‹ La mutualité [microforme]Chapitre 10 sur 26 · À. BOURBONNIÈRE · texte numérisé non relu

À. BOURBONNIÈRE

Ce qu'elle a ité :

Ce qu'elle a été ;

Je pourrais bien retracer l'origine de la Mutualité bien avant l'avènement de Notre- Seignenr Jésus-Christ: au temps mêm2 de Joseph, fils de Jacob, qui mit à exécution les premiers principes de la « Prévoyance », et sauva l'Égypte de la famine, tel que le décrivent les textes 35.et 36 du premier livre du Pentateuque, la Genèse, CHAP. XLI.

Tous les habitants de ce pays, où régnait alors le roi Pharaon s’'empressèrent de suivre les conseils de Joseph et ils amassèrent, durant des années, en prévision des années de famine qui devaient envahir cette: contrée, et y semer la misère durant sept années. Lorsque ces années de famine arrivèrent, les Égyptiens avaient accumulé de nombreuses provisions et dans tout le Days, il y avait du pain.

Après l'avènement de Notre-Seigneur Jésus-Christ, lorsque les Apôtres, après avoir reçu l’Esprit-Saint commencèrent leurs prédications et à enseigner au monde la

doctrine de Celui qui était venu sur la terr” nour sauver les hommes et leur montrer le vrai chemin du ciel, ceux qui joignirent les apôtres et se convertirent, s’unirent ensemble, et ils avaient tout en commun, nous dit le verset 44, du chapitre 2, des Actes des Apôtres.

Ils vendaient leurs possessions et leurs biens et les distribuaient à tous, selon que chacun en avait besoin, (verset 45).

En relisant les actes des apôtres et saint Paul dans son Épitre aux Romains, chapitre XII versets 8, 9, 10, nous y voyons une admirable communauté, pratiquant visiblement la Mutualité.

Rien de plus beau, ni plus touchant que ce tableau de l’Église naissante : il a été tracé par saint Luc dans les Actes des Apôtres : « Toute la multitude de ceux qui croyaient, n'avaient qu'un cœur et qu’une âme et aucun d’eux ne S’appropriait ce qu'il possédait, mais ils mettaient tout en commun. »

Il n’y avait point de pauvres parmi eux, parce que tous ceux qui avaient des terres ou des maisons les vendaient, et en apportaient le prix; iis le mettaient aux pieds des Apôtres, et on le distribuait à chacun selon

son besoin. Ils étaient tous unis ensemble, et tout ce qu'ils avaient était commun.

L'Église, cette société que Jésus-Christ a établie a donc été la première Mutualité et comme il faut qu’elle subsiste, sans interruption, jusqu’à la fin des siècles, la Mutualilé, existera donc aussi, toujours, si ses promoteurs, ses propagateurs, suivent religieusement les enseignements de l’Église. Malgré la protection divine de son Auteur, l’Église 2 eu à subir bien des épreuves, mais elle est restée immobile et inébranlable.

À la suite de toutes les persécutions que l'Eglise eût à subir durant des siècles et qu'Elle subit malheureusement encore de nos jours, la terre se peupla d'hommes méchants et COrrompus qui se répandirent partout. Rome était alors le centre de l'idolâtrie et des persécutions. Cependant, la voix de saint Pierre, se faisait entendre à Antioche; celle de saint Paul, à Rome; celle de saint Thomas, aux Indes; celle de Saint Jean, dans l'Asie Mineure; celle de saint André, chez les Scythes; celle de Saint Philippe dans la haute Asie: celle de saint Barthélémi, dans la grande Arménie; celle de saint Mathieu, dans la Perse :

celle de saint Simon en Mésopotamie; celle

5s LA MUTUALIT

de saint Jude, dans l'Arabie, et celle de saint Mathias, en Éthiopie.

Cette Mutualité chrétienne couvrait donc tous les pays habités.

Les lumières concouraient avec les souffrances au triomphe du christianisme, et l’Église n’était pas moins vengée par les écrits solides de ses défenseurs, qu’honorée par le courage invincible de ses mariyrs.

Tertulien, prêtre de Carthage, publia alors, en faveur de la religion chrétienne, un ouvrage qu'il intitula: « Apologétique » et qui porta un coup mortel au paganisme.

Pour montrer que les assemblées des chrétiens n'étaient rien moins que factieuses, Tertulien décrit ce qui s’y passait. « Nous faisons, dit-il, #7 seul COTS, parre que nous avons la même religicn, la même morale, les mêmes espérances; nous nous assemblons pour prier Dieu, en commun, comme si nous voulions le forcer à nous accorder nos demandes; cette violence Lui est agréable.

« Ceux qui président à nos assemblées sont deux vieillards d’une vertu éprouvée, qui Sont parvenus à cet honneur, non par argent, mais par le bon témoignage de leur vie: car dans l’Église de Dieu, rien ne se fait par argent. S'il y à chez nous, quelque espèce

de trésor, chacun y a contribué; ce qui s’amasse ainsi est un dépôt sacré; mais il sert à l’entretient des veuves et des orphelins, au soulagement des pauvres et de tous les malheureux. »

Telle était la vie des chrétiens dans le troisième siècle de l’Église.

Ceci était bien, je crois, de la vraie Mutualité. Au temps de l'empire romain, les ouvriers de même profession s’associaient entre eux. Ils formèrent, à cette époque, des corporations. Les Germains, de leur côté, apportèrent l'usage des Ghildes, dont tous les membres se promettaient appui et célébraient leur union placée sous le patronage d’un Dieu ou d’un héros par des festins, ce qui valait aux membres de la Ghildes le nom de frères du banquet. Les deux institutions, se mêlant, formèrent les COrporations du moyen âge. Charlemagne les défendit, le synode de Rouen, en 1189, les prohiba; mais elles étaient trop une nécessité de ces temps de violence pour ne pas braver toutes les défenses. Les membres d’une corporation trouvaient, en effet protection les uns auprès des autres, secours pour les vieillards, les veuves, les orphelins.

