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LIMITE DES SONS GRAVES PERCEPTIBLES

Les battements donnent un moyen sûr de déterminer les limites des sons graves, et de se rendre compte de certaines propriétés qui permettent de passer de la sensation de secousses sonores distinctes à celle d’un son tout à fait continu ; nous allons nous en occuper en premier lieu.

A la question de savoir le plus petit nombre de vibrations pouvant encore donner la sensation d’un son, on n’a donné, jusqu’ici, que des réponses très-contradictoires. Les solutions fournies par les divers observateurs varient entre 8 (Savart) et peut-être 30 vibrations entières par seconde. La contradiction s’explique par certaines difficultés que rencontre l’expérience.

D’abord, si l’on veut produire sur l’oreille une impression équivalente, il est nécessaire d’obtenir une intensité dans les vibrations aériennes beaucoup plus grande pour les sons très-graves, que pour les sons aigus. Plusieurs acousticiens ont quelquefois émis l’opinion que, toutes choses égales d’ailleurs, l'intensité des sons de différentes hauteurs était directement proportionnelle à la force vive du mouvement de l’air, ou, ce qui revient au même, à la valeur du travail mécanique employé à produire le mouvement; mais une simple expérience au moyen de la sirène prouve que, si on emploie le même travail mécanique pour produire, dans les mêmes circonstances, des sons graves ou aigus, ces derniers donnent une sensation extraordinairement plus forte que les sons graves. Ainsi, par exemple, qu’on fasse arriver le vent au moyen d’un soufflet dans la sirène, de manière que le disque prenne une vitesse de rotation croissante, en ayant soin d’entretenir régulièrement le mouvement du soufflet, en élevant •» toujours de la même hauteur, et le même nombre de fois par minute, la tige du soufflet ; de cette manière, ce dernier reste régulièrement rempli, et il passe toujours dans la sirène la même quantité d’air à la même pression. On a, dans ces conditions, tant que la sirène tourne lentement, un son, faible et grave d’abord, qui monte de plus en plus, et qui, en même temps, acquiert une intensité croissante, de telle sorte

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