TOME I
pie ; et , depuis ce temps , ce marais se nom me Saronique , au lieu de Phœbéen.
Egéon est peint j)ar Homère comme un redoutable géant. Ovide le dit fils du ciel et de la Terre. Il habitait la mer; il en sortit pour secourir les Titans contre Jupiter. Neptune le vainquit , et le força de rentrer sous les eaux.
Nous ne devons pas omettre les fables des Alcyons , oiseaux marins qui ont la propriété défaire leurs nids sur les flots, même penflant l'hiver. Pendant les quatorze jours , du 13 décembre au 28 du même mois, la mer reste calme et semble respecter ces oiseaux. Les mariniers donnent à ce temps le nom (\e jours alcyons. Cette singularité produisit une fable.
Alcyone , femme de Céix , roi de Trachine , vit en songe son époux qui revenait de consulter l'oracle de Delphes. Au lever de l'aurore , elle courut sur le rivage; elle aperçut un corps flottant, et reconnut Céix; n'écoutant plus cjue son désespoir, elle se ]>récipita dans la mer. Les dieux, tquchés de compassion, les changèrent 1 un et lautre en alcyons.
A\>:c i, HisroifiE. 267
NYMPHES , DRYADES , HAMADRYxV- DES, NAPÉES, ORÉADES ET NÉ- RÉIDES.
Ces divinités tiraient leur origine de leau, et doivent être rangées parmi les divinités de la mer. Celles qui habitaient la terre portaient généralement le nom de njinphes. Celles qui gardaient les fleuves et les fontaines se nommaient jSniaths. Celles qui habitaient les marais, les étangs, se nommaient Liinniades ; celles des bocages, Napées; celles des bois. Dryades ; et celles qui étaient particulièrement attachées à cpielques ai'bres , avec lesquels elles naissaient et mouraient, se nommaient Tlamadryades. Les nymphes des montagnes s'appelaient Oréades^ et celles de la mer portaient toutes le nom de Néréides. On leur ofirait en sacrifice du lait, de 1 huile, du miel et quelquefois des chèvres. On croit que le mot rijmjjhe vient, de lympJia , eau , ou du mot phénicien nèplias , âme.
Avantle système duTartareet des Champs- Elysées , on croyait que les âmes erraient autour des tombeaux , ou dans les jardins et les bois qu'elles avaient aimés pendant quelles étaient réunies à des corps. On avait pour ces lieux un respect religieux ; et c'est de là
268 LA aiYTIIOLOGIE COMPARÉE
qu'était venue la coutume de sacrifier aux mânes sous des arbres verts. On chargea les Nymphes du soin d'y présider , et l'ou juije d'après cela que leur nombre dut s'accroître à 1 infini. Nous cro3ons très-inutile de les nommer toutes.