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agiter l'humanité, vous avez pratiqué noblement les grandes mœurs des peuples libres. (Mouvement.)
Vous avez donné aux gouvernements des conseils, des conseils amis qu’ils entendront, n’en doutez pas! (Oui! oui !) Des voix éloquentes se sont élevées parmi vous, de généreux appels ont été faits à tous les sentiments magnanimes de l’homme et du peuple : vous avez déposé dans les esprits, en dépit des préjugés et des inimitiés internationales, le germe impérissable de la paix universelle. (Bravo !) |
Savez-vous ce que nous voyons, savez-vous ce que nous avons sous les yeux depuis trois jonrs ? C’est l’Angleterre serrant la main de la France, c’est l'Amérique serrant la main de l’Europe, et quant à moi, je ne sache rien de plus grand et de plus beau! (Explosion d’applaudissements.)
Retournez maintenant dans vos foyers, rentrez dans vos pays le cœur plein de joie, dites-y que vous venez de chez vos compatriotes de France. (Mouvement. — Longue acclamation.) Dites que vous y avez jeté les bases de la paix du monde, répandez partout cette bonne nouvelle, et semez partout cette grande pensée.
Aprés les voix considérables qui se sont fait entendre, je ne rentrerai pas dans ce qui vous a été expliqué et démontré, mais permettez-moi de répéter, pour clore ce congrès solennel, les paroles que je prononçais en l’inaugurant. Ayez bon espoir! ayez bon courage! l’immense progrès définitif qu’on dit que vous rèvez, et que je dis que vous enfantez, se réalisera, (Bravo! bravo !) Songez à tous les pas qu’a déjà faits le genre humain! Méditez le passé, car le passé souvent éclaire l’avenir. Ouvrez l’histoire et puisez-y des forces pour votre foi.
Oui, le passé et l’histoire, voilà nos points d'appui. Tenez, ce matin, à l'ouverture de cette séance, au moment où un respectable orateur chrétien! tenait vos àmes palpitantes sous la grande et pénétrante éloquence de l’homme cordial et du prêtre fraternel, en ce moment-là, un membre de cette assemblée, dont j'ignore le nom, lui a rappelé que le jour où nous sommes, le 24 août, est l’anniversaire de la Saint-Barthélemy. Le prêtre catholique a détourné sa tête vénérable et a repoussé ce lamentable souvenir. Eh bien! ce souvenir, je l’accepte, moil (Profonde et universelle impressior.) Oui, je l’accepte! (Mouvement prolongé.)
Oui, cela est vrai, 1l y a de cela deux cent soixante et dix-sept années, à pareil jour, Paris, ce Paris où vous êtes, s’éveillait épouvanté au milieu de la nuit. Une cloche, qu’on appelait la cloche d’argent, tintait au pa- . lais de justice ; les catholiques couraient aux armes, les protestants étaient surpris dans leur sommeil, et un guetapens, un massacre, un crime où étaient mélées toutes les haïnes religieuses, haines civiles, haines politiques, un crime abominable s’accomplissait. Eh bien ! aujourd’hui, dans ce mème jour, dans cette mème ville, Dieu donne rendez-vous à toutes ces haines et leur ordonne de se convertir en amour. (Tonnerre d'applaudissements.) Dieu retire à ce funèbre anniversaire sa signification sinistre : où il y avait une tache de sang, il met un rayon de lumière (Long mouvement) ; à la place de l’idée de vengeance, de fanatisme et de guerre, il met l'idée de réconciliation, de tolérance et de paix; et, grâce à lui, par sa volonté, grâce aux progrès qu'il