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CHAPITRE PREMIER

Objet de la Mythologie scientifique.

La mythologie (\wbokoy(a) est la science qui gamine les jjiuôoi, c'est-à-dire les légendes relatives à la cosmogonie, aux dieux et aux héros. Le terme mythologie s'emploie aussi pour désigner ces légendes elles-mêmes. Ainsi, quand nous parlons de « la mythologie de la Grèce », nous voulons désigner la collection complète deslégendes de la Grèce , divines, héroïques et cosmogoniques. Quand nous parlons de la science de la mythologie, nous avons en vue les divers essais que Ton a faits pour expliquer ces anciens récits. De très bonne heure certainement dans Thistoirede la pensée, les hommes arrivèrent à reconnaître que leurs légendes religieuses avaient grandement besoin d explication.

Lesmythesdes peuples civilisés, commeles Grecs et les Aryens de l'Inde, contiennent deux éléments : l'un rationnel et l'autre irrationnel. Les mythes rationnels sont ceux qui représentent les dieux comme des êtres doués de beauté et de sagesse. L'Artémis de l'Odyssée « qui prend son plaisir à la chasse des sangliers et des daims légers, tandis que

folâtrent avec elle les sauvages Dryades, et qu'ellemême élève au-dessus de toutes son front, se faisant aisément reconnaître au milieu de tant de beautés, » est une représentation mythique parfaitement rationnelle d'un être divin. Nous sentons tout de suite que la conception de cette auguste gardienne des forêls, reine et chasseresse, fière et pure, est une idée pleine de beauté et de naturel qui ne demande pas d'explication. D autre part, l'Artémis d'Arcadie qui est confondue avec la nymphe Callisto et fut, dit-on, métamorphosée en ourse et plus tard en étoile, et l'Artémis Brauronienne *, pour qui les jeunes filles dansaient une danse de Fours *, sont des déesses dont la légende ne paraît pas naturelle et a besoin d'explication. Ainsi encore, il n'est rien qui ne soit explicable et naturel dans la conception du Zeus Olympien tel que nous le représente sa grande statue chryséléphantine à Olympie, ou dans la conception homérique de Zeus comme d'un dieu qui « dirige de tous côtés des yeux étincelants » et observe toutes choses. Mais le Zeus dont on montrait le tombeau en Crète, le Zeus qui jouait à Déméter un tour obscène à l'aide d'un bélier, le Zeus qui devint, sous la forme d'un cygne, le père de Castor et de Pollux, le Zeus qui n'était qu'une pierre grossière, le Zeus qui trompa

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