‹ La mythologie (volume 2)Chapitre 32 sur 77 · THÉSÉE · texte numérisé non relu

THÉSÉE

Élhra , fille de Pithée, Tondateur cl roi de Trézène, avait aimé en secret Egée, roi d'Athènes. Elle ne tarda pas à se repentir de sa faiblesse. Egée, forcé de s'éloigner , plaça sous une lourde pierre une épée et des chaussures , et convînt avec In princesse que , si elle accouchait d'un garçon , elle le conduirait près de la pierre et la lui laisserait soulever, afin qu'il pût prendre lui-même le glaive qui servirait à le faire reconnaitre.

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Thésée, parvenu à T adolescence, apprend le nom de son père et se dispose aussitôt à faire le voyage d'Athènes. Sur son chemin il rencontre le géant Périphète , qui assommait les voyageurs avec une massue d'airain, il le tue et arrive à Gorinthe. Là vivait Synnis, brigand doué d'une force prodigieuse , qui , non content de dévaliser les voyageurs , se plaisait à les attacher à deux pins qu'il avait plies , et les arbres , en se redressant , déchiraient ces infortunés. Thésée lui infligea le même supplice.

il tua ensuite une laie énorme nonmiée la Phaye.

Sur les confins de Mégare il fut arrêté par Scyrron, prince perfide qui présentait ù ses hôtes ses pieds à laver , et saisissait ce moment pour les précipiter dans la mer. Thésée le punit de la même manière. A Eleusis il vainquit le lutteur Gercyon. Plus loin il arracha la vie à Procuste, géant d'Ancaste : ce monstre , qui était de petite taille , forçait les étrangers à se coucher sur son lit de fer, puis il leur faisait couper les parties du corps qui dépassaient.

Enfin, couvert de gloire, Thésée arrive à Athènes. Il trouve Egée, déjà vieux et entièrement subjugué par Médée. Cette cruelle magicienne pénétra le secret du jeune héros. Craignant de voir expirer sa puissance si un fils était rendu à la tendresse du roi, elle persuada au faible Égéc de se défaire d'un liAte dont l'ambition pouvait menacer son trône et

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sa vie. Thésée, traité avec honneur, est aussitôt invité à un festin splendide. On lui présente an mets empoisonné , et il tire son épée pour trancher les viandes... Soudain Egée reconnaît le fils d'Éthra dans un héros dont le bras invincible doit le délivrer des Pallantides, qui convoitent sa couronne. L'abominable Médée est encore une fois réduite à fuir.

Thésée, vainqueur des cinquante fils du tyran Pallas, combat le taureau de Marathon, Tenchalne et le sacrifie dans le temple d'Apollon.

Bientôt il accomplit le plus glorieux et le plus célèbre de ses travaux , la mort du Minotaure.

Minos, roi de Crète et fils de la belle Europe, que Jupiter, sous la forme d'un taureau , avait enlevée et transportée au delà des mers , avait voulu punir Egée en infligeant aux Athéniens un odieux tribut. Egée, jaloux d'Androgée, fils de Minos, qui, aux fêtes d'Athènes , avait remporté tous les prix et s'était ensuite montré l'ami des Pallantides, le fit égorger. Le roi de Crète s'embarqua pour l'Altique. Il lit le siège de Mégare , et repoussa l'oflre de Scylla , fille de INisus, qui voulait lui livrer le cheveu couleur de pourpre auquel la vie de son père et le salut de sa patrie étaient attachés. Cependant il s'empara de cette place , et put alors impos<*r aux Athéniens d'impitoyables conditions.

Ils devaient lui envoyer tous les neuf ans sept jeunes filles et sept jeunes garçons choisis parmi ceux des premières familles. Ces malheureux étaient livrés au Minotaure , monstre horrihle , moitié homme et moitié taureau , fruit impur des amours de Pasipbaé ; il se nourrissait de chair humaine et habitait le Labyrinthe.

Dédale, ayant encouru la disgrâce de Minos, fut enfermé lui-même dans le Labyrinthe qu'il avait construit avec son Gis Icare. Pour sortir de cette enceinte inextricable, il fut obligé de fabriquer des ailes avec de la cire et des plumes. Il recommanda à Icare de ne pas s'élever trop haut. Mais Timprodent jeune homme, cherchant à s'approcher le plus près possible du soleil, sentit la cire se fondre par la chaleur des rayons , et tomba dans la mer que Ton a depuis appelée Icarienne.