60 LA MUTUALI'T f:

Chacun avait un saint pour patron, ses fêtes, son trésor. Les chefs, les Syndics ou jurés, qui faisaient la police du corps, prévenaient les fraudes et veillaient à l'observation des règlements: les règlements exigeaient un apprentissage long et sévère, et asSuraient aux membres de la corporation le monopole de leur industrie, de sorte que, Pour chaque Profession, le chiffre des Maitres était fixé par la Corporation elle-même. Il résultait de là qu’il n'y avait point de concurrence, puisqu'il n'y avait point de liberté, et que les prix étaient maintenus à un taux élevé. Mais cette discipline si sévère était nécessaire à l’industrie naissante. Plus tard, les Corporations furent une gêne; au treizième siècle elles donnèrent aux artisans la sécurité du travail, La bourgeoisie est Sortie de là. La période qui intervient entre la chute de l’Empire Romain à celle de l'Empire d'Orient est généralement appelée le Moyen Age.

La majorité des historiens représentent l'Europe, quoique injustement, je crois, durant ces âges, comme étant perdue dans l'ignorance et la barbarie.

Une partie de l'Empire Romain fut détruit. L'Italie, les Gaules, l'Afrique et

l'Espagne furent continuellement en guerre,

Les Perses et les Mahométans semèrent la désolation partout : Les ravages de ces peuples s’étendirent même jusqu'en Chine et au Japon. La France, l'Angleterre et l'Irlande furent à peu près, les seuls pays qui conservèrent, grâce aux ordres monastiques, les Principes et les doctrines prêchés par les Apôtres, leurs disciples et les pieux fidèles qui les avaient secondé dans la grande œuvre de la rénovation du monde par le Christ.

Aussi cette communauté admirable fondée par Dieu Lui-même, avait-elle grandement dégénéré.

Cependant, bien avant les commencements de cette histoire de l'humanité, les ancêtres des tribus Teutonnes, Celtiques et des Goths, qui étaient des peuples sauvages et barbares se livraient à des fêtes funèbres.

Ces fêtes tournèrent bien Souvent en orgie.

L'ombre de ces conditions primitives des peuples, se reflète encore, de nos jours, dans certaines veillées des morts.—(W AKE).

Certains historiens nous disent qu’à fur et à mesure, que ces tribus devinrent plus intelligentes et civilisées, ces fêtes se changèrent en clubs d’enterrements, lesquels

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avec l'avancement des siècles prirent les traits des sociétés mutuelles, substituant ainsi aux fêtes sauvages des morts, des dispositions décentes de funérailles, pour leurs défunts, et des secours pour les familles éprouvées, |

Certains historiens ont essayé de faire remonter l'origine de la Fraternité aux sociétés mortuaires Romaines qui existaient certainement avant même le règne de l’Empereur Adrien, en l’an 120; de là, à travers les âges florissants de l'Europe chrétienne; se développèrent, par la suite, en Angleterre ces sociétés fraternelles, et en Amérique des Associations de secours mutuels.

Un m:tualiste distingué, M. J. V. Dé- Saulniers officier d'académie et ex-président général des Artisans Canadiens français, a dit : «L'Egypte antique avec ses pyramides qu'ont bravéles siècles, Babylone, avec ses féériques jardins Suspendus et ses murailles sur le sommet desquelles roulaient mille chars démontrent dans l’humanité naissante, l'existence de l'association du travail, de la Mutualité.

« Plus tard, la Grèce Antique avec Tyr et Carthage établissent des dispositions pour l'association des capitaux et donnent à

leurs compagnies marchandes des règles à suivre pour établir leurs risques de mers.

« Au moyen âge, l’idée de corporation et d'association se dessine avec des contours moins indécis. Les travailleurs s'unissent et des secours mutuels sont accordés à l'ouvrier malade, au vieillard, et l’on songe même à la veuve et à l’orphelin. »

Les mutualistes anglais prétendent que l'origine des sociétés de nos jours, ne remonte pas à ces temps anciens, mais qu'elles nous viennent des Anglo-Saxons. Qu'’elles proviennent de cet esprit de gouvernement personnel dont les peuples Teutons étaient animés dès les premiers temps de leur existence ou d’autres parts. Tant que les organisations sociales des peuples ont été celles d’une tribu, d’une famille: les besoins de l’homme d’avoir la coopération pour se Sauvegarder contre l’infortune et la misère ne se sont pas fait sentir. Mais autant les tribus, les familles se séparaient et se brisaient, autant se formèrent ces associations. Les besoins sociaux et économiques, au lieu de diminuer, augmentèrent, et, pour contrebalancer cet état de chose, on vit s'établir des fraternités comportant des obligations et des bénéfices. De toutes ces organisa-

tions, il ne reste plus de traces, mais il est certain qu’elles existaient en grand nombre avant même qu'il y eût un roi d'Angleterre, car le fait est admis dans les vieilles lois anglaises même. Les lois d'Alfred le Grand, d’Athelstan et de Henri ler, rapportent ces

faits.

De leur nature, ces associations étaient, sans aucun doute, pour Ja bonne entente, la Sociabilité et les bonnes relations, entre les participants.

Les relations Sociales ont invariablement augmenté les Sympathies humaines. Les hommes qui se réunissent simplement pour s'amuser, finissent graduellement par se Porter un intérêt Particulier soit dans la prospérité, le succès d’un chacun ou dans l'adversité. Si l’un était éprouvé, l’impulsion charitable de ses autres compagnons Stimulée par les discussions entretenues dans leurs réunions, animait leur charité et nonseulement ils SymMmpatisaient avec l'éprouvé, mais une aide Substantielle était offerte et SPontanément donnée, et c'est ainsi que se Sont graduellement formés sous de bien humbles auspices, les grandes Confraternités du monde entier.

Ces sociétés ont fait un si grand bien à leurs membres par les bénéfices en maladie qui leurs ont été payés en augmentant leur indépendance, comme par les argents payés aux veuves et aux orphelins évitant ainsi la charité publique, qu’elles avaient droit à la reconnaissance des municipalités dont elles ont ainsi largement sauvegardé les intérêts financiers. Depuis, comme il est dit plus haut, que les commencements de la mutualité sont perdus dans l’obscurité du passé et qu’ils restent presque inconnus, quelques notions de leurs usages et “le leurs règlements ont cependant été obteuus par ceux qui creusent pour trouver les origines.

