‹ La MusiqueChapitre 74 sur 188 · NOMBRE DE VIBRATIONS · texte numérisé non relu

NOMBRE DE VIBRATIONS

au bvut desquelles

L’INTENSITÉ DO son EST DÉDUITE AU 1/10.

1/8 de ton.

fi, 33

Tierce mineure (3/2 de Ion).

7/4 de ton.

Tierce majeure (2 tons).

Bien que nous ne puissions pas déterminer exactement, pour l’oreille et ses parties, le temps au bout duquel elles cessent de vibrer, des expériences bien connues nous permettent d’apprécier .à peu près dans quelle région de l’échelle de notre tableau, il faut placer les parties constitutives de l’organe de l’ouïe. .11 ne peut naturellement y avoir, dans l’oreille, aucune partie qui résonne à peu près aussi longtemps qu’un diapason, car l’observation journalière aurait déjà permis de le constater. Même s’il y avait des parties correspondant seulement au premier échelon de notre tableau et réduisant au 1/10 leur intensité de vibration au bout de 38 vibrations, nous pourrions le reconnaître dans les régions graves.

En effet, 38 vibrations se font en 1/3 de seconde pour le la0, en 1/G

’(l) Le mode de calcul est exposé dans le supplément IX.

dei seconde pour le lau en 1/12 pour le la3, etc. Une durée aussi longue rendrait impossible tout mouvement rapide dans les octaves d’indices 1 et 2; l’effet musical serait alors aussi mauvais pour l’oreille qu’une forte résonnance dans un espace voûté, ou que le résultat obtenu en enlevant lesétouffoirs du piano. Dans le trille, nous • pouvons très-bien faire 8 ou 10 notes par seconde, de manière que chacun des deux sons soit émis 4 ou S fois. Si le premier son n’était pas, sinon éteint au moment de l’arrivée du second, du moins assez affaibli pour disparaître à côté de l’autre, les deux notes du trille ne pourraient sortir chacune distinctement, et on entendrait, d’une manière durable, un mélange des deux sons. Des triiles de ce genre, à 10 notes par seconde, sont d’une exécution nette et claire dans la plus grande partie de la gamme ; au-dessous du /«„, cependant, dans la grande et la contre-octave, ils sonnent mal, durement, et les sons commencent à se mêler. On peut aussi prouver facilement que ce n’est pas la faute du mécanisme de l’instrument. Si, par exemple, on fait un trille sur l’harmonium, les touches des régions graves sont construites exactement de la même manière, leur mobilité est exactement la môme que pour les régions aiguës. Chaque son est parfaitement déterminé et interrompu d'une manière complète, dès que la soupape retombe sur le canal à air ; chacun d’eux commence exactement au moment où s’ouvre la soupape, parce que les anches continuent à vibrer pendant une si courte interruption. De même sur le violoncelle. Au moment où le doigt qui fait le trille se pose sur la corde, celle-ci prend une vibration d’une autre période correspondant à la longueur modifiée, et, au moment où le doigt s’éloigne, la vibration doit redevenir ce qu’elle était; cependant le trille dans le grave est plus mauvaissurlevioloncelleque sur tout autre instrument.Sur le piano, les trilles et les traits dans le grave sont encore relativement bien meilleurs, parce qu’au moment de l’attaque, la nouvelle note sonne avec une grande intensité rapidement décroissante. Aussi, entend-on au moins chacune des deux notes sortir nettement du bruit faux que produit l’émission simultanée des deux sons. Comme la difficulté de faire un trille rapide dans le grave est la môme pour tous les instruments de musique, et quelle est évidemment tout à fait indépendante du mode de production du son sur chaque instrument, nous devons en conclure que nous avons ici affaire à une difficulté qui réside dans l’oreille elle-même. C'est là un phénomène qui prouve nettement que les vibrations des parties mobiles de l’oreille pour les sons graves ne s’éteignent pas suffisamment, ni assez vite, pour permettre à deux sons de se succéder si rapidement sans se confondre.

Ce fait prouve, en outre, qu'il doit y avoir dans l'oreille différentes

Page 1