ORACLE D'AMMON
La seconde prêtresse enlevée par les Phéniciens fut conduite dans la Libye. Cette étrangère surprit d'abord : on voulut l'interroger ; on n'entendit point son langage : elle pratiqua quelques cérémonies de son
ancien ministère; on lui attribua quelque chose de divin, et probablement elle sut tirer avantage des hommages qu'on lui renckit. bientôt ses réponses passèrent pour des oracles , et bientôt sa célébrité devint si grande , qu'on venait la consulter de toutes parts , malgré les dangers d'un aussi pénible voyage. Les'^ sables brûlans de la Libye ne furent plus un obgtacle assez puissant pour modérer l'inquiète et active curiosité des hommes sur
l'avenir.
Des prêtres succédèrent à cette femme , et s'emparèrent du soin de rendre les oracles. Us représentèrent Jupiter Aramon avec une tête de bélier et des cornes. Quatre-vingts prêtres de ce dieu portaient sa statue sur leurs épaules , dans un navire doré ; ils ne tenaient aucune route certaine , et laissaient croire que le dieu les poussait. Une nombreuse troupe de jeunes filles et de dames accompagnait cesprôtres, et chantait des hymnes h l'honneur de Jupiter. Le navire était orné d'un grand nombre de patères d'argent qui pendaient des deux côtés. Les prêtres annonçaient les décisions de leur Amraon, sur quelque mouvement ou quelque signe de la stitue. Ces descriptions nous ont ete transmises par Quinte-Curce et par Diodore de Sicile.
AVEC l'histoire. 193
Quelquefois les prêtres d'Ammon se montraient incorruptibles. Lysandre, ayant voulu faire changer l'ordre de succession au trône à Sparte , essaya tous les moyens de corruption pour obtenir les réponses qu il désirait ; les prêtres de Jupiter envoyèrent à Sparte une ambassade solennelle pour former contre lui une accusation publique.
Ces mêmes prêtres , cependant, prévinrent en quelque sorte la vanité d'Alexandre , et le saluèrent comme fils de Jupiter aussitôt qu'ils l'aperçurent ; mais Alexandre était déjà couvert de gloire, et tout obéissait à sa puissance.
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