Aïnsi, nous trouvons dans l'histoire que le principe de l’association pour secours mutuels dans les affaires journalières de la vie était admis il y a 1200 ans.

Parmi les lois des rois Saxons qui régnaient de l’an 688, à l’an 725, on trouve des clauses qui protègent la responsabilité de ceux qui faisaient partie de ces associations.

Parmi celles du roi Athelstan, petit-fils d'Albert le Grand, qui promulga de sages lois, dont le règne s’étendit de l'an 924 à l'an 940, on trouve, entre autres ordonnances, la suivante :

(Et nous ordonnons aussi, à tous ceux qui ont donné leurs promesses, lors de leur induction (équivalent à leur serment d'office), si un de nous décède, que chacun des membres donne, un pain, pour le repos de son âme et qu’il chante cinquante psaumes ou qu'il les fasse chanter dans l'intervalle de soixante jours. » Ces pains étaient alors vendus et le produit employé à faire dire des messes pour le repos de l’âme du défunt. Dans ces temps, toutes les Organisations sociales étaient empreintes d’un Caractère profondément religieux, et les règlements des premières sociétés pourvoyaient à l’assistance de ses membres aux offices religieux afin de Prier pour leurs défunts comme Pour ceux devant mourir un jour.

Les aumôniers de beaucoup de sociétés étant ordonnés prêtres, devaient être membres, mais dans Ct.*aines sociétés, ils n’étaient pas admis aux assemblées. Certaines sociétés qui existaient du temps des Anglo-Saxons, nous dit l’histoire, avaient des règlements ainsi COnÇus : « Nous nous réunissons pour l’amour de Dieu et pour le bien de nos âmes en cette vie comme dans l’autre, ce que nous désirons suivant sa volonté.

« Nous voulons que nos réunions aient lieu trois fois l’an; une à la messe de saint Michel; la seconde, à la messe de sainte Marie (Notre-Dame) après la mie-hiver et la troisième après Pâques.

« L'aumônier devra chanter deux messes, une pour les vivants et une pour les morts.

« Au décès d’un membre, chaque confrère devra chanter six messes et réciter six psaumes et payer en plus une contribution de dix sous.

«S'il advient une épreuve par l'incendie à un confrère, une contribution sera exigée de chacun des membres.

« Si quelques-uns négligeni ses obligations, qu'ils en soient réprimandés, à moins qu'ils en soient excusés pour cause de maladie.

« Si quelques-uns insultent leurs confrères, ils seront passibles d’une amende de cinquante sous.

«Nous prions Dieu avoirtenu cette réunion

tel que nous devions le faire et qu’Il en soit béni. »

Ces sociétés avaient donc un but nonseulement de secours mutuels matériels, mais, de plus, par leurs ordonnances, elles propageaient la foi catholique, enseignaient

la justice, l'Economie, le Bien-Etre et la Charité chrétienne.

Plus tard ces sociétés acdoptèrent le Systeme de paiement en argent.

À peu près vers ie même temps, elles promulguèrent le principe d'engagement solennel, même le serment de ses membres et €nCore de nos jours, ces formules sont exigées et appliquées, quoique contraires à l'esprit de Dieu et à la doctrine et aux enseignements de l’Église.

Elles admettaient les hommes de toutes les classes de La société et même dès cette époque, la femme était admise, reconnais- Sant ainsi l'égalité des sexes et lors d’une admission les membres se saluaient entre eux et se donnaient le baiser de paix.

Les membres en vue, haut placés et riches se faisaient un devoir de léguer, après leur décès, une certaine Somme pour le bien de l'ordre, et ses donations servirent considérablement aux œuvres religieuses et civiques de ces temps-là.

Chaque membre revêtait, pour les réuniOns, un costume Spécial, et tous se faisaient un honneur de prendre part à toutes les cérémonies religieuses, civiques et funèbres de prier publiquement et de consacrer par

ces actes de foi, l’amour et la paix fraternelle qu’il avait juré de maintenir.

A la suite de ces démonstrations, les chefs de ces organisations haranguaient les foules.

Leur langage était de leur race respective.

On n'essayait pas, dans certain pays, comme de nos jours, d'imposer à ceux d’autres nationalités, le changement de leur langue maternelle et à introduire des usages et des coutumes que les membres de ces nationalités ne connaissaient point.

Le langage universel, d’ailleurs, comme certaines sociétés, même catholiques le désirent et le manifestent ne doit pas exister ; pour preuve de ce que j’avance, je réfère ceux qui désirent qu’une seule langue à l’époque où Dieu, lui-même fit naître les diverses langues. Ces nobles actions ne pouvaient engendrer autre chose que la Charité. Aussi, cette vertu, par excellence, cette vertu qui sauve, était-elle habilement et justement pratiquée.

À propos de langage, je crois qu'il peut bien m'être permis de faire ici une petite digression, en faveur de la langue française, qui, je n’en doute pas, intéressera un bon nombre de mes lecteurs.

Au temps de la conquête des Gaules par Jules César, les principaux dialectes parlés étaient le Celte-Teuton, des Bulgares: le Celte-Ibérique des Aquitainnes, et le Celte propre, dont on. se servait dans l’intérieur de ces pays. Le langage romain domina, cependant tous ces idiomes. I] appert aussi qu’au quatrième ou cinquième siècle, toutes les Gaules, du Rhin aux Pyrénées, à l'exception de la Bretagne, avaient adopté le langage de leur vainqueur NON pas le Sermo urbanus des écrivains classiques, mais cette forme du Latin laquelle, à cause de ses variations dialectiques, était devenue commune à toutes les provinces subjugées de l'Europe central—1a lingua Romana rustica.

vrai langage français commença alors à se développer:

C'était à peu près au commencement du XIIIe siècle. Son influence augmenta durant ce siècle par l'extension des terres de la Couronne; au XIVe siècle, par l'autorité croissante de la maison de Capet, l’organisa-

tion des cours de justices royales et le Parlement de Paris; au XVe siècle, par l’établissement d’un système militaire et fiscal, mais, surtout par l'invention de l'imprimerie: et au XVIe siècle, par les ordonnances formelles de François ler interdisant l'usage de toute autre langue, que la langue française dans les cours et dans les documents publics et privés.

