‹ La naissance de la république en février 1848Chapitre 2 sur 38 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

CHEZ L'ÉDITEUR «ce de l'école de médecine, 20.

4RAPHIB BEAULf ET MAieifAJID, 8, RUE JACQUES DE DROSSE.

Je ne fais pas ce livre pour mon plaisir et personne n'a besoin de me rappeler ma position ; seulement qu'on me connaisse bien. De dix-huit à vingt-cinq ans, j'ai été ce qug l'on nomme patriote, ç'est-k-dire disppsé k renverser tous les gouvernements ; j'ai réfléchi, et j'ai vu que mon patriotisme n'était qu'une affaire de mode, que besoin de bruit. Étant mêlé k des conspirateur^ ,

je voulus connaître ce qu'ils étaient eux-mêmes; /ai: reconnu que. ceux de mon âge et de quelque

TtPOGRAPHIE BEAULS ET MAIWA#D, 8, RUE JACQUES DE BROSSE,

Je ne fais pas ce livre pour mon plaisir et patronne n'a besoin de me rappeler ma position ; seulement qu'on me connaisse bien* De dix-torit à vingt-cinq ans, j'ai été ce que Ton nomma patriote, c'est-à-dire disppçé k renverser Um les gouvernements ; j'ai réfléchi, et j'ai vu que mm patriotisme n était qu'une affaire de mode, que besoin de bruit. Étant mêlé à des conspirateur? , je \oulus çowugtre ce qu'ils étaient eui-mêmes; [ai reconnu que. cou* de mon âge et de quelque

éducation s'agitaient aussi par simple fougue de jeunesse ; les hommes mûrs parce qu'ils n'avaient pas su se faire ou conserver une position.

Ces deux classes formaient pépinière de chefs d'anarchie. Sous leurs ordres était une légion égarée par des sentiments généreux, ou poussée par de viles passions. La plus forte partie de cette troupe était composée d'ouvriers. Beaucoup étaient dignes de pitié. Pauvres gens! On les avait débauchés de leur travail pour en faire des fainéants, des ivrognes et des gibiers de prison ; les autres l'étaient devenus naturellement. Ils cherchaient dans une révolution le moyen de satisfaire leurs habitudes de débauche et de paresse, comme leurs chefs y cherchaient des raffinements de luxe et de jouissances. Une contradiction impudente révoltait surtout parmi ces derniers : leur dehors n'était que générosité, franchise et grandeur ; leur dedans que personnalité, mauvais^ foi jH bassesse. Et, parce qu'en révolution, toute règle disparait et que les vauriens et les roués se font place par l'ef-

nterie, il fallait, pour contenter ces honnête?

gens, qu'une révolution fût faite, c'est-à-dire que tous les intérêts et toutes les existences fussent troublés! Gela me parut d'une iniquité révoltante. Un autre se serait retiré sans mot dire; moi, je fus saisi d'une idée qui m'obséda et que je finis par mettre à exécution. Je résolus de pénétrer au (dus profond des sociétés secrètes, d'en prendre la direction, et puis, par une tactique de temporisation et d'isolement, d'arriver peu à peu à les énerver et à les dissoudre. Pour cela, j'avais besoin de m'entendre avec la police ; je l'ai fait Voilà en deux mots le mystère de ma vie. Je ne me glorifie pas de ce rôle, mais il a été utile à la société.

Quant à ce livre, il n'est que l'extrait d'un ouvrage sous presse, où je raconte l'histoire de la faction républicaine pendant le gouvernement de Juillet. 11 est écrit sans haine, mais avec la vivacité d'impressions d'un homme ardent et la netteté que demandent les leçons populaires dans une époque incandescente. Pour frapper le pays d'une impression durable, je n'ai pas oublié que mon travail devait être d'une exactitude irréprochable.

Ce que je prétende faire est une chose gravé : Le pays igùore la révolution de Février ; il la croit due aii grand nombre ci au courage des républicains ; je veti* montrer qiie c'est une double erreur vtilg&riséë par les fâbles des écrivains démocrates, et gfàce àtix ténèbres qui ont environné le fait lui-mènie ; des vérités étranges ont été révélées dernièrement, je veux les compléter pour Tinstructiôti de tous.

N'ayant que ce seul but, je demande aux hommes de paii et de justice d'oiibiier ma |>ersonne, et de Ae voit* qtie mes intentions et les faibles services que je mets ït leurs ordres.

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