain. Allons, baisez-moi la main, afin que je fasse semblant de me fâcher. Je sais comme vient l'esprit.

' ALAIN

'^ Oh ! je le sais bien itou. Allez ; l'esprit vient de l'amour !

NICETTE

De l'amour !

ALAIN

J'allons vous expliquer ça ; quand on a choisi une amoureuse, c'est-à-dire, queuqu'un qu'on aime bien, on li fait un compliment, et pis encore, on li donne des flem's.

NICETTE

C'est di'ôle.

ALAIN

Air : La fille de village, ou Attendez-moi sous Vomie. On prend la main encore.

NICETTE

Ensuite que fait-on?

ALAIN

Puis on la baise encore.

NICETTE

L'esprit ainsi vient donc?

ALAIN

Puis on embrasse.

Encore !

ALAIN

Oh ! Ton n'y manque point, Et d'encore en encore, L'esprit vient à son point.

J'allons en faire l'expérience. Allons. Prenez que vous v'ià. Vous allez voir, vous allez voir.

(// va au fond du théâtre et revient le bouquet à la main et le chapeau sous le bras, en disant) :

D'une magnière galante (il fait la révérence, et dit) : le compliment à ct'heure. Mademoiselle j^icette, vous êtes belle... belle... comme... comme vous-même. Je ne sais, mordi, rien de plus biau à quoi vous comparer. {D'un ton plus familier.) L'esprit viant-il?

NICETTE

Non. Mais j'ai bonne espérance ; ça me rend joyeuse.

ALAIN

x\iR : De V amour je subis les lois; je n'en fais plus un vain mystère. Recevez donc ce biau bouquet.

NICETTE

Très volontiers.

ALAIN

Il faut, Nicette, Que je l'attache à ce corset.

NICETTE

Très volontiers.

ALAIN, après avoir attaché le bouquet.

L'affaire est faite. Prenons et baisons cette main.

(// haise la main de Nicette.) NICETTE, émue.

x\laiu... Alain... mon cœm" palpite.

138 LA Ml SIQUE. — GlIAP. HI .

ALAIN

Le mien galope aussi son train.

NICETTE

Cher Alain, Quel sujet nous agite!

Air : Dieuûc! quel tourment!

C'est de l'esprit assurément, Qui nous vient brusquement.

ALAIN

Je pensons tout de même.

Éprouvons encore ça. (Il lui haise encore la main.)

Je sens en ce moment...

Ah ! quel moment !

NICETTE

Un trouble extrême.

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