L'Académie Française établie par Richelieu en 1635 pour régulariser la langue nationale, l'influence de la Cour, les travaux des Royalistes et les écrivains de l'époque mémorable de Louis XIV, la purifièrent, l’augmentèrent et la propagèrent encore de plus en plus. On s’en servi la première fois, comme langue diplomatique à la conférence de Nimwegen, en Hollande, en 1678. C'est à cette époque que la France est devenue une des Grandes Puissances.

Depuis, elle est aussi devenue la langue diplomatique de tous les peuples. Elle est encore, aujourd’hui, à la grande conférence de la Paix qui siège actuellement à Versailles, la langue officielle de ce grand congrès universel.

mom sonne ep

À cause de son admirable clarté, de sa précision et de sa richesse d’heureuses phrases familières, ainsi qu'avec la réputation de ses grands écrivains, et le rôle important que la France a continué à jouer Sur le continent européen, ce langage est maintenant devenu le premier qu’un homme du monde apprends à parler, après qu'il possède sa langue maternelle.

La langue française est donc la plus belle.

C’est la langue dont il est dit qu'elle était la plus délectable à ouir, celle qui flattait Je mieux l'oreille, savait le mieux conquérir les esprits, le mieux entraîner les cœurs.

En un mot, elle est l'expression la plus parfaite dont il soit donné à l’homme de revêtir sa pensée. Et cette langue si limpide, si riche, si souple, c'est la nôtre !

Ces faits et ces judicieuses remarques d’un auteur Anglo-Américain, sont bien de nature à nous faire aimer notre langue, à Ja défendre et à lui donner toute l'expansion possible,

Continuant la narration des usages et coutumes des anciennes sociétés, je trouve dans l’histoire que l'enterrement conver:able des membres; l’aide pécuniaire et autres, aux Pauvres, aux malades, aux infirmes, au vieil

âge étaient donnés largement, de grand Cœur; ceux qui souffraient de quelques infortunes étaient visités, soulagés et encouragés. On prêtait même des argents à ceux qui en avaient besoin et ce sans intérêt.

On procurait de l'emploi à ceux qui en avaient besoin, et chaque fiancée recevait, à son mariage, un joli cadeau.

Si le malheur arrivait à un des leurs d’avoir à subir une loi pénale, on le visitait et on l’aidait à obtenir sa liberté.

Tous ces secours, toutes ces charités.

S'étendaient non seulement aux membres, mais même au public en général.

De sorte que, de tout temps, toujours, la Mutualité a été grande, appréciable, à tous les points de vue. De nos jours, où il est tant question de Démocratie, ceux qui prêchent cette grande doctrine pourraient s’instruire à la lecture de la doctrine de l’Église et des ordonnances des anciennes associations mutuelles. C'est là, qu'a originé la vraie Démocratie.

En effet, c'était les apôtres et leurs disciples qui dirigèrent les premiers chrétiens; C'était la voix, l’assentiment de chacun de ses membres qui élisaient ses officiers, qui faisaient ses ordonnances et distribuaient ses faveurs ou ses charités.

On n'admettait pas de membre doutenx ni suspect, ou dont on pouvait soupçonner les intentions: tous devaient travailler pour un but commun, un bien mutuel. Le Camouflage, la coercition, les spéculations, n'étaient pas permises, ni même tolérées; on donnait à manger aux chiens.

Les discours élevés et tout de délicatesse devaient prévaloir afin de ne blesser personne, privément ou en public, et toute difficulté se règler et les intéressés se reconcilier.

Quelques associations adoptèrent aussi, après un certain temps des usages ritualistiques Où Symboliques, et exigèrent de leurs membres, le secret, à l'exemple des ordres de Chevalerie et des Francs-Maçons qui se formèrent en Europe après les Croisades.

Ces cérémonies d'initiation que l'on fai- Sait subir à ces novices, sont devenues tellement ridicules, pour des hommes sensés, que toute société bien organisée n’a pas besoin que l’on impose à un être intelligent de semblables procédés qui ont provoqué, en définitive, la risée, au détriment de celui qui en a été l’auteur.

Je ne décrirai pas la nature de ces scènes grotesques et disgracieuses d’un homme aux

yeux bandés qui se livre, Pour ainsi dire, pieds et mains liés et ce qui est encore pire, qui enchaîne sa volonté, sa conscience, sa liberté, sans savoir même dans quel but ni jusqu’à quel point il s'engage et à quel maître il se livre.

D'ailleurs, le grand Apôtre, saint Paul, le dit dans sa première Épitre aux Corinthiens, Chapitre VII, verset, 14: « Ne vous attachez pas à un même joug avec le: infidèles.

Car, qu'elle société y a-t-il entre la justice et l’iniquité? Ou qu'a de commun la lumière avec les ténèbres. » Comme le disait si bien, d’ailleurs, le Président Wilson, dans la première des quatorze propositions de son message au Congrès des Etats-Unis, le 8 janvier 1918: Propositions qui, aujourd’hui, seront la base de la Paix du Monde, à la grande conférence de Versailles : « Les Jours des traités internationaux secrets sent passés, ct les traités de Puix doivent être négociés ouvertement. »

S'il en est ainsi des négociations diplomatiques entre nations, à plus forte raison, il doit en être encore davantage entre individus.

On ne doit jamais avoir honte de ce que l'on fait, si l’on fait le bien.

Le mal cherche toujours l'obscurité,

Ces usages ont d’ailleurs été abandonnés par les sociétés de renom et auxquelles les Canadiens-français devraient se borner de devenir membres et ils ont été remplacés par des remarques appropriées pour le bien de la mutualité en général et des associations en particuliers.

Toujours à propos de corporations d'associations ou d’autres ordres religieux, militaires ou mutuels, je ne puis passer sous silence la création des ordres militaires armoiriés, car, je crois, que cette partie historique intéressera mes lecteurs.