C'est dans ce labyrinthe que Thésée voulut être conduit avec les jeunes Athéniens que le sort envoyait au trépas. Il espérait vaincre le Minotaure et délivrer sa patrie d'un si affreux tribut. Il partit malgré les instances d'Egée et arriva en Crète. Mais , si la mort du Minotaure était un exploit difficile , il était plus difficile encore au vainqueur de sortir du Labyrinthe. Thésée avait inspiré à Ariane, sœur de Phèdre et fille de Minos, une passion coupable. Celte prinr(»ssc» lui remit un fil dont il atUdvA

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Textrémité à l'entrée du Labyrinthe. Alors il s'avança avec conliance , rencontra le monstre , Tégorgea et revint aisément sur ses pas. Ariane, séduite, voulut suivre le héros ; mais elle fut punie de sa faute par un cruel abandon dans Tile de Naxos , où Bacchus la vit et Tépousa.

Cependant Thésée avait promis à Egée que, s*il revenait vainqueur, il ôterait le pavillon noir arboré sur son vaisseau et y substituerait un pavillon blanc; mais il oublia cette promesse , et , à la vue du pavillon fatal , le vieillard , plus accessible aux sentiments de l'amour paternel qu'il ne l'avait été à ceui do la justice et de l'hospitalité , se persuada que son (ils était mort , et se jeta dans la mer qui porta depuis le nom de mer Egée.

Thésée, monté sur le trône, ne songea qu'à illustrer son nom par des exploits glorieux, il suivit Hercule contre les Amazones, femmes guerrières qui habitaient les bords du Thermodon , et épousa leur reine Antiope, dont il eut Hippolyle. Il partagea les périls des Argonautes , suivit la chasse du sanglier de Calydon , et enfin , las de cette vie errante , il offrit, après la mort d' Antiope, sa main à Phèdre, lille de Minos et sœur de l'infortunée Ariane. Un ^rand malheur le frappa. Phèdre avait vu Ilippolyte à la cour de Pilliée , et aussitôt Vénus , ennemie (le Minos, alluma dans le sein de la belle-mère un

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alTreux amour , que Phèdre elle-même décrit en ces termes h OEnone , sa suivante :

Ju le vu, je rougis , je pfllis à su vue ; Un troublo s'éleva <iai» mon Ame éperdue: Uea yeuï ne voyaient pas, je ne pouvais parler; Je sentis tout mon corps et transir et brûler : le reconnus V<-nus et ses feux redoutables, D'un sang qu'die poursuit tourments iiicvl tablées. Eo vain sur les auteb ma main brûlait l'cnrcns: D'un incurable amour remèdes impuissants! Quand ma bouche implorait le nom du la Ji^ossc . J'adorais Ilippolyle; et, le voyant sans cesse, Utme au pied des autels que je faisais fumer, J'offrais tout à ce dieu que je u'osiiis nommer. Ce n'est plus une ardeur dans mes vcini^s caclit'-i' . Cent Vénus tout entière ii sa proio attachée. J'ai con^u |i«nir mon crime uno juste terreur; l'ai pris la vie on haine i-t ma flannne en liormii ;

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Je voulais en mourant prendre soin de ma gloire, Et dérober au jour une flamme si noire.

Racine, Phèdre, acte i, scène ii.

La suivante, au lieu de faire triompher ces lueurs de vertu , écarte les justes remords de Phèdre et Texcite à avouer sa flamme coupable à Hippolyte. L'épouse criminelle se laisse aller à ce conseil : elle cherche Hippolyte , et voici le commencement de ce morceau à jamais célèbre :

On dit qu'un prompt départ vous éloigne de nous,

Seigneur ; à vos douleurs je viens joindre mes larmes ;

Je vous viens pour un fils expliquer mes alarmes.

Mon fils n'a plus de père , et le jour n'est pas loin

Qui de ma mort encor doit le rendre témoin.

Déjà mille ennemis attaquent son enfance :

Vous seul pouvez contre eux embrasser sa défense.

Mais un secret remords agite mes esprits;

Je crains d'avoir fermé votre oreille à ses cris;

Je tremble que sur lui votre juste colère

Ne poursuive bientôt une odieuse mère.

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