Vers le temps de la première croisade (1095-1099) furent établies quelques institutions nouvelles. Un Provençal, Gérard de Martigues, fonda en 1100, l'ordre militaire des Hospitaliers connu plus tard sous le nom de Chevaliers de Rhodes et de Chevaliers de Malte. L'ordre des Templiers, institué en 1118, par le français HUGUES DES PAYENS, en fut une imitation. Dans la confusion que produisaient ces grands rassemblements d'hommes, des signes de reconnaissance étaient nécessaires; on inventa et on multiplia les Armoiries, emblèmes, divers dont les guerriers de distinction couvraient

leur bouclier, leur cotte d'armes ou leur bannière et qui depuis le treizième siècle passèrent de père en fils. La Chevalerie existait dans toute sa gloire même aussi longtemps que Philippe ler et la première croisade, Elle est un de ces faits qui semble plus appartenir au roman qu'à la vraie histoire. Cependant, la chevalerie ::

existé, dans toutes ses phases. Même dan:

les coutumes des tribus allemandes ro:::

pouvons tracer ses faibles commencen:c:1:

dans cette cérémonie ou le jeune hcrime recevait publiquement son bouclier et sa javeline et devenait un guerrier et un citoyen en vertu de ces insignes. Depuis,

l'épée a toujours été le symbole de cette sorte d'investiture; en 791, à Ratisbone,

Charlemagne, avec grande solennité ceignit

son fils, Louis le Pieux, de l’Épée; en 838,

Louis, conferra le même honneur à Charles

le Chauve, ajoutant : « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »

Ici on voit un élément de consécration religieuse ajouté à la simple cérémonie d'armement.

Maintenant il appert que les nobles lords, qui furent illiminés du reste du monde et qu'en avaient pas moins en pouvoir souve-

rain dans leurs châteaux, prirent plaisir à former des petites cours pour eux mêmes et à rassembler autour d'eux, leurs vassaux, qui étaient sensés leur rendre des services personnels, qui n'étaient pas considérés humiliants, mais plutôt des marques de distinctions. Ces vassaux formaient une hiérarchie, comprenant des constables, des maréchaux, des chamberlands, des sommelliers, etc., etc.

Mais les vassaux ne venaient pas seuls à la cour de leurs Souverainis, mais étaient accompagnés d2 leurs fils, qui devaient recevoir leur éducation et les perfectionnements de ces grands châteaux et rendre certains services, tel que ceux d'écuyers et de pages, etc. Lorsque un jeune homme semblait suffisamment instruit dans l'art de mettre et de servir la table et d’habiller et d'armer un chevalier, il était lui-même fait chevalier, par une sorte d’ordination qu'il recevait des mains de son lord féodal, d'après un cérémonial solennel.

Premièrement, venait le bain, le symbole de la pureté qui doit distingué un chevalier: une robe rouge, de la couleur du sang qu’il doit donné; une robe noire, emblème de: la mort qui l’attend. Un jeûne de vingt-

quatre heures suit cette cérémonie puis un soir était passé en prières dans une église.

Le jour suivant, après la confession, la communion et un sermon, une épée consacrée était suspendue au cou de l'appl cant | qui s’agenouillait devant son lord lui deman- / dant l’ordre de chevalerie. Alors, les chevaliers, quelquefois les dames, l’investissaient des éperons, du haubert, de la cotte ] de maille, de la cuirasse, des brassards, des | gants et finalement de l’Épée, après quoi, le lora lui donnait l’accolade en le frappant sur les épaules, par trois fois du plat de l’Épée et disant : «Au nom de Dieu, d:

saint Michel et de saint George, je te fais chevalier. »

ee

Immédiatement le jeune chevalier montait sur 5on coursier au milieu de la foule réunie dans la cour du château.

Les devoirs des chevaliers étaient de prier, d'éviter le péché, de défendre l'Église, la veuve et les orphelins; de protéger le peuple, de voyager partout, de faire loyalement la guerre, de se battre pour son épouse, d’aimer son Seigneur et d'écouter les hommes bons et sincères, comme le vieux roi Alexandre, ainsi devait S2 conduire un chevalier.

Il existait aussi, à ce: époques de l’histoire, des Fraternités, des sociétés religizuses pour la pratique des exercices pieux et de bienveillance. Elles se formèrent bien souvent durant le Moyen Age dans le dessein d'imiter les ordres sacrés. Du l2ième au 15ième siècle, rien n'était considéré plus méritoire que de fonder et d'appartenir à ces fraternité: Le laïque qui ne voulait pas prononcer des vœux monastiques, entrait dans ces fraternités, afin d'obtenir quelques uns des avantages des religieux, tout en restant dans le monde. Ces fraternités se formèrent d’abord sans l'ingérence du clergé, et c’est pour cela que plusieurs d'entre elles, qui n’avaient pas obtenu ou n'avaient pas demandé d'être reconnues par l’Église, eurent l'apparence d’en être détachées; ce qui les exposait d’être accusées d’hérési:. Les fraternités pieuses qui se formèrent sous la direction de l'Eglise Ou reconnues par Elle, étaient requises, par leurs règlements d'assister les voyageurs, les infortunés, les affiigés, les malades et les abandonnés pour cause d'insuffisance du secours municipal, le manque d'institutions pour les pauvres, ou faire certains actes de pénitence et de dévotion. De cette caté-

en “soma hote

LA MUTUALITÉ si

ET annee a a,

| gorie furent les Fratres Pontifices, une fra- | ternité qui fut fondée en Tuscane, Italie,

au 12ïième siècle, où ils eurent des établisse-

ments sur les bords de l’Arno, (fleuve d’Italie), pour permettre aux voyageurs de traverser cette rivière et de les secourir en Ca; de désastre. Une fraternité similaire fut plus tard fondée en France : ses membres 4 Construisaient des ponts et des hôpitaux:

maintenaient les traverses, tenaient ]2s chemins en hon état, et voyaient généralement à la sûreté des grandes routes. Un pont de 18 arches sur 12 Rhône, à Avignon, bâtit par saint Bénez en 1177, et un autre de 22 arches sur 1a même rivière, à Pontsaint Esprit, bâtit entre l'an 1265 et 1309 furent les plus grands exploits de ce temps, en Construction de ce genre.

Ils amassèrent graduellement de grande fortune par les aumônes et les dons. En 1519, ils furent sécularisés, à cause des abus qui s’insinuèrent dans leur ordre.

Semblables à ces derniers, étaient aussi | les Chevaliers Compagnon de Santa Her- |

mandad, en Espagne, les Familiers et Porteurs de Croix, au service de l'Inquisition Espagnole: les frères Calender,en Allemagne : les Alexiens aussi en Allemagne et en Polo-

s2 LA MUTUALITÉ:

gne et la Hollande, etc. Le principal but des Alexiens était de visiter les malades et les prisonniers; de demander l’aumône pour ensuite en faire la distribution: de consoler les criminels et de les accompagner au lieu de l'exécution; d’enterrer les morts et de faire dire des messes pour les exécutés ou les personnes trouvées mortes. Ils prirent leur nom de saint Alexis, leur saint patron et leur fraternité se recruta, principalement, au début de leur ordre, parmi la classe ouvrière du pays de Hollande. Malgré qu'ils fussent laïques, ils avaient leurs couvents et leur ordre était divisé en deux provinces sr:s un gouvernement ecclésiastique. Ils augmentèrent plus tard leur ordre en y admettant les femmes, qui prirent le nom de Sœurs noires. Ils existent encore en société pour enterrer les morts, à Anvers, Utrecht, et Cologne.

Ils ont été très utile dans la dernière grande guerre. Un grand nombre d’autres fraternités et des sociétés comme celles déjà citées furent fondées dans tous les pays. du monde. Toutes, elles ont fait et font encore un bien immense à l’humanité.

La première partie du sujet que je traite n'est certainement pas épuisée et je pour-

nr tan

rais citer de nombreux faits historiques à l'appui de l’origine de la Mutualité. Je crois cependant, en avoir dit suffisamment pour prouver à ceux qui voudront bien me faire l'honneur de lire ces pages que la Mutualité, n'est pas nouvelle, mais très ancienne; que son vrai fondateur est l'Homme-Dieu, luimême; que son but est noble et grand, qu'elle a prospérée, lorsqu'elle a suivi les vrais principes de Foi et de Charité, pour lesquels elle a été fondée et que ses propagateurs ont toujours suiviles enseignements, les conseils et la direction sage de ses aviseurs ecclésiastiques, l’autorité première, en ce monde, quoiqu’on en dise.

Mi NtMNtniate

Ce qu'elle es;

SP

J'arrive maintenant au second point :

La “ Mutualité” Ce qu'elle est ;

La Mutualité de nos jours compte des milliers d’associations, des millions de membres, détenant des milliards de capitaux.

Elles ont payé et elles paient encore des sommes énormes de bénéfices en maladies et aux décès de leurs membres et malgré He cela je puis dire qu’elles en paieront encore

davantage, car cette Science Mutualiste n’en est encore qu'à sa seconde période.

Pour celui qui a suivi le cours des événements de la Mutualité dans tous les pays de l’Union, il.a pu constater que depuis un certain nombre d'années non seulement les promoteurs des organisations de secours mutuels ont fait une étude spéciale de cette

“+ science, dans tous les pays du monde, mais aussi les gouvernements, les législateurs se sont intéressés à la question.

A la suggestion des intéressés presque tous les gouvernements ont promulgué des lois pour améliorer les constitutions, les

ss LA MUTUALIT f;

ordonnances, consolider les fonds et pour mettre dans un état tel qu'aujourd'hui l’on peut dire sans crainte que les sociétés de secours mutuels sont sur le même pied que les plus importantes compagnies d’assurance-vie; elles offrent même plus d'avantages, Pour une somme d'argent moindre que celle exigée par ces dernières. Comme l’a dit un jour le mutualiste distingué que j'ai déjà cité au début de ce travail, M. J. V. Désaulniers.

« La plupart des Associations de secours mutuels durent péricliter, au début de leur carrière, parce qu’elles ne reposaient pas Sur des données scientifiques contrôlées par la statistique.

Mais, la philantropie chrétienne s’est éprise de la question de nos jours, et des économistes distingués ayant fourni des calculs établissant la vie probable et la maladie moyenne aux différentes époques de la vie humaine, les Causes qui gênaient et entravaient le bon fonctionnement des sociétés bienveillantes ont disparu et leurs conditions de vitalité sont heureusement bien établies.

Les gouvernements les plus policés se sont occupés de la question d’une manière sé-

LA MUTUALITf: 89

rieuse. La France, notre mère-patrie est dotée d'un admirable système de sociétés mutuelles. Dans l’Empire Britannique de nombreuses associations avec les modes les plus divers, portent le peuple à l'épargne.

En Allemagne, on a même décrété l’assurance obligatoire. En Australie, outre les systèmes de protection ordinaire, le gouvernement a créé un fond permettant de payer une rente viagère à tout vieillard octogénaire.

Chez nous, la Mutualité n'est pas en arrière et nous avons droit d'être fiers de nos associations nationales de bienfaisance en général.

Dieu seul sait combien elles ont séché de pleurs et nourri d'orphelins.

La Mutualité qui joue un si grand rôle dans le monde économique, devient pour nous eu égard à nos besoins particuliers de jeune peuple une nécessité nationale. Notre peuple vient de naître, il est vigoureux, la sève qui parcourt ses membres est celle d'une race fière et noble entre toutes :

nos pères étaient fils de la valeureuse France. »

La Grande République Américaine qui est aujourd’hui le point de mire du monde

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P. 1653 Eost Moin Street

Rochester, New York 14609 USA (716) 482 - 0300 - Phone (716) 288 - 5989 - Fox

entier par son immense territoire, ses productions de toutes Sortes, son commerce mondial, ses industries sans nombre, ses immenses richesses, sa vaillante armée en un mot sa population de toutes races et de toutes croyances religieuses se chiffrant dans les « Cent-dix millions » d'habitants, ainsi que son administration « Démocratique », par excellence dont l'énergie et la force de conviction vont probablement changer la face du monde entier; cette République, qui dans cette guerre mondiale a fourni à tous les Alliés le nerf de la guerre, l'or et l'argent absolument nécessaire, indispensable pour mener à bonne fin cette revendication des droits de l’homme et des nations; qui a transporté plus de (2,300,000) deux millions trois cents milles hommes, tous bien équipés , bien nourris et bien entraïinés et Surtout anxieux de vaincre le despotisme et la barbarie sur les champs de bataille de l'Europe; qui en avait encore autant en Préparation dans les divers camps militaires fondés spécialement à cette fin, dans toutes les parties des Etats-Unis et ce en bien peu de temps, et qui était prête à l'unanimité de ses Citoyens d’en fournir Dix millions (10,000,000), s’il s’en fallu

pour vaincre l’ennemi commun; cette République dis-je abrite, chez elle 9,339,287 membres de sociétés fraternelles de tout genre.

Le montant d'assurance que portent ces Sociétaires s'élève à l'énorme chiffre de $9,832,182,741. Il est distribué, chaque année aux bénéficiaires de ces membres, $140,000,000 (en 1918, $131,119,724). Leur actif se chiffre dans les $373,028,207. Depuis leur organisation, ces sociétés ont payé en bénéfices, $1,750,000,000 et si j'y ajoute ce qu'elles ont payé à leurs malades ou pour soulager les éprouvés, j'arrive à une somme de $2,350,000,000. A ce compte, les sociétés fraternelles des États-Unis auraient donc, depuis les quarante quelques années de leur existence payé à leurs membres l'énorme somme de $2,800,000,000, et ceci n'est que la première période de ce mouvement mutualiste, qui donnera, j'en suis certain, des résultats encore plus étendus dans l'avenir.

Combien de cités, de villes et de municipalités ont bénéficié par ce fait et ont été ainsi exemptées de donner des secours à un grand nombre.

Les premières sociétés fraternelles américaines furent établies presque sur les mêmes bases que les sociétés fraternelles anglaises qui implantèrent de leurs branches aux États-Unis au commencement du XIXe siècle.

Le premier homme, aux Etats-Unis qui reconnu la possibilité de développer avantageusernent une association coopérative de secours accordant une indemnité à la mort par le système de Succursales fut John Gordon Upchurck, qui fonda en 1868, «l'Ancien Ordre des Travailleurs Unis »

Ancient Order of United Workmen.

Plusieurs autres sociétés semblables s’organisèrent durant les dix années suivantes.

Quelques-unes, en raison des taux élevés qui étaient chargés par les compagnies d’assurance-vie et des exigences exhorbitantes des dispositions de leurs polices, introduisirent de suite le paiement de l'indemnité mortuaire.

Une impulsion plus puissante dans ce sens se produisit en 1870, lorsque plus de soixante vieilles compagnies d’assurance-vie toutes sensées avoir une réserve légale (Legal Reserve), faillirent, créant un très fort

. mb rimes té, med

sentiment de défiance et d'hostilité vis-à-vis des compagnies d’assurance-vie.

Sous ces circonstances, les sociétés fraternelles augmentèrent.

. De 1881-90, beaucoup de sociétés furent organisées. Le J1lième recensement des États-Unis rapporte que le 31 décembre 1889, il y avait aux Etats-Unis, 298 sociétés, ayant 40,342 cours subordonnées.

Malgré que les sociétés mutuelles des États-Unis soient à peu près sur les mêmes bases que les sociétés anglaises et écossaises, elles n’en sont pas moins, cependant, des institutions américaines, organisées entièrement en dehors des sociétés d’outremer.

Les lois qui gouvernent actuellement les sociétés fraternelles sont quelque peu en état de transition et comme le dit un important facteur des lois qui gouvernent les sociétés fraternelles, la période que nous avOnS à parcourir d'ici au 31 décembre 1920, sera une période de changements et d'améliorations dans le Système des sociétés de secours mutuels.

Comme les sociétés sont créées et gouvernées par les lois des différents Étatsces changements amèneront nécessairement des modifications très importantes. Le

grand problème des dernières années a été le rajustement des taux, afin de mettre les sociétés en accord avec les principes des actuaires.

Dans l’état co: "w-York, de cinquantecinq (55) sociétés qui ont fait rapport de leur situation, au département des assurances, en 1917, quatorze, (14) seulement, avaient le 1000, ou plus de la réserve. En d’autres termes, la solvabilité de quarante et une (41) sociétés, était douteuse. Un développement nouveau s’est aussi manifesté, celui d’assurer tous les membres d’une même famille.

À la convention des commissaires des assurances, en décembre 1916, ce ncuveau Système fut approuvé. Il y eu opposition, cependant de la part de plusieurs commissaires, entre autres par le Surintendant M. Jesse S. Phillips, de l’État de New- York :

Dans son rapport de juin 1917, M. Phillips dit que, si les sociétés fraternelles obtiennent le privilège de faire de l'assurance infantile, elles devraient être requises, par la loi, de mettre leurs affaires sur un pied de solvabilité indiscutable.

Trois fédérations d'associations fraternelles ont été fondées aux Etats-Unis.

L’Association du « Congrès Fraternel National », The National Fraternal Congress; le «Congrès F raternel Américain », The American Fraternal Congress; et les « Fraternités Associées d'Amérique », The Associated Fraternities of America.

L'association du Congrès Fraternel National fut fondée à une assemblée tenue à Washington en 1886. Les délégués de dix-sept sociétés y assistèrent. Dans la constitution qui fut adoptée, il est déclaré que « le but de cette Organisation est d’unir d’une manière Permanente toutss les sociétés de secours mutuels légalement établies, pour leurs protection, bénéfices et informations mutuelles ».

Ces dernières années, cette association s'est employée et a énergiquement travaillé à accomplir deux buts.

Le premier, l'augmentation volontaire des taux de cotisation par les sociétés affiliées, afin d’accumuler une réserve, ou, si vous préférez, un fonds d'urgence, ou emergency fund. Le second, d'obtenir une législation uniform> par les divers Etats,

96 LA MUTUALIT É

des Etats-Unis et des Provinces du Canada, Sur les questions touchant l'assurance fraternelle,

Quelques-unes de ces mesures spécifiques que l’Association a proposées et soutenues sont exposéss plus loin.

Le Congrès Fraternel Américain fut organisé à Omaha, Nebraska, en 1898, par les délégués de dix-huit sociétés. Le but de cette organisation était de travailler à l’établissement d’un fond de réserve, par les sociétés fraternelles. Aucune société, n'ayant pas un fonds de réserve, ne pouvait en faire partie.

L'association du Congrès Fraternel National a fait tellement de travail dans ce sens que, cette dernière fédération, le Congrès Américain a eu bien peu d'occasion d’agir en faveur d’un tel mouvement.

Les Fraternités Associées d'Amérique, furent organisées à Chicago, Illinois, en Mars 1901, per les représentants des jeunes sociétés de secours mutuels.

Quarante-deux sociétés étaient représentées à cette assemblée. Dans les premières années de son existance, l'association des Fraternités Associées d'Amérique était énergiquement opposée à l’idée de l’Asso-

ciation du Congrès Fraternel National de travailler à obtenir une législation déterminant des taux minimum de cotisations. Les deux associations, Cependant, après un certain temps s'entendirent et coopérèrent dans plusieurs Programmes de législation très importants. En 1913, elles s’amalgamèrent Sous le nom de « Congrès Fraternel Na-

nal Congress of America. Ces dissensions qui étaient survenues, au sein même des associations fraternelles déterminèrent les

du Congrès Fraternel National, un bill fut préparé dont les dispositions étaient d’as- Surer la solvabilité des Sociétés. Ce bill fut approuvé, après certains Changements, au Congrès de Mobile, Ala., le 28 septembre 1910. C'est Pourquoi il est connu sous le nom de Bill Mobile, The Mobile Bill.

Cette loi exige que les sociétés fassent Tapport de la condition de leurs affaires, démontrant que tous leurs certificats ou

polices sont évalués sur la base de la table du Congrès Fraternel National, au minimul, et que les revenus des placements sont calculés à quatre pour cent, tendant ainsi à une évaluation exacte des valeurs des sociétés de secours mutuels, afin qu’elles démontrent la plus haute réserve et qu’elles soient ainsi légalement solvables. Le Bill Mobile avait été admis, en 1913, dans onze États, et avait été mis en opération par autorité des départements d’assurance dans deux Etats.

Une loi, amendant ce bill, désignée sous le nom de New-York Conference Bill, a été adoptée depuis, à New-York, les 3, et 4 décembre 1912, à une conférence des représentants des membres du Congrès Fraternel National, des Fraternités Associées d’Amérique et des Fraternités Fédérées avec les délégués de la Convention Nationale des Commissaires des Assurances, et elle fut mise en force par vingt-deux États. Aujourd’hui, trente-neuf États ont adopté ces lois. Les autres Etats et le Canada en feront autant d'ici 1920; alors, toute société qui ne pourra subir l'épreuve de ces lois sera privée de continuer ses opéra-

tions ou cotisation.

Il vient de se fonder, le 22 février dernier à l'Hôtel Sherman, à Chicago, II1., une nouvelle Association l'American Fraternai Congress; le « Congrès Fraternel Américain », composée de sociétés ayant un effectif de 3,900,000 membres.

obile, le Whole s’opposera aux Bills Sociaux ou d’États.

Par d’autres m

Oÿens pour arriver au même but.

le rapport de la féd SCCOurs mutuels, :

16 septembre 1891, était fondé:,

ton, Ontario, « L'Association Fra

ternelle Canadienne »

Canadian Fraternal Asso-

forcée d'augmenter ses taux de

dt né. SRE

cialion, dont M. Henri Roy, secrétaire-trésorier général de la société des Artisans a été élu Président en 1916, le Dr Théo Cypihot, médecin en chef de l’Alliance Nationale, a été nommé Président de la Section Médicale; M. Chas Duquette, vice-président et inspecteur en chef de l'Alliance Nationale et M. Rodolphe Bédard, Président général des Artisans ont été élus membres permanents de la Législation.

Depuis que ce qui précède a été écrit, la 28ème assemblée annuelle de cette organisation a été tenue au Château Laurier, Ottawa, Ontario, les 24 et 25 avril dernier.

A cette assemblée, M. J. A. A. Brodeur récemment élu Haut Chef Ranger de l’ordre des Forestiers Canadiens, de Montréal a été élu vice-président et le Dr J. A. Rouleau, médecin en chef de la Société des Artisans Canadiens-Français, aussi de Montréal a été élu président de la section médicale.

- L'Association fraternelle Canadienne est composée d’une vingtaine de sociétés, représentant 368,349 membres.

C'est à son Exécutif que l’on doit la Loi Statuant que les sociétés fraternelles doivent procéder annuellement à l'évaluation de l'assurance en vigueur et en faire rapport aux .

divers 8Ouvernements et À leurs membres, Cette Association est donc aussi importante, aussi influente que les Associations similaires américaines. Si les Associations fraternelles de langue anglaise des États-Unis et du Canada ont formé entre elles des fédérations Pour consolider leurs actions et leurs intérêts, les Canadiens-Français des tats-Unis ont, eux aussi, leur fédération, la « Fédération des Sociétés Catholiques Franco-Américaines », fondée à Fitchburg, Massachusetts, le 25 septembre 1916, et incorporée à Boston, le 16 octobre 1918.

Le but de cette Association est aussi de consolider la solvabilité des sociétés de secours mutuels Franco-Américaines ; mais elle a aussi un autre grand et noble objectif, celui de travailler à Ja diffusion et à la Conservation de la langue française aux Etats-Unis. De concert avec Ja Ligue de Ralliement Français en Amé ique, cette Association Sauvera, je l'espère, nos chers COMmpatriotes des Etets-Unis, des dangers de l’Américanisation.

Les Canado-Américains doivent avant tout conserver la foi de leurs pères et la langue de leurs mères, tout en demeurant

| pnaanannrtonne a,

loyaux et bons citoyens de la République Américaine.

Voici le nom et le but de cette corporation